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La réforme des pensions, un nouveau chantier à ciel ouvert

La ministre des Pensions, la socialiste Karine Lalieux, a remis sur le métier la réforme des pensions pour en proposer une version simplifiée, et voulue plus équitable. Ce samedi, elle en présentera les contours.

Ce samedi, la ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS), sera présente à Finance Avenue pour présenter la nouvelle réforme des pensions. Une réforme sortie des cartons début septembre, mais qui va encore faire l'objet de nombreuses discussions, tant au sein du gouvernement qu'entre partenaires sociaux.

"Les 2,2 millions de pensionnés ne sont pas un coût, mais ce sont aussi des gens qui dépensent et participent à la société."
Karine Lalieux
Ministre des Pensions (PS)

Le texte ne satisfait en effet pas (encore) tout le monde, en particulier l'aile droite du gouvernement. Et son financement pose encore question. Alors que la ministre tablait sur une réforme quasiment neutre budgétairement, il s'est déjà avéré qu'elle représentera un surcoût: 90 millions, selon les premiers calculs, à l'horizon 2040. Un montant minime comparé aux dépenses faites par l'État actuellement pour les pensions, 52 milliards. Mais les dépenses liées au vieillissement vont continuer d'augmenter: on parle d'une hausse de 5,5% d'ici 2050.

Que vous réserve la réforme des pensions? Débat avec la ministre Karine Lalieux à Finance Avenue

La philosophie de l'équipe gouvernementale précédente était de cadenasser les dépenses de pensions et de limiter autant que possible la hausse du coût du vieillissement. La logique de la socialiste Karine Lalieux est tout autre: "La réforme n'a pas pour but de faire des économies, disait-elle dans nos colonnes début septembre. Les pensions ne doivent pas être une variable d'ajustement, ni pour le budget 2022, ni pour les prochains".

La ministre le répète, il faut cesser de n'envisager le vieillissement que comme un coût, "les 2,2 millions de pensionnés ne sont pas un coût, mais ce sont aussi des gens qui dépensent et participent à la société".

Karine Lalieux veut placer à dix ans le curseur du nombre d'années de carrière nécessaires pour accéder à la pension minimale, là où d'autres partis (MR, Open VLD…) veulent le mettre à 20 ans.

Quelle est alors la philosophie de la réforme de Karine Lalieux? Elle vise trois objectifs: renforcer la justice sociale (notamment en tenant davantage compte des publics moins formés et des femmes), soutenir l'emploi et redonner confiance aux citoyens grâce à un système transparent et plus lisible.

Cette confiance dans le système de pension, elle s'est certes un peu renforcée depuis deux ans, à en croire une enquête réalisée par Ipsos pour Le Soir et RTL en septembre. En 2018, 75% des Belges pensaient qu'ils n'auraient pas une pension décente, ils ne sont "plus que" 66% aujourd'hui. Mais paradoxalement, les gens ne sont toujours pas prêts à travailler plus longtemps.

Pension minimale

Pour soutenir ses objectifs, la ministre Lalieux a décidé de travailler en trois phases, en privilégiant la responsabilisation plutôt que la contrainte. La première phase, qui a déjà démarré, consiste à revaloriser la pension minimale. L'exercice a déjà commencé, et il a pour objectif d'arriver à 1.500 euros net d'ici la fin de la législature (pour une carrière complète de 45 ans). 1,2 milliard d'euros a été investi, 700.000 personnes devraient en bénéficier. Le plafond salarial pour le calcul de la pension a aussi été relevé, et le coefficient de correction pour les indépendants supprimé. Ce point suscite pas mal de tensions au sein du gouvernement. Karine Lalieux veut en effet placer à dix ans le curseur du nombre d'années de carrière nécessaires pour accéder à cette pension minimale, là où d'autres partis (MR, Open VLD…) veulent le mettre à 20 ans.

Pension anticipée

Mais la réforme ne s'arrête pas là. En plat de consistance, Karine Lalieux a remis sur la table l'âge de départ à la pension. Elle ne touche pas à l'âge légal de 67 ans, mais propose de permettre un accès à la pension anticipée dès 60 ans pour tout le monde, à condition d'avoir 42 ans de carrière. Une harmonisation des règles déjà existantes, en somme.

Couplé à cette possibilité de pension anticipée, la ministre ajoute au système le principe de la pension à temps partiel (1/5e temps ou mi-temps), conditionné lui aussi aux 42 ans de carrière.

Enfin, la dernière pièce du système consiste à faire revenir le bonus pension, supprimé sous le gouvernement Michel. En quoi consiste-t-il? Deux euros brut par jour à partir de 42 ans de carrière, un montant identique quel que soit le régime dans lequel on travaille (salarié, fonctionnaire ou indépendant).

Deuxième pilier

Enfin, Karine Lalieux veut aussi mettre en place une commission spéciale qui veillera à davantage d'équité pour les femmes.

Le "dessert" de Karine Lalieux, en d'autres mots, la troisième phase, concerne davantage les partenaires sociaux. La ministre entend remettre sur leur table des sujets qui, par le passé, les ont fâchés, comme le relèvement du taux de remplacement. Elle souhaite aussi les faire travailler sur la généralisation du 2e pilier de pension, pour que tous les travailleurs bénéficient d'une contribution de 3% minimum de leur salaire. Actuellement, 4,03 millions de travailleurs bénéficient du 2e pilier de pension, soit 80% de la population active. 85% d'entre eux sont des salariés. Ce 2e pilier continue manifestement de s'étendre, car selon les données de la FSMA, ils étaient 2% de moins l'an dernier. Les secteurs encore à la traîne en matière d'octroi sont l'agriculture, le commerce de gros, les garages, les aides ménagères, la fonction publique et l'enseignement, les arts et spectacles.

Enfin, Karine Lalieux veut aussi mettre en place une commission spéciale qui veillera à davantage d'équité pour les femmes. De quoi trancher avec le gouvernement précédent, souvent taxé de discriminatoire et pénalisant envers les femmes, surtout concernant la problématique des pensions.

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