Fraude dans le sport: comment la justice a affiné sa lutte

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Une équipe de policiers au sein de l’Office central pour la répression de la corruption travaille sur la fraude sportive.

L’impressionnant résultat obtenu, ce mercredi, par la Justice belge prend sa source avec l’affaire Zheyun Ye, le "Chinois", comme on le surnommait. Depuis cette affaire mi-effrayante, mi-grand guignol, les ministères de la Justice et de l’Intérieur ont décidé de nommer un coordinateur national au sein du parquet et de la police fédérale. C’est ainsi qu’une équipe de policiers au sein de l’OCRC (Office central pour la répression de la corruption) travaille sur la fraude sportive.

Cela ne suffisait pas: il a fallu créer un réseau rassemblant les sphères judiciaire et sportive: la plateforme nationale contre la manipulation des compétitions sportives. Elle regroupe les ministères de la Justice et des Sports, quatre fédérations sportives (football, tennis, basket, cyclisme), la Loterie nationale, la Commission des jeux de hasard, le parquet et la police fédérale. À sa tête, un coordinateur national, policier, qui peut prendre les décisions.

La plateforme a pris naissance fin 2016. C’est elle qui a donné naissance à un important dossier de matchs de tennis truqués qui a abouti, en juillet dernier, à 13 inculpations à travers le pays. Et c’est elle qui a fait aboutir le dossier qui foudroie en ce moment le football belge. "En Belgique, il était compliqué d’avoir une coordination nationale. Depuis la création de cette plateforme, l’échange d’informations est nettement plus simple", concède une source administrative.

La plateforme permet d’obtenir plus d’informations revenant de la base. Celles qui relèvent de la justice sportive sont traitées par les fédérations. Les informations pouvant constituer une infraction pénale font, elles, l’objet d’un procès-verbal initial (point de départ d’une enquête judiciaire), qui est transmis au parquet fédéral.

En ce qui concerne les dossiers pénaux, la plateforme dispose d’un "steering group" qui permet de ne pas divulguer les informations sensibles en dehors de la sphère judiciaire, pour éviter les fuites. Et on peut dire que ça a marché: certains membres de la plateforme ont découvert la vague de perquisitions dans la presse! "On n’a pas dit grand-chose, on a évité les fuites. On est fort fatigués mais on est fiers", se réjouit une source proche du dossier.

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