L'image du foot belge en prend un coup

L'arbitre Bart Vertenten et l'entraîneur du FC Bruges, Ivan Leko, tous deux concernés dans l'affaire. ©Photo News

La tempête dans le football national ne fait pas les affaires des clubs professionnels belges. Les sponsors temporisent, mais rappellent que de telles pratiques ne peuvent pas coller avec leurs valeurs et leur politique de sponsoring…

Demi-finaliste du mondial de football, des stars internationales sympathiques formées dans nos clubs ou encore un football chatoyant de l’équipe nationale, le blason du football belge était des plus dorés depuis quelque temps.

Les "affaires" de ce mercredi viennent davantage entacher la belle mécanique. "C’est frustrant, un jour comme aujourd’hui ruine des années d’efforts. Je n’en suis que plus déterminé à défendre le foot, nos actions sociales, etc. Je ne doute pas que les clubs vont collaborer, il y va de l’image de notre compétition. Soyons prudents. Chefs d’inculpation sont toujours des libellés qui laissent entendre le pire. Voyons ce qu’il en résulte", insiste à ce titre Pierre François, CEO de la Pro League qui rappelle que la lutte contre les matchs truqués est un combat de longue date au sein de son organisation.

"C’est frustrant, un jour comme aujourd’hui ruine des années d’efforts."
Pierre François
CEO de la Pro League

Le président du FC Bruges, Bart Verhaeghe ainsi que son alter ego à La Gantoise, Ivan De Witte ont assuré à nos confrères du Tijd que tout était limpide dans leurs clubs respectifs. "J’ai côtoyé Van Holsbeeck de près pendant des années et je n’ai jamais eu le moindre soupçon qu’il avait pu tremper dans un match truqué", insiste pour sa part un proche de l’ancien manager d’Anderlecht.

L’enjeu dépasse l’image et est évidemment financier. Les sponsors ne veulent pas le moins du monde être associés à ce genre de scandales. "L’intégrité est cruciale au sein d’AB InBev, nous attendons les mêmes valeurs de nos partenaires et des événements que nous sponsorisons. Les supporteurs de la Pro League méritent un sport honnête et intègre", nous répond AB InBev qui a donné le nom de sa bière, la Jupiler, à la compétition.

"Balayer les brebis galeuses"

Mais tout est-il vraiment pourri au royaume du football belge? "Ce qui est clair, c’est que tout le monde était étonné de la place que Mogi Bayat avait prise dans le monde du foot. La manière dont il est devenu incontournable et a dépassé des agents bien établis comme Didier Frenay, Christophe Henrotay, ou Jacques Lichtenstein, c’était étonnant", témoigne un avocat du milieu sous couvert de l’anonymat, avouant qu’il est difficile de savoir si les inculpations sont fondées. "Ça me surprendrait très fort que le parquet fédéral ait mis de tels moyens sans ne rien avoir. Dans l’immédiat, c’est hypernégatif alors que la Belgique se refait un peu une image au niveau foot. S’il y a des brebis galeuses, je trouve cela très bien qu’on les balaie. S’il y a eu des matchs truqués, il faut nettoyer", ajoute-t-il.

"Ce qui est clair, c’est que tout le monde était étonné de la place que Mogi Bayat avait prise dans le monde du foot. La manière dont il est devenu incontournable et a dépassé des agents bien établis comme Didier Frenay, Christophe Henrotay, ou Jacques Lichtenstein, c’était étonnant."
un avocat du milieu

Justement, l’un des sponsors principaux de la Pro League est Unibet, une marque de paris du groupe Kindred. "Le trucage de matchs est une forme de criminalité qui met en péril l’existence même du sport et le secteur des paris avec", regrette Alexander Westrell, en charge de la communication au sein du groupe. Il se refuse de commenter le cas des inculpations en Belgique, mais rappelle que la moindre suspicion d’activité suspecte de paris est directement reportée au régulateur belge.

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