L'Union belge dénoncée à la Fifa sur les commissions d'agents de joueurs

Mogi Bayat en 2014 ©BELGA

En Suisse, Sport 7 dénonce la Fifa et les fédérations nationales. Les commissions versées par les clubs aux agents de joueurs seraient tout bonnement illégales. L’Union belge aurait dû réguler l’activité.

Les agents touchent des commissions plantureuses sur les transferts, on le sait et presque tout le monde trouve cela normal ou pour le moins légal. Un état de fait qui est dénoncé en Suisse par Sport 7, une société de management sportif.

Au cœur du combat de Sport 7, les fameuses commissions que les agents de joueurs touchent des clubs lors des transferts. "Si un intermédiaire peut dans certaines circonstances négocier des accords de transfert pour le compte de clubs et ainsi toucher des commissions sur les sommes de transfert qui en résultent, tel n’est pas le cas de l’agent qui représente son joueur, car il se retrouverait dans une situation de conflit d’intérêts illicite s’il se liait au club actuel ou futur de son joueur pour négocier la somme de transfert", explique Philippe Renz, l’avocat de Sport 7. En clair, l’avocat estime que ces commissions touchées par les agents de joueurs des clubs de football sont toujours illégales et qu’il serait temps que les instances du football prennent leurs responsabilités et coupent les liens économiques entre les clubs et les agents.

Une dénonciation sort le bazooka en Suisse. Les commissions payées par des clubs aux agents seraient illégales pour des raisons de conflits d’intérêts évidentes.

Il étaye son argumentaire avec les recommandations du Conseil de l’Europe qui indique que "l’assemblée demande aux autorités publiques de se concerter avec les organismes sportifs internationaux, plus particulièrement avec la Fifa et l’UEFA, afin de veiller à ce que le droit commun soit appliqué en ce qui concerne les questions financières et fiscales".

Sport 7 a donc déposé fin septembre 2017 une dénonciation à la Fifa. Selon elle, la Fédération internationale de football association n’a jamais "mis en œuvre l’interdiction des conflits d’intérêts pourtant proscrits depuis 2001 par ses règlements successifs sur les agents".

L'Union belge aussi visée

Fait intéressant, la dénonciation a été dirigée contre des associations nationales, y compris l’Union belge de football (URBSFA). Depuis 2015, selon les règles de la Fifa, ce sont les associations nationales qui sont compétentes en matière de prévention et de sanction des conflits d’intérêts des agents.

Mino Raiola, l'un des agents les plus influents de la planète foot. ©AFP

Cela pourrait changer si la Fifa le voulait, selon Sport 7. La Fifa se réunit les 25 et 26 octobre prochain en Conseil. Elle a certes répondu à la dénonciation en question, mais aucune indication ne laisse penser pour le moment qu’elle entend réformer en profondeur ses règlements sur la profession d’agent. Sport 7 y voit la résistance de certains grands clubs européens et des agents les plus influents qui veulent pouvoir continuer d’agir à leur guise.

L’Union belge, comme d’autres fédérations nationales, "a fait preuve passablement de légèreté dans le traitement des conflits d’intérêts des agents ces 3 dernières années dans le cadre de la mise en œuvre du Règlement de la Fifa sur la collaboration avec les intermédiaires", estime encore Renz.

Pour lui, la Fifa s’est jusqu’ici contentée de réformes de façade et il est temps qu’elle "commence à appliquer le droit international avant de penser aux seuls intérêts d’une minorité", et qu’elle mette de l’ordre dans la pratique d’agent de joueurs. Elle en a la compétence. Si les agents de joueurs ne touchaient qu’un pourcentage sur les contrats des joueurs, l’activité serait en effet bien plus saine. De quoi limiter l’attrait malsain des millions d’euros touchés au moment des transferts par les agents.

Christophe Henrotay, autre agent important en Belgique. ©BELGAIMAGE

Il pourrait certes encore y avoir des intermédiaires dans l’élaboration des transferts, mais ceux-ci seraient bien moins incontournables s’ils n’étaient pas liés aux joueurs. En attendant, Sport 7 estime que toutes les commissions des clubs vers les agents doivent être gelées, le temps que les associations nationales se prononcent sur le caractère légal de celles-ci et sur la présence ou non de conflits d’intérêts.

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