portrait

Mogi Bayat, l'araignée du football belge

Avec un doigt dans à peu près toutes les transactions conclues dans le football belge, Mogi Bayat est un incontournable. Même pour ceux qui préfèrent le perdre que d'être riche.

Le parquet fédéral a ouvert une instruction sur de possibles faits d'organisation criminelle, blanchiment d'argent et corruption privée au sein de la division 1A du championnat belge de football. L'homme au centre de cette affaire est le plus puissant intermédiaire en Belgique pour tout ce qui touche au football, il s'agit de l’homme d’affaires franco-iranien Mogi Bayat.

Il faut reconnaître qu'un parfum étrange traîne autour du Bayat depuis des années. Les rumeurs persistaient, ce que Bayat a toujours qualifié de jalousie. "Gandhi et Kennedy étaient également détestés", a-t-il déclaré. Mais le procureur fédéral aurait apparemment fini par trouver quelque chose, comme en témoigne l'arrestation de Bayat ce mercredi.

Qui chasse l'araignée voit le reste de la toile vibrer.

Cette double-enquête sur des faits de matchs truqués mais aussi de blanchiment d'argent et de corruption privée menée contre Mogi Bayat et son confrère agent Dejan Veljkovic (ancien manager de Milan Jovanovic, entre autres) en dit beaucoup sur leur statut dans le football belge. Qui chasse l'araignée voit le reste de la toile vibrer.

Quiconque suit un peu le football belge connaît l’image: Bayat pose avec un large sourire à côté d'un joueur qu'il vient de placer dans un nouveau club. Dans l'Echo, il s'était ainsi réjoui d'avoir rapporté l'été dernier 40 millions d'euros aux clubs de l'élite. Grâce à la dernière période de transferts, l’homme d’affaires flamboyant pourrait ajouter beaucoup de ces images à sa collection. Comme d'habitude, l'agent franco-iranien a fait rage sur le marché belge.

Bayat a honoré sa réputation d'être "l'homme qui travaille le plus durement dans le monde du football". Avec notamment les transferts de l'attaquant du FC Bruges Anthony Limbombe à Nantes, de l'attaquant de Charleroi Kaveh Rezaei au Club Brugge et de l'attaquant de Watford Obbi Oulare à Standard, Bayat a été une fois de plus omniprésent. Au total, il est impliqué dans pas moins de 29 transferts entrants.µ

Des revenus généreux

Cette visibilité extrême est atypique pour un agent. Un comportement qui provoque souvent du ressentiment, mais l'homme d'affaires s'en fiche. Les nombreux transferts lui rapportent des revenus généreux. Via sa société belge Creative & Management Group, Bayat s'est versé un généreux dividende de 7,8 millions d'euros l'an dernier.

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millions
Avec un bénéfice net total de 8,6 millions d'euros au cours des cinq dernières années, l'araignée du football peut se le permettre.

Avec un bénéfice net total de 8,6 millions d'euros au cours des cinq dernières années, l'araignée du football peut se le permettre. Au cours des deux dernières années seulement, il a réussi à augmenter son rendement à 2,7 millions d’euros sur une base annuelle. L'actif du bilan est constitué de trésorerie pure aux deux tiers: 7,5 millions d'euros.

L'année dernière, Bayat a également acquis un mandat au sein de la société luxembourgeoise International Sports and Football Management, mais on ignore à quoi ce véhicule est destiné.

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L'indispensable

Cette grande visibilité n'est pas le seul aspect dans lequel Bayat est un outsider dans le monde du football. Sa façon de travailler l'est aussi. Là où l'agent de football classique a un portefeuille fixe de joueurs, Bayat répond davantage aux besoins des clubs avec lesquels il travaille étroitement. Est-ce que l'une de ces équipes a besoin d'un milieu de terrain défensif? Ensuite, Bayat propose quelques options. Toujours à bon prix.

Selon des observateurs, il possède un talent extraordinaire pour se mêler de transferts à partir de rien.

En outre, selon des observateurs, il possède un talent extraordinaire pour se mêler de transferts à partir de rien. Y a-t-il des offres dans les clubs ou autour de personnes avec lesquelles il a des liens étroits? Il y a alors de fortes chances pour que les personnes impliquées passent par lui.

Prenons maintenant le contrat qu'Obbi Oulare a signé avec Standard l'été dernier. Oulare travaille en principe avec Peter Verplancke, qui dirige le bureau de gestion d'Eleven Management avec son collègue Jacques Lichtenstein. Mais alors que l'accord va être signé, Bayat entre en scène, peut-être en raison de ses bonnes relations avec le club de Watford qui vendait le joueur et de son lien avec l'entraîneur du Standard, Michel Preud'homme.

Eleven Management n’est pas satisfaite de cet homme supplémentaire autour de la table. Lichtenstein publie une photo de la signature du contrat sur son compte Instagram, où Bayat est découpé. "Félicitations Obbi, merci au Standard et à l'excellent travail de mon partenaire et ami Peter Verplancke". La légende est sèche. Pas une trace de Bayat.

Une influence... belge

En raison de ses nombreuses transactions et du tamtam qu'il fait autour de lui, il est facile de penser que Bayat occupe une position dominante dans le monde des agents. Mais les connaisseurs ont mis son influence internationale en perspective. Il est peut-être particulièrement actif en Belgique, mais sur le plan international, il s’agit d’une "petite crevette".

En comparaison avec le réseau des Belges Christophe Henrotay ou Didier Frenay, par exemple, il s’agit d’un "petit agent".

Bayat collabore souvent avec les Anglais de Watford et les Italiens Udinese, tous deux détenus par le flamboyant Italien Giampaolo Pozzo. Il travaille également en France, où il entretient des liens étroits avec le FC Nantes du Polo-Français Waldemar Kita. Mais en comparaison avec le réseau des Belges Christophe Henrotay ou Didier Frenay, par exemple, il s’agit d’un "petit agent".

Coucke, pas un ami

En Belgique, Bayat, malgré sa réputation ténébreuse, est raisonnablement incontournable, une position qui ne réjouit pas tout le monde. Lors de la prise de contrôle d’Anderlecht l’année dernière, les relations étroites avec Bayat ont été l’un des premiers freins du nouveau propriétaire, Marc Coucke. Selon des observateurs, il détesterait sa façon de travailler et aurait de grandes questions sur les commissions qu'il a amassées pendant des années.

Tout le monde le sait. Si vous êtes sans espoir, vous pouvez toujours essayer Bayat.

Malgré tout, Anderlecht s'est à nouveau mis à travailler avec Bayat durant la dernière période de transfert. Il a fait l'impossible pour les Mauves. Il a réussi à vendre à l'Udinese, l'un des clubs étrangers de son réseau, à un prix avantageux l'attaquant polonais Lukasz Teodorczyk, un joueur coûteux et au jeu moyen. Coucke peut ne pas aimer travailler avec Bayat, le milliardaire est suffisamment opportuniste pour ne pas passer à côté d'un tel accord.

Le Club de Bruges aussi avait déjà tenté de couper les liens avec Bayat auparavant. Mais l'homme a réussi à revenir à l'intérieur du club. Par exemple, pour Anthony Limbombe, Bayat a trouvé une consolation, même après avoir assisté à l'échec d'un transfert en Angleterre en raison de ses revendications salariales exorbitantes. Alors que tout le monde le considérait comme invendable, Bayat l’a conduit à Nantes. Tout le monde le sait. Si vous êtes sans espoir, vous pouvez toujours essayer Bayat.

Il semble que le football belge, qui, sur le plan de la professionnalisation des agents, soit sérieusement en retard sur les ligues étrangères, devra finalement choisir un modèle différent. Quiconque souhaite faire du football belge une entreprise moderne se réjouit de l'opération dévoilée aujourd'hui.

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