Le Standard de Liège à son tour dans le viseur de la justice

Bruno Venanzi est devenu l'actionnaire majoritaire du Standard de Liège (99,7%) en juin 2015. ©BELGA

Le domicile du président Bruno Venanzi ainsi que le siège du Standard de Liège ont été perquisitionnés dans le cadre de l’enquête sur les transferts gérés par l’agent Christophe Henrotay.

Difficile d’agir de manière discrète dans un pays où le ballon rond est scruté d’aussi près. C’est ainsi qu’il n’a fallu que quelques dizaines de minutes avant que ne s’ébruite la nouvelle de la descente des enquêteurs de la police judiciaire fédérale de Liège et de l’Office central de répression de la corruption. D’abord, à 7h, au domicile du président du Standard de Liège, Bruno Venanzi, avant de filer ensemble au siège du club, jusqu’à 10h30. Pas d’inculpation, pas d’arrestation mais des documents saisis qui pourraient intéresser au plus haut point le magistrat fédéral en charge de l’enquête ainsi que le juge d’instruction Michel Claise.

Ces deux perquisitions sont en droite ligne avec les précédentes investigations dans ce dossier ouvert pour blanchiment, corruption, faux et association de malfaiteurs dans le monde du football belge. Et qui a vu l’inculpation de deux de ses figures majeures en septembre dernier: Herman Van Holsbeeck, l’ex-manager général du club d’Anderlecht, et Christophe Henrotay, puissant agent, notamment de plusieurs Diables Rouges.

Le dossier avait été ouvert en avril 2019 avec une première série de perquisitions au siège du RSC Anderlecht, concentrées notamment autour des transferts de l’attaquant serbe Alexsandar Mitrovic vers Newcastle et de Youri Tielemans vers l’AS Monaco, en 2015 et 2017. Dans ce dossier, l’objectif des magistrats est de faire la lumière sur les pratiques des transferts dans le monde du football belge, et de questionner ceux-ci au regard du droit pénal. Forcément, cela brasse large, c’est loin d’être fini et ça chauffe un peu dans un monde qui n’a plus l’habitude d’être ainsi asticoté. Et, visiblement, ce n’est pas fini...

"Suite logique du dossier"

Les perquisitions menées jeudi ont été réalisées "en rapport avec le dossier Henrotay", observe une source judiciaire. Selon la RTBF, les transferts de trois joueurs sont particulièrement ciblés: il s’agit deSambou Yatabaré, Collins Fai et Christian Luyindama.

Ces perquisitions sont en droite ligne avec les investigations dans ce dossier de blanchiment, corruption, faux et association de malfaiteurs.

Dans un communiqué publié sur le site du club, le Standard a voulu faire étal de sa bonne foi. "Par leur collaboration étroite avec les autorités judiciaires, le Standard de Liège et son président entendent vouloir aider la justice au mieux dans l’avancement de son enquête et espère que toute la lumière y sera faite très rapidement. Notre club et Bruno Venanzi sont sereins car rien ne leur a été reproché dans le cadre de ces investigations", note le club.

Toujours selon une source judiciaire, les perquisitions sont "la suite logique du dossier, elles suivent le timing voulu". Si le Standard se félicite que rien ne lui est reproché, ainsi qu’à son président, il faut aussi rappeler que plusieurs mois s’étaient écoulés entre les premières perquisitions au siège du RSC Anderlecht et l’inculpation de son ancien directeur général...

Le portrait de Christophe Henrotay | L'agent des Diables qui prônait plus d'éthique

Contacté ce mercredi, Me Daniel Spreutels, l’avocat d’Herman Van Holsbeeck indique pour sa part que son client a été à nouveau entendu à sa demande. "Il conteste formellement la problématique des commissions et entend démontrer qu’il n’en est rien. Il se bat et entend mettre en évidence que certains propos lancés à son égard sont non fondés."

Le dossier Henrotay-Van Holsbeeck est, rappelons-le, bien distinct de "l’Opération zéro", dossier judiciaire flamand dit "Footballgate" qui a notamment vu l’inculpation des agents Mogi Bayat et Dejan Veljkovic. Mais, à certains égards, il se rapproche de l’affaire de la gouvernance du Royal Excel Mouscron qui vise, en creux, le rôle de l’agent israélien Pini Zahavi.

Par ailleurs, les perquisitions menées ce mercredi n’ont rien à voir avec la plainte déposée par Saint-Trond contre le Standard au sujet du joueur brésilien Edmilson Junior vers le Qatar.Il s’agit d’un dossier tout à fait distinct, révélé mardi par Sport/Foot Magazine, qui a vu le club de Saint-Trond porter plainte au pénal et auprès de la Fifa.

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