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Le couvercle de la cocotte-minute a lâché...

Une manifestation contre l’austérité en 2010. La CSC promet des "émeutes" en cas d’avènement de la suédoise. ©REUTERS

C'est comme si le couvercle de la cocotte-minute avait lâché sous la pression. La tentative de formation suédoise, au Fédéral, fait péter les plombs tant au patronat qu’aux organisations syndicales.

Session de rattrappage. On va faire gagner un peu de temps aux chanceux qui seraient à peine rentrés de vacances. Oui, le temps a été pourri en Belgique ces derniers quinze jours. Non, vous n’avez toujours pas de gouvernement fédéral la kamikaze, devenue par un subtil glissement sémantique la suédoise, n’a pas encore atterri. Voilà qui est écrit. Mais ce que vous avez manqué, amis aoûtiens, c’est le pétage de plomb en règle on a bien cherché une expression moins triviale, mais rien ne nous est venu à l’esprit des organisations syndicales et patronales, qui se déroule parallèlement à la tentative de bâtir cette coalition fédérale de droite.

Réglons d’abord le sort des fédérations d’entreprises et patronales. A ce stade-ci, ce n’est plus la Saint-Nicolas, c’est la Saint-Nicolas, la Noël et les Pâques que s’attendent à recevoir en même temps les patrons de la part des négociateurs "suédois". Et c’est vrai, on ne va pas se le cacher, que cette coalition est très prometteuse (pour eux). Mais il y a quelque chose de curieux, de paradoxal, à voir ces patrons claironner jour après jour que, bien sûr, il faut sabrer dans les vilaines dépenses publiques, que les caisses sont vides et qu’ils ont la corde au cou, tandis qu’en même temps ils sont infatigables quand il s’agit d’aligner les nouvelles mesures qui leur seraient favorables. Oui, mais vous comprenez, mon bon monsieur, ces mesures-là, elles vont réamorcer la pompe économique, ce sont des dépenses productives. PRO-DU-CTIVES, on vous dit. Ça n’est pas la même chose, vous saisissez. Pour ça, on va vous trouver des milliards. Du coup, pas un jour sans qu’un patron ne sorte du bois, d’une baisse des charges patronales à un saut d’index façonné sur mesure pour les entreprises en passant par une norme énergétique ou la mise à mal de la concertation sociale, pas une brillante idée qui n’ait été alignée dans un journal, à la radio ou à la télévision. La suédoise va tout régler, c’est bien connu. Bref, c’est la fête et les patrons ont bien l’intention de profiter du banquet qui se profile. Ne poussez pas, il y en aura pour tout le monde.

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Au tour des syndicats, à présent. Là, on a un instant crû rêver. Que la FGTB (et Anne Demelenne) monte la première aux barricades médiatiques, passe encore on n’en attendait pas moins d’elle, c’est son core-business. Mais on reste quand même pantois devant la séance de surenchère que vient de nous offrir la d’habitude plus tranquile CSC. Accrochez vos ceintures car on a eu droit à du lourd, du très lourd même, dans le registre du procès d’intention et du bon gros cliché. Ainsi a-t-on pu lire chez les pontes syndicalistes chrétiens qu’on allait droit vers un bond de "cinquante ans en arrière"… et que des "émeutes" sociales se préparaient en cas d’avènement de la suédoise. Tant de nuance et de modération laisse évidemment songeur. Et par charité (chrétienne), on taira le nom des deux éminences syndicales qui se sont fendues de jugements aussi nuancés mais, vous l’aurez noté, dans le registre des gros sabots, les syndicats n’ont pas de leçons à recevoir des organisations patronales.

On est dès lors tenté de saluer ici la modération et la tempérance sans doute provisoire qu’observe le Parti socialiste. Car, enfin, il est clair que les mesures annoncées par ce gouvernement de droite ne leur font pas plaisir. Mais il faut leur reconnaître que, jusqu’à aujourd’hui (vendredi, 19h), les socialistes francophones ont refusé de réagir sur du sable et attendent de pouvoir juger sur pièce le programme de ce futur (?) attelage gouvernemental. C’est plus sensé et c’est même la seule voie à suivre en vue de retrouver la sérénité perdue lors de la campagne électorale. Pour le surplus, outre cette posture d’attente, certains socialistes ne sont pas loin de sortir les pop-corns pour assister au spectacle que promet d’être, on peut être cynique un instant, cette séquence suédoise. "Cela fait des années que la droite nous bassine les oreilles avec le fait qu’avec le PS dans un gouvernement, rien n’est possible", souffle un responsable socialiste. "Ici, ils ont l’ensemble des droites de Belgique réunies en une seule coalition. Ils n’ont pas la gauche, ils n’ont même pas le centre pour leur servir de prétexte pour ne pas pouvoir mettre leurs réformes en oeuvre. Chiche". Allez, chiche.

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