"Nous ne voulons pas d'actions de deuxième ou troisième choix" (Rob Deneke, Comgest Gestion)

©Comgest

Comgest Gestion a remporté pour la cinquième année consécutive le prix du meilleur gestionnaire de fonds d’actions, une première en 23 ans, c’est-à-dire depuis le lancement des Fund Awards de L’Echo et De Tijd.

1. Votre succès est basé sur une philosophie d’investissement cohérente, où vous recherchez en permanence des actions de croissance de qualité. Comment considérez-vous le rôle des gestionnaires et des analystes dans ce processus?

La composition des équipes est très importante. Telle personne est forcément plus calée que telle autre dans un certain domaine, mais nous pensons que lorsqu’il s’agit d’analyser une longue liste d’entreprises, c’est la conjonction de plusieurs personnes qui nous permet de comprendre les différentes facettes d’une société. Dans la gestion du portefeuille également, les différentes approches et personnalités jouent un rôle important. Cette combinaison de caractères au sein d’une équipe se traduit par des choix réfléchis, qui sont bien entendu conformes à notre philosophie. Et cette stratégie reste cruciale. Nous constatons que le fait de privilégier des actions de croissance de qualité porte ses fruits, quelles que soient les conditions de marché.

2. Dans votre gamme, on ne trouve que des fonds régionaux. N’avez-vous jamais pensé à lancer des fonds thématiques ou sectoriels?

Non. Nous voulons des portefeuilles qui évoluent de manière stable. Avec les fonds thématiques ou sectoriels, on se laisse plus facilement influencer par les modes et les émotions. Je parle de l’euphorie sur les marchés boursiers, mais aussi envers certaines entreprises. Lorsqu’un secteur bénéficie de l’intérêt des investisseurs (technologies, biotech, etc.), les valorisations atteignent parfois des sommets. Ce qui est dangereux, c’est que les équipes de management décident alors parfois de réaliser des investissements ou des acquisitions qui ne sont pas toujours dans l’intérêt à long terme des actionnaires. Nous ne pensons pas non plus qu’il existe assez d’entreprises dans un secteur ou un thème déterminé pouvant être considérées comme remarquables ou identifiées comme les championnes à long terme. Dans ce cas, vous devez compléter votre portefeuille avec des actions de deuxième ou troisième choix, ce que nous voulons éviter.

3. Pour les fonds gérés activement, il est crucial de créer de l’alpha. Est-ce difficile de faire régulièrement mieux que le marché dans des marchés matures comme les Bourses américaines?

Les marchés moins développés, notamment ceux qui se retrouvent moins souvent sous la loupe des investisseurs, sont en effet des choix plus évidents pour les gestionnaires actifs. Mais nous pensons qu’une stratégie claire et une discipline stricte peuvent aussi apporter un rendement supérieur à la moyenne sur les marchés matures. Notre principal critère reste la solidité de la croissance des bénéfices et surtout sa pérennité. Nous évitons également les actions cycliques, ce qui réduit la vulnérabilité de notre portefeuille au contexte économique. Cela peut sembler paradoxal, mais nous pensons que l’émergence des fonds passifs génère précisément plus d’opportunités pour les vrais gestionnaires actifs.

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