interview

"Le travail en équipe génère des idées d'investissement"

William Davies, responsable de la stratégie d’investissement de Columbia Threadneedle. ©rv

Pour la première fois en 24 ans - c’est-à-dire depuis l’existence des Awards L’Echo & De Tijd - Columbia Threadneedle remporte le Super Award. "La clé du succès réside dans notre culture d’entreprise fortement axée sur la collaboration", a expliqué William Davies, responsable de la stratégie d’investissement.

Le gestionnaire britannique de patrimoine Columbia Threadneedle est actif dans le monde entier et compte 2.000 collaborateurs. Avec 440 milliards d’euros d’actifs sous gestion, la société de gestion de fonds peut être qualifiée d’acteur de taille moyenne. "Nous ne sommes ni une très grande entreprise ni un petit Poucet, mais nous disposons d’une masse critique suffisante", explique William Davies.

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Columbia Threadneedle est connu en Belgique pour son expertise dans le segment des actions. Dans le passé, l’entreprise a remporté à plusieurs reprises un Fund Award avec des fonds de petites capitalisations. Mais elle dispose aussi d’une grande expertise dans le segment des produits à rendement fixe. En 2017, le groupe a lancé en Belgique un fonds obligataire durable. "Via ce fonds, les clients peuvent profiter d’un rendement non seulement financier, mais aussi sociétal. Nous sommes très fiers que cette stratégie ait été reconnue l’an dernier par le label belge Towards Sustainability".

Le Super Award récompense la société de gestion de fonds ayant affiché les résultats les plus réguliers dans toutes les catégories d’investissement. Quel est votre secret?

Columbia Threadneedle applique une philosophie d’investissement qui s’appuie sur une vision à long terme. Nous estimons qu’il est important de bien comprendre l’environnement macro-économique et, par exemple, de prendre en compte les mesures prises par les banques centrales. Mais l’analyse des entreprises est tout aussi importante, et nous visitons chaque année des centaines de sociétés. Chaque décision d’investissement s’appuie sur une analyse approfondie, réalisée par une équipe de 180 analystes. Notre culture d’entreprise est aussi basée sur la collaboration. Nous encourageons le partage d’idées. Nos investisseurs participent eux aussi activement au débat et les meilleures idées sont transposées dans les portefeuilles. 

Comment vos fonds sont-ils positionnés à l’heure actuelle?

"Le marché bear actuel recèle des opportunités pour les investisseurs actifs."

Début 2020, nous partions d’un ralentissement de la croissance, d’une faible inflation et de taux bas. Nous nous trouvions dans la dernière phase d’un long marché bull, ce que confirmaient les principaux indicateurs économiques, même si la confiance des consommateurs restait élevée. Mais avec le choc du coronavirus et l’effondrement du prix du pétrole, les marchés ont subi une correction rapide et importante. Nous sommes positionnés de manière neutre dans toutes les classes d’actifs, maintenant que le niveau de risque total a diminué. Les équipes de gestion d’actions ont profité de la correction pour renforcer leurs positions dans plusieurs entreprises technologiques et du secteur de la santé auxquelles nous croyons à long terme. Les marchés sont particulièrement imprévisibles à court terme, mais notre rôle va bien plus loin. Nos clients ont des attentes à long terme et nous devons veiller à y répondre. 

Que pensez-vous de l’opposition entre gestion active et passive?

Même si les fonds indiciels sont de plus en plus importants, nous avons démontré en tant que gestionnaire actif qu’il est possible de faire régulièrement mieux que le marché à long terme. Nous sommes également convaincus de notre valeur ajoutée pour nos clients. Vu que nous sommes dans un marché bear, les avantages d’une gestion active seront encore plus marqués. En tant qu’investisseur actif, nous sommes en mesure d’identifier les entreprises qui seront prêtes à se relancer dès que les marchés retrouveront des couleurs.

Quelle importance attribuez-vous aux marchés émergents?

La croissance des marchés émergents reste faible, à cause de facteurs domestiques, mais aussi du ralentissement du commerce international et de la production. Ces marchés pourraient également souffrir si la guerre commerciale qui oppose les Etats-Unis et la Chine se prolonge, même si ce conflit s’est quelque peu apaisé. Les taux réels sur les marchés émergents restent élevés par rapport aux marchés développés, ce qui signifie que ces pays disposent d’une marge de manœuvre plus importante en cas de nécessité d’assouplissement monétaire. Cela peut être utile dans l’environnement économique difficile que nous connaissons. Sur le long terme, nous sommes positifs envers ces marchés en raison de l’émergence de la classe moyenne et de la hausse continue de la consommation.

Où trouvez-vous des obligations assorties de rendements intéressants et pas trop risquées?

Suite aux évènements récents, nous constatons une hausse de l’aversion au risque et les investisseurs se tournent de plus en plus vers les valeurs refuges. En cette période de turbulences, les obligations souveraines restent la catégorie d’investissement préférée. Par ailleurs, et pour la première fois dans notre histoire, les taux des bons du Trésor américain à dix ans sont passés sous la barre de 1%. A cause des baisses des taux, l’indice obligataire ICE BofA US Treasury 15+, qui rassemble les bons du Trésor américain à longue échéance, a déjà gagné 14% depuis le début de l’année.

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