Marie Lecocq: "J'ai l'impression qu'on est assis sur une cocotte-minute"

Simon, Louise, Rosalie, Félicien et Marie. Cinq profils clés de la génération 2020, au cœur de notre société. Des parcours différents. Mais cinq témoignages qui se rejoignent sur un constat. Le monde ne tourne pas (plus?) rond. L’optimisme est déjà un combat.

Le café "bobo" où Marie Lecoc nous a donné rendez-vous pendant le dernier week-end avant les fêtes est plein à craquer. Un marché de Noël a pris le pas sur les douceurs et les boissons de ce bistrot hautement instagramable de Schaerbeek. Qu’importe, on s’attable de l’autre côté de la place communale, dans un petit bar populaire.

"Si on couple environnement et social, on arrive à reconstruire un truc."

Marie Lecocq
  • 28 ans
  • Députée bruxelloise
  • 1991: Naissance à Marche-en-Famenne.
  • 2012: Élue conseillère communale Ecolo à Rochefort.
  • 2014: Candidate aux élections régionales.
  • 2015: Commencer à travailler au CNCD 11.11.11.
  • 2019: Élue députée régionale bruxelloise Ecolo.
L’APP indispensable

Stib: "Grande utilisatrice. Et c’est le premier employeur public à Bruxelles, un reflet de sa diversité."

LA boÎte dans laquelle investir

Mon vendeur de vélos: "Il y a de la création de valeur, des emplois non délocalisables et une dimension environnementale."

LA citation

"Il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question." Simone de Beauvoir

Quand on lui parle des dix prochaines années, celle qui a travaillé pendant quatre ans pour le CNCD 11.11.11 avant de se froter aux bancs du Parlement bruxellois avec Ecolo s’inquiète d’une violence sociale qui s’intensifie. "Il y a un détricotage de la Sécurité sociale de manière organisée. Il y a des coupes dans les budgets des associations, pour les gens sur le terrain qui offrent des soins médicaux, du soutien juridique… J’ai l’impression qu’on est assis sur une cocotte-minute et je suis étonnée que l’on ait pas plus de gens révoltés dans les rues", explique-t-elle d’un ton calme mais déterminé.

Pour contrecarrer ce courant, la jeune élue voit une solution: l’individualisation et l’automatisation des droits. "Aujourd’hui, la majorité des gens qui ont droit à un revenu de remplacement ne le reçoivent pas, soit parce qu’ils ne sont pas au courant, soit parce qu’ils n’osent pas pousser la porte d’un CPAS… L’automatisation des droits, c’est dire qu’à partir du moment où quelqu’un est dans les conditions pour recevoir une aide, il la reçoit. C’est une manière de garantir un filet de sécurité effectif."

Une urgence sociale qui préoccupe l’élue bruxelloise autant que l’urgence climatique. "Si on couple environnement et social, on arrive à reconstruire un truc dans lequel chacun et chacune est le bienvenu, a le droit de rêver à ce qui peut arriver demain et a les capacités suffisantes pour vivre." Mais il faut mettre le turbo: "On est après la COP25, c’est un échec total, on ne peut pas le dire autrement. L’urgence est telle qu’il y a quand même un questionnement permanent de savoir si le temps politique est le temps suffisant. Il permet de confronter les points de vue et de trouver des compromis, ce qui est extrêmement efficace. Mais il est totalement inefficace sur plein d’autres aspects", déplore-t-elle.

Se voit-elle toujours en politique dans dix ans? "J’espère de tout cœur continuer à défendre la même vision. Ce sera peut-être en politique, peut-être dans l’associatif, peut-être en tant que prof ou entrepreneur", conclut Marie Lecocq.

Génération 2020
Cinq rencontres

Celles de Simon, Louise, Rosalie, Félicien et Marie. Des profils clés, au cœur de notre société. Des parcours différents. Mais cinq témoignages qui se rejoignent sur un constat. Le monde ne tourne pas (plus?) rond. L’optimisme est déjà un combat.

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  2. Félicien Bogaerts: "C'est difficile d'être optimiste vu la situation"
  3. Louise Hannecart: "Il n'y a pas que la croissance éternelle"
  4. Rosalie Compère: "Ma peur? Qu'on oublie le passé"
  5. Marie Lecocq: "J'ai l'impression qu'on est assis sur une cocotte-minute"
Cinq projets

Climat, mobilité, emploi, santé, représentation citoyenne. Face à chaque enjeu que nos jeunes définissent au quotidien, ils avancent les solutions. En estimant que la technologie aidera à repousser tous les possibles. Cela, ils en sont convaincus; ils y croient dur comme fer. Ils surlignent surtout le réel enjeu: le retour au "sens", plutôt que la quête du profit. Génération impact, vous avez dit?

  1. Tech & Data | "Les données n'ont pas qu'un objectif commercial"
  2. Climat | "Les extrêmes permettent d'innover"
  3. Santé | "Injectez votre argent qui dort dans l'économie réelle"
  4. Participation citoyenne | "Le citoyen est en demande de plus grande démocratie"
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