Participation citoyenne | "Le citoyen est en demande de plus grande démocratie"

©Emy Elleboog

Du haut de ses 29 ans aujourd’hui, Alice Leeuwerck (MR) a pris les commandes de Comines, commune wallonne en terres flamandes, en octobre 2018.Un an après, cette parfaite bourgmestre bilingue a instauré un contact direct avec les bourgmestres aux alentours, mais aussi avec la population.

2018, année du changement dans de nombreuses communes du pays, à l’occasion des élections. Comines-Warneton ne fut pas en reste. Avec la particularité d’accueillir à sa tête une jeune politique d’aujourd’hui 29 ans – ayant travaillé pour Jean-Luc Crucke –, du nom d’Alice Leeuwerck (MR). Si elle siégeait déjà au conseil communal depuis 2012, position qu’elle occupait tout en poursuivant en parallèle son master en études européennes à l’ULB, ce fut le grand baptême du feu. Coups durs à l’appui, certains n’appréciant ni qu’elle soit femme, ni qu’elle soit jeune – "et pas toujours les plus âgés comme on pourrait le penser", se rappelle-t-elle.

"Diriger cette commune, cela demande de faire des compromis à la belge tout le temps."

Mais après un an, ça va, c’est désormais plus facile à gérer. "J’ai réussi à prendre du recul", dit-elle. Reste donc la pièce de résistance: gérer une commune d’un peu moins de 20.000 habitants, située stratégiquement entre la France, la Flandre et la Wallonie, amenée à déployer des projets de taille,… tout ça avec un collège un peu particulier puisque, compromis belge oblige, datant du temps des Fourons, dans cette commune à facilités (et donc "à difficultés") linguistiques, les échevins sont élus directement. De quoi donner du poids à l’opposition, ainsi dûment représentée au sein du centre décision de la ville. "Cela demande de faire des compromis à la belge tout le temps. Les journées sont bien remplies", sourit celle qui est parfaite bilingue, élevée par un père néerlandophone et une mère francophone. De quoi la faire sourire quand elle entend parler des blocages qui surviennent dans les négociations au Fédéral. "Je fais ça toutes les semaines ici".

Alors, elle a développé une stratégie simple: essayer d’embarquer tout le monde, quand c’est possible, dès qu’il faut décider sur un cas concret. Amenant à provoquer le débat dans la commune. Un trait qui peut être attribué à la nouvelle génération, plus enclin à ce mode de fonctionnement. Où l’inclusif pèse plus que l’exclusif.

Citoyen en demande d’ouverture

Dans cette optique, la ville est devenue plus branchée, plus connectée, sous la houlette de la jeune bourgmestre. Se digitalisant, revoyant sa communication, offrant une opportunité de contact plus direct aux citoyens, organisant des concours citoyens pour la réalisation du nouveau logo de la ville,… "Le citoyen était en demande". Mais aussi les fonctionnaires "qui sont contents de cette plus grande transparence, de cette plus grande démocratie. Et c’est tant mieux. Car notre génération est la génération du bien-être, un sentiment qui doit aussi exister au travail".

Un effort qui ne s’arrête pas à la frontière de la commune. Alice Leeuwerck poursuit aussi ses efforts en Flandre et dans le nord de la France. En ouvrant des portes auprès de ses homologues.

Génération 2020
Cinq rencontres

Celles de Simon, Louise, Rosalie, Félicien et Marie. Des profils clés, au cœur de notre société. Des parcours différents. Mais cinq témoignages qui se rejoignent sur un constat. Le monde ne tourne pas (plus?) rond. L’optimisme est déjà un combat.

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  2. Félicien Bogaerts: "C'est difficile d'être optimiste vu la situation"
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Cinq projets

Climat, mobilité, emploi, santé, représentation citoyenne. Face à chaque enjeu que nos jeunes définissent au quotidien, ils avancent les solutions. En estimant que la technologie aidera à repousser tous les possibles. Cela, ils en sont convaincus; ils y croient dur comme fer. Ils surlignent surtout le réel enjeu: le retour au "sens", plutôt que la quête du profit. Génération impact, vous avez dit?

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