Rosalie Compère: "Ma peur? Qu'on oublie le passé"

Simon, Louise, Rosalie, Félicien et Marie. Cinq profils clés de la génération 2020, au cœur de notre société. Des parcours différents. Mais cinq témoignages qui se rejoignent sur un constat. Le monde ne tourne pas (plus?) rond. L’optimisme est déjà un combat.

La Brafa approche à grands pas. Alors, en coulisse, Rosalie Compère s’active pour que tout soit prêt pour la grande foire d’art bruxelloise. Elle restaure actuellement quelques pièces pour des antiquaires qui y exposeront fin janvier.

"La Belgique n’est pas fière de son patrimoine."

Rosalie Compère
  • 26 ans
  • Conservatrice restauratrice
  • Diplômée en conservation et restauration du verre et de la céramique (Cambre).
  • Stage au musée royal de l’Ontario (Toronto) et de la Ville de Bruxelles et au Rijksmuseum.
  • Récipiendaire d’une bourse de la Plateforme pour l’Éducation et le Talent (Sofina et famille Boël).
L’APP indispensable

Drops, pour les langues.

LA boite dans laquelle investir

Le musée Art et Histoire du Cinquantenaire. "Parce qu’il tombe en ruine".

LA citation

"L’individu qui reconnaît une œuvre d’art comme telle personnifie instantanément la conscience universelle, qui alors le devoir de la conserver et de la transmettre."

Un chemin qu’elle a choisi, par le biais du verre et de la céramique, alors qu’elle aurait pourtant pu devenir artiste, comme son père, Jean-Henri Compère, comédien devenu sculpteur (auteur de l’œuvre d’art à la mémoire des victimes des attentats terroristes du 22 mars), et sa mère. "Mais je ne me sentais pas légitime pour créer quelque chose autour de moi, quelque chose d’intime, même si je trouve cela magnifique". Alors, ce sera la restauration. Pour "s’inscrire dans la durée, dans le temps", confie-t-elle depuis son atelier de Saint-Gilles, où elle travaille avec une petite dizaine d’autres artisans.

Et c’est d’ailleurs cette philosophie qui la guide au quotidien. Et qu’elle espère voir guider la société demain. Car en l’état, "la Belgique n’est pas fière de son patrimoine. C’est tellement dommage et porteur de conséquences", analyse-t-elle, avant de prendre l’exemple de l’Hôtel Frison, conçu par l’architecte Victor Horta, et laissé à l’abandon pendant des années avant d’être repris par une Indienne qui le restaure actuellement. "Pour le même prix, il aurait pu connaître le sort de la pharmacie réalisée par Paul Hankar, en face, désormais disparue. Et ça, ça me fait peur pour le futur. Qu’on continue à ne plus valoriser le passé. Qu’on l’oublie".

Perte de savoir-faire

Avec une disparition (plus ou moins lente) des chefs d’œuvre d’antan à la clé. Ainsi que des petites mains expertes qui gravitaient autour. Résultat, sur ce dernier point, aujourd’hui, pour se spécialiser, il faut bien souvent partir à l’étranger. Vers la France voisine. Ou des pays qui ont su conserver des techiques uniques à l’image du Japon. Ce sera d’ailleurs son prochain voyage, aprè l’obtention d’une bourse de la Plateforme pour l’Éducation et le Talent (Sofina et famille Boël), qui aide artisans, universitaires, élèves en difficulté de l’enseignement secondaire. Objectif? Apprendre l’art du "kintsugi", cette méthode de réparation des porcelaines ou céramiques brisées au moyen de laque nappée de poudre d’or, auprès d’un maître japonais. Pour ce faire, Rosalie apprend actuellement la langue locale. Pas le choix. Pas d’anglais dans les zones reculées du Japon rural.

Génération 2020
Cinq rencontres

Celles de Simon, Louise, Rosalie, Félicien et Marie. Des profils clés, au cœur de notre société. Des parcours différents. Mais cinq témoignages qui se rejoignent sur un constat. Le monde ne tourne pas (plus?) rond. L’optimisme est déjà un combat.

  1. Olivier Symon: "Il faut oser sortir de ces prisons dorées"
  2. Félicien Bogaerts: "C'est difficile d'être optimiste vu la situation"
  3. Louise Hannecart: "Il n'y a pas que la croissance éternelle"
  4. Rosalie Compère: "Ma peur? Qu'on oublie le passé"
  5. Marie Lecocq: "J'ai l'impression qu'on est assis sur une cocotte-minute"
Cinq projets

Climat, mobilité, emploi, santé, représentation citoyenne. Face à chaque enjeu que nos jeunes définissent au quotidien, ils avancent les solutions. En estimant que la technologie aidera à repousser tous les possibles. Cela, ils en sont convaincus; ils y croient dur comme fer. Ils surlignent surtout le réel enjeu: le retour au "sens", plutôt que la quête du profit. Génération impact, vous avez dit?

  1. Tech & Data | "Les données n'ont pas qu'un objectif commercial"
  2. Climat | "Les extrêmes permettent d'innover"
  3. Santé | "Injectez votre argent qui dort dans l'économie réelle"
  4. Participation citoyenne | "Le citoyen est en demande de plus grande démocratie"
  5. Mobilité | Fluidifier le trafic par la voie du parking

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité