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Une décennie pour prendre les devants. Ni plus, ni moins.

Les années 2010 ont été rythmées par leur lot de petites révolutions et de grands changements. Les années 20 ne seront pas différentes. Ayons de l’audace, au moins celle d’essayer.

Qui aurait cru, en 2010… Que les Britanniques, victimes d’un coup de poker politique et d’un bus rouge affublé de promesses trompeuses, décideraient de quitter l’Union européenne?

Que le géant du software, Google, transporterait, cinq ans plus tard, un homme aveugle dans une voiture bien réelle, sans volant ni pédales, à travers les rues d’Austin, au Texas?

Que nos goûts en musique, en films et en séries seraient en partie influencés par des algorithmes qui apprendraient à connaître nos préférences et nous proposeraient des recommandations personnalisées?

Les années 2010 ont été rythmées par leur lot de petites révolutions et de grands changements. Les années 20 ne seront pas différentes.

Des métiers vont disparaître. D’après l’OCDE, 14% des emplois en Belgique sont à risque d’automatisation à plus de 70%.

Mais d’autres métiers vont voir le jour. Plus personne ne sourcille à la fonction de community manager ou de data scientist, et pourtant, ces métiers, dans leur forme actuelle, sont récents.

Les années 2010 ont été rythmées par leur lot de petites révolutions et de grands changements. Les années 20 ne seront pas différentes.

Faire face à ces changements, c’est faire en sorte d’éviter la casse. Permettre, par exemple, à ceux qui deviennent superflus de se reconvertir. Mais ce ne sera pas possible pour tout le monde.

Pour les plus jeunes, nous devrons également, au plus vite, adapter notre enseignement au XXIe siècle. Il est grand temps. "L’informatique est absente des primaires et des secondaires. Qui va, dans le supérieur, se lancer dans quelque chose qu’il ne connaît pas?", nous disait Fabien Pinckaers, le CEO d’Odoo, il y a deux semaines. Comment lui donner tort?

La prochaine décennie devra trouver des solutions pour ces victimes de l’automatisation et ne pas en créer de nouvelles.

L’intelligence artificielle va aussi changer nos villes. Toyota va proposer un service de taxis autonomes, sous supervision humaine, pendant les Jeux olympiques de 2020 à Tokyo. Et Volkswagen espère lancer ses robots taxis sur trois continents pour 2025, d’après le Financial Times.

Ayons de l’audace, au moins celle d’essayer.

Retirer l’humain de la conduite devrait permettre de réduire le nombre de morts sur les routes, mais les embouteillages pourraient ne pas diminuer. Si la demande de trajets en voiture reste inchangée, que chacun continue de se déplacer seul, et que faire rouler sa voiture vide devient moins cher que de la garer, nos villes courent un peu plus à la paralysie.

La prochaine décennie devra préserver la qualité de vie dans les villes.

Internet va continuer de changer la façon dont on vit et va forcer les entreprises traditionnelles à se réinventer. Qui se pose encore devant la télé, chez les plus jeunes? Pas grand monde. D’après Deloitte, seuls 36% des 18-24 ans regardent encore régulièrement la télévision linéaire alors que 47% disposent d’un abonnement à un service à la demande comme Netflix ou Amazon Prime. Les télécoms seront peut-être les prochains à souffrir. Google fournira une connexion Internet sans fil à des zones reculées de l’Amazonie dès cette année. Le Rwanda a déjà passé le pas avec l’entreprise One Web pour connecter au net les écoles les plus reculées du globe. Dès 2021, c’est la Terre entière qui devrait être couverte par plus de 600 satellites de la firme américaine. De quoi faire de l’ombre aux opérateurs traditionnels?

La prochaine décennie sera tout aussi disruptive que la précédente.

Le politique devra redonner du sens, du concret, pour faire face aux simplismes. Intégrer le citoyen, aussi. Pourquoi ne pas dépoussiérer cet archaïque Sénat et en faire un lieu de délibération thématique, entre élus, citoyens et experts? Et pourquoi pas transposer la pratique à la plus petite échelle possible, dans les communes, là où les décisions politiques ont un impact très perceptible? Bref, prendre des mesures populaires ensemble sans être populistes.

Tentons de saupoudrer un peu de démocratie directe dans notre système représentatif.

Plus facile à dire qu’à faire? Saisissons les progrès du numérique au bond. Permettons à chaque citoyen de s’exprimer via un site web ou une app. Tentons de saupoudrer un peu de démocratie directe dans notre système représentatif. La solution est là, dans nos poches, en prévoyant au passage des alternatives pour ceux qui n’ont pas d’accès au numérique.

Toutes les pistes qui pourraient permettre de rapprocher le citoyen de la sphère politique méritent d’être explorées sans être rejetées d’un haussement d’épaule.

Comme ces jeunes que nous avons rencontrés pour façonner ce dossier, ayons de l’audace, au moins celle d’essayer. Nous avons une décennie pour y parvenir. Ni plus, ni moins.

Génération 2020
Cinq rencontres

Celles de Simon, Louise, Rosalie, Félicien et Marie. Des profils clés, au cœur de notre société. Des parcours différents. Mais cinq témoignages qui se rejoignent sur un constat. Le monde ne tourne pas (plus?) rond. L’optimisme est déjà un combat.

  1. Olivier Symon: "Il faut oser sortir de ces prisons dorées"
  2. Félicien Bogaerts: "C'est difficile d'être optimiste vu la situation"
  3. Louise Hannecart: "Il n'y a pas que la croissance éternelle"
  4. Rosalie Compère: "Ma peur? Qu'on oublie le passé"
  5. Marie Lecocq: "J'ai l'impression qu'on est assis sur une cocotte-minute"
Cinq projets

Climat, mobilité, emploi, santé, représentation citoyenne. Face à chaque enjeu que nos jeunes définissent au quotidien, ils avancent les solutions. En estimant que la technologie aidera à repousser tous les possibles. Cela, ils en sont convaincus; ils y croient dur comme fer. Ils surlignent surtout le réel enjeu: le retour au "sens", plutôt que la quête du profit. Génération impact, vous avez dit?

  1. Tech & Data | "Les données n'ont pas qu'un objectif commercial"
  2. Climat | "Les extrêmes permettent d'innover"
  3. Santé | "Injectez votre argent qui dort dans l'économie réelle"
  4. Participation citoyenne | "Le citoyen est en demande de plus grande démocratie"
  5. Mobilité | Fluidifier le trafic par la voie du parking

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