Le glyphosate est prolongé pour cinq ans

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Le renouvellement pour cinq ans de l'autorisation du glyphosate a été approuvé par une majorité d'Etats membres de l'UE. La Belgique a une nouvelle fois voté contre.

Le glyphosate reste sur le marché européen pour cinq années supplémentaires. Les experts des Etats membres se réunissaient ce lundi à la Commission européenne pour statuer en appel sur le renouvellement de l'herbicide. Plusieurs pays, dont la Belgique, la France et l'Italie, se sont une nouvelle fois opposés à la prolongation pour cinq ans sans conditions de l'autorisation. Mais l'Allemagne, qui s'était abstenue lors des votes précédents, a cette fois voté pour.

18 pays
18 pays représentant 65,7% de la population de l'Union ont voté en faveur de la proposition de la Commission, 9 ont voté contre et 1 s'est abstenu.

Pour être adoptée, la décision de renouvellement devait réunir une majorité qualifiée, c'est-à-dire les voix d'au moins 55% des pays de l'Union représentant au moins 65% de la population européenne. Lors de la réunion, qui devait se tenir après 14h30, 18 pays représentant 65,7% de la population de l'Union ont voté en faveur de la proposition de la Commission, 9 ont voté contre et 1 s'est abstenu. Le comité d’appel qui a pris cette décision était composé de diplomates des États membres, dont le Belge Jan Hoogmartens, représentant permanent adjoint auprès de l’Union européenne.

Suite à ce vote, la Commission va formellement adopter la décision avant le 15 décembre, date à laquelle l'autorisation actuelle expirera. Dans un communiqué, le commissaire en charge de la Santé, Vytenis Andriukaitis, a estimé que ce vote "montre que quand nous le voulons tous, nous sommes capables de partager et accepter notre responsabilité collective dans la prise de décision". 

La prolongation intéressait notamment le géant allemand de la chimie Bayer, qui veut racheter Monsanto, l'inventeur du glyphosate, pour quelque 60 milliards de dollars.

Dans une interview au "Rheinische Post", le ministre allemand de l'Agriculture Christian Schmidt a confirmé le vote favorable de son gouvernement. Le texte a évolué, explique un diplomate allemand: des amendements ont été ajoutés sur la protection des animaux et la biodiversité, et il est indiqué que des tests supplémentaires seront réalisés pour évaluer les risques potentiels du produit. La prolongation intéressait notamment le géant allemand de la chimie Bayer, qui veut racheter Monsanto, l'inventeur du glyphosate, pour quelque 60 milliards de dollars.

Le ministre fédéral de l'Agriculture, Denis Ducarme (MR) plaidait de son côté pour que la prolongation de l'autorisation de mise sur le marché soit assortie d'un "phasing out", d'un échéancier de sortie qui aurait mené vers l'interdiction du pesticide. Son cabinet indique qu'il entend ouvrir une concertation avec les autres États désireux d'avancer vers une interdiction du glyphosate pour travailler à la recherche d'alternatives.

Tendre vers zéro pesticide

La France donne déjà du grain à moudre à cette future concertation. "Peu importe l'issue du vote", a indiqué la Secrétaire d’Etat française à la Transition Brune Poirson lundi matin, "la France est déterminée à sortir de l'utilisation de cette substance en moins de cinq ans." Au cabinet Ducarme, on s’interroge sur la légalité même d’une telle décision.

Côté wallon, on n’est “pas contre une interdiction”, à condition qu’elle soit faite en concertation avec le secteur.
René Collin
Ministre de l’Agriculture

Côté wallon, on n’est “pas contre une interdiction”, indique-t-on au cabinet du ministre de l’Agriculture René Collin (cdH), à condition qu’elle soit faite en concertation avec le secteur, et qu’il ait le temps de trouver des alternatives qui soient à la fois aussi efficaces, pas plus onéreuses et respectueuses de l’environnement.

À ce stade, seules les pâtures seraient prêtes à se passer de glyphosate. Le cabinet Collin attend un “plan” du collège des producteurs sur la manière de réduire, dans chaque filière, l’utilisation d’intrants chimiques. Parallèlement, le Centre wallon de recherches agronomiques (CRA-W) travaille à la recherche d’alternatives. On doute de la possibilité de sortir en cinq ans du glyphosate, mais on met tout en oeuvre pour tendre vers le zéro pesticide.

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