mon argent

"Avec mes gains en Bourse, je me suis acheté deux costumes sur mesure"

©Emy Elleboog

Témoignage | Christophe Beghin, 25 ans, Bruxellois, a un compte-titres depuis quatre ans. "Mes placements ne servent pas qu’à mes vieux jours."

Christophe Beghin a le virus de la Bourse. "Au cours de biotechnologie, pendant mes études d’ingénieur commercial, on voyait principalement le côté scientifique. Mais un jour, Jan De Kerpel, analyste spécialisé en biotechnologies, est venu donner un cours sur l’aspect financier des entreprises biotechnologiques. Ces valeurs qui consomment beaucoup de liquidités ont besoin de la Bourse pour financer leurs activités."

Après l’exposé de Jan De Kerpel, qui travaillait alors chez KBC Securities et a pris ensuite la direction de Kempen & Co, Christophe Beghin a ouvert un compte-titres chez KBC Bolero. Il a ainsi eu accès aux rapports des analystes, a commencé à lire L’Echo et à piocher dans les communiqués de presse. "Mon attention allait surtout vers les actions biotechnologiques. J’ai appris que certaines entreprises, comme Ablynx ou Galapagos, réduisaient le risque en misant sur plusieurs médicaments, alors que d’autres, comme Thrombogenics, étaient du genre ‘make or break’, jouant leur sort sur un seul médicament."

"J’ai attrapé le virus de la Bourse après avoir assisté à un cours donné par l’analyste spécialisé en biotechs Jan De Kerpel."

Comme il se plaît à le dire lui-même, Christophe Beghin a fait ses armes à ses dépens. "Au début, je prenais très vite mon bénéfice. Entre autres sur Ablynx et Galapagos. Par la suite, j’ai vu que je devais simplement garder ces actions, explique-t-il. Plus on avance, plus on commence à réfléchir à long terme. Il y a deux ans, j’ai pu décrocher des actions Fagron à 4,5 euros. Ensuite, j’ai participé à l’augmentation de capital. J’avais bien étudié Fagron et je suis arrivé à la conclusion que son modèle opérationnel était bon. Le seul problème était que la société avait négligé les accords avec les banques (covenants). Avec Fagron, je n’ai plus comme objectif de prendre rapidement mon bénéfice." Christophe Beghin avoue cependant que le gouvernement lui a donné un coup de pouce. "C’était l’année où on a introduit la taxe sur la spéculation. Une taxe comme cela vous retient de prendre votre bénéfice rapidement."

Le jeune investisseur considère son portefeuille-titres comme son épargne, pour ses vieux jours, mais aussi pour s’accorder de petites gâteries: "Avec mes gains en Bourse, je me suis payé deux costumes sur mesure, j’ai fait un voyage de cinq semaines au Panama et au Costa Rica, j’ai été revoir des amies à Mexico, j’avais de l’argent de poche en Erasmus et je me suis acheté une chaîne hi-fi Bose."

Christophe Beghin veut faire de sa passion pour la Bourse son métier. Depuis six mois, il travaille comme analyste stagiaire chez KBC Securities. Il a par ailleurs fait son mémoire sur la fiabilité des objectifs de cours des analystes. "Les investisseurs se focalisent sur deux choses: l’objectif de cours et la recommandation. Mais la réalisation d’un objectif de cours semble dépendre notamment de ce qu’a écrit le broker et de sa réputation", juge Christophe Beghin. Selon lui, la qualité de la recherche sera évaluée de façon plus stricte cette année, lorsque ces analyses seront obligatoirement payantes à la suite de l’entrée en vigueur de MiFid 2. Les consultants s’attendent à ce que le secteur soit secoué à la suite de l’introduction de cette nouvelle directive d’investissement. Et Christophe Beghin de souligner: "Les analystes sont importants, ne serait-ce que comme mégaphones critiques des entreprises cotées en Bourse." Le jeune investisseur espère bien devenir lui-même analyste un jour.

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