chronique

Un bon scénario du vaudeville

Il est certaines soirées ucclo-uccloise à ne pas manquer au cours de l’année si l’on se targue de connaître cet étrange microcosme politico-économico-médiatique qu’est la (riche) vie locale du 1180.

Assurément la soirée de gala de "Pan" fait partie de ces immanquables. Non pas pour le contenu de cet hebdomadaire qu’est Pan – on vous laisse juge –, non pas pour le formidable entregent (quoique…) du maître des lieux, le président, directeur, fondateur, speaker du business club B19 qu’est John Bogaert, mais plutôt pour la manière dont se meuvent les grands fauves de la politique et du business quand ils sont dans leur milieu naturel.

Ça se passe comme ça à Uccle. Entre le B19, le très select club de sport du David Lloyd et l’ambassade du Kazakhstan – trois endroits situés sur la même avenue mais, n’y voyez aucun rapport, Armand De Decker n’est ni membre du B19, ni du Loyd, nous dit-on.

Il y avait donc là, au B19, ce mercredi soir, une sacrée volée de libéraux. À Uccle, ils jouent à domicile, du vice-premier ministre Didier Reynders au bourgmestre Boris Dilliès en passant par la ministre Sophie Wilmès et Alain Destexhe.

Ah, non, pardon, Destexhe n’est plus libéral, il est devenu Destexhien depuis quelques jours en créant une liste éponyme. Deux faits d’armes, déjà, à l’actif de l’ex-MSF: avoir débauché l’ex-consultant RTL/agent secret (?) Claude Moniquet. On ne sait pas trop ce que cet attelage style "délégation de très haut niveau" va donner mais, comme au poker, on paye pour voir. On risque de bien s’amuser.

Second fait d’arme de Destexhe: avoir mis un joli boxon en Wallonie cette semaine en débauchant, cette fois, une parlementaire libérale dont, nos excuses, personne n’avait jamais entendu parler jusque-là. Ce débauchage a mis la courte majorité wallonne MR/cdH a mal et, comme Maxime Prévot était parti faire un trail en Laponie (ça ne s’invente pas), la réforme des APE est passée à la râpe.

Avec en guest star, l’inénarrable président du Parlement wallon André Antoine, qui a proposé de mettre son institution en pause le temps que passe la tempête.

On tient là entre les mains un bon scénario de vaudeville. Avec en guest star, l’inénarrable président du Parlement wallon André Antoine, qui a proposé de mettre son institution en pause le temps que passe la tempête. Max Prévot est rentré de Laponie et il s’est pris l’inculpation de Dimitri Fourny dans les lattes. Autant dire que ses vacances lapones sont déjà bien loin.

Mais revenons à nos Ucclois.

À côté de l’armada bleue et destexhienne, il y avait là un Ecolo.

Et quel Ecolo, s’il vous plaît. Rien de moins que le bourgmestre ixellois Christos Doulkeridis. Devant la centaine de convives, il s’est empressé de dire: "Je suis plutôt de gauche." Comme s’il vivait un peu difficilement cette apnée en eaux uccloises.

On pointerait bien encore deux surprises du chef. D’abord, l’étonnant laïus du bourgmestre de Knokke Léopold Lippens – qui vaut bien mieux que la caricature qu’on tente de faire de lui. Lippens a pris des accents verts et pro-écologiques, il est évidemment revenu sur l’île artificielle qu’on veut lui planter en face du littoral knokkois et a ponctué son allocution d’un "ce Ben Weyts ne connaît rien à la mer". Ben Weyts étant le ministre flamand responsable du dossier – pire cauchemar de Léopold Lippens.

À noter aussi la courte prise de parole de Johan Beerlandt, le président de Besix qui – le matin même – a dû lire comme tout le monde que finalement, le stade Roi Baudouin allait peut-être être rénové car telle était l’idée du nouvel échevin des sports de la ville de Bruxelles. "Ce n’est certainement pas vous que je vise, a-t-il dit en apostrophant Didier Reynders. Mais parfois, on devrait quand même laisser plus de latitude au privé pour agir." Cela fait des années que Johan Beerlandt répète en effet qu’une rénovation du stade serait plus logique qu’un nouveau projet venu de nulle part.

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