Au Parlement wallon, les élues rappellent qu'elles "sont plus qu'un quota"

Plusieurs élues wallonnes n'ont pas du tout apprécié l'éviction soudaine et cavalière de Valérie De Bue et son retour, tout aussi rapide, suite à une simple question de quota. ©Valérie De Bue

Une petite vingtaine de femmes, députées ou ministres régionales de tous les partis, y compris du MR, ont posé ensemble pour une photo, ce vendredi matin, dans les allées du Parlement de Wallonie.

"Nous sommes plus qu'un quota" affirment ces femmes, députées ou ministres régionales, photographiées au Parlement wallon par... le ministre MR Jean-Luc Crucke. Leur message a été rapidement relayé sur les réseaux sociaux et fait suite à la tentative avortée, de la part du président du MR Georges-Louis Bouchez, de remplacer la ministre wallonne Valérie De Bue par Denis Ducarme, lui-même éjecté du fédéral.

Mais le jeu de chaises musicales a rapidement viré au fiasco en raison d'un décret spécial voté à l'unanimité en mai 2019 par le Parlement de Wallonie qui prévoit une représentation d'au moins 30% de femmes - ou d'hommes - au gouvernement wallon.

Or, en remplaçant Valérie De Bue - qui, selon des sources bien informées, n'aurait appris la nouvelle que quelques dizaines de minutes avant le tweet du président du MR - par Denis Ducarme, le compte n'y était plus, l'exécutif régional n'étant plus composé que de deux femmes - Céline Tellier (Ecolo) et Christie Morreale (PS) - sur huit ministres.

"Un barrage à l'autocratie"

Contraire au droit wallon, la candidature de Denis Ducarme aurait donc été déclarée irrecevable, ce qui a forcé le MR à faire machine arrière dès jeudi après-midi. Ce vendredi, Valérie De Bue est donc toujours ministre régionale, avec, sans doute, la désagréable impression d'avoir été sauvée par un système de quotas. "Nous sommes plus qu'un quota", ont dès lors tenu à rappeler ce vendredi matin les élues régionales en postant sur les réseaux sociaux une photo de groupe.

Cette action constitue "un barrage à l'autocratie, un soutien affirmé à Valérie De Bue et une volonté farouche de faire progresser la parité, dans tous les partis et toutes les instances", a notamment tweeté Hélène Ryckmans (Ecolo). "Bravo pour la qualité de votre travail et de votre investissement. Je l'observe tous les jours. Amitiés", a pour sa part posté le ministre wallon de l'Economie, Willy Borsus.

"Revoir le fonctionnement du parti"

Vendredi matin, présents au parlement pour la prestation de serment de Christophe Collignon (PS) en tant que nouveau ministre régional, les élus MR au Parlement wallon se sont retrouvés pour "des discussions informelles" mettant en avant "un manque d'élégance qui laissera des traces" et "la nécessité de revoir le fonctionnement du parti en interne".

Selon plusieurs sources, une "réelle inquiétude" a été exprimée, tant sur l'absence de concertation qui a débouché sur le fiasco du jeu de chaises musicales que sur la manière dont les choses se sont déroulées.

Denis Ducarme appelle au calme

"Je veux que le spectacle déplorable qui est présent depuis quelques heures au MR prenne fin."
Denis Ducarme

Privé de portefeuille ministériel, tant au fédéral qu'à la Région, Denis Ducarme, lui, a appelé au calme."Je reprends à mon compte la devise des cavaliers de Saumur: En avant, calme et droit! Je veux que le spectacle déplorable qui est présent depuis quelques heures au MR prenne fin", a-t-il notamment déclaré à La Libre Belgique.

Mais parviendra-t-il à éteindre l'incendie alors que les esprits sont déjà échauffés par les soubresauts des derniers jours des négociations fédérales et par la nomination surprise de Mathieu Michel à un poste de secrétaire d'Etat? Le traditionnel bureau du MR, lundi à Bruxelles, s'annonce tempétueux.

Lire également

Publicité
Publicité