Fenêtres sur cour

Une femme qui admire la vue. Deux balcons plus loin, un vieux monsieur en bras de chemise déplace sa chaise, ignorant que deux étages plus haut un homme à casquette, mains dans les poches, semble trouver le temps long. Que dire de ces t-shirts, culottes noires et soutien-gorge qui sèchent dans une brise imperceptible? Et cette femme en blanc: gilet ou tablier d’infirmière? Vu de loin, le bateau de croisière Diamond Princess ressemble à ces scénettes de "Fenêtre sur cour", le film d’Alfred Hitchcock, que James Stewart s’amuse à scruter à travers ses jumelles.

Sauf que nous ne sommes pas l’un de ces soirs orageux à Greenwich Village, mais à Yokohama, au large des côtes japonaises où mouille l’immeuble flottant depuis le 3 février. À son bord, plus de 3.700 passagers, membres d’équipage et un voyageur non désiré: le coronavirus. Quelques personnes, au compte-gouttes, ont pu quitter le bâtiment. Onze pour la seule journée de vendredi. Pour les autres, les autorités doivent "contrebalancer la santé et le bien-être des personnes à bord du Diamond Princess, et la nécessité de prévenir la propagation du virus dans la société japonaise". Il faudra donc un peu de patience avant de refaire sa valise. Pour Hitchcock, c’est dans l’une d’elles que se trouvait la mort.

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