Les cendres de la forêt amazonienne

Un fermier brésilien marche avec son chien dans des zones brûlées de la forêt amazonienne près de Porto Velho (Rondônia, Brésil). ©AFP

Les poumons de la planète se remplissent de fumée, le vert tropical de l'Amazonie a cédé la place au gris cendre.

Alors que les autorités brésiliennes affirment avoir la situation "sous contrôle", les feux en Amazonie ne s'arrêtent pas. Les experts estiment que le déploiement de l'armée brésilienne ne sera pas suffisant. Ce déploiement permettra d'éteindre les feux des petits foyers et contribuera à empêcher l'apparition de nouveaux. Pour les foyers plus importants, le seul espoir reste la pluie. Or, la saison des pluies en Amazonie ne commence que fin septembre. Maria Silva Dias, professeure de Sciences de l'atmosphère à l'université de São Paulo, souligne que les précipitations prévues au cours des 15 prochains jours seront concentrées dans les zones qui en ont le moins besoin.

La fumée a atteint Porto Velho, forçant la fermeture de l'aéroport local pendant deux heures. ©AFP

Au total 1.113 nouveaux départs de feu ont été recensés dimanche au Brésil par l'Institut national de recherche spatiale (INPE). Et ce ne sont pas moins de 80.000 feux de forêt qui ont été répertoriés au Brésil depuis le début de l'année: un record depuis 2013.

Les incendies ne se limitent pas au Brésil: au moins 10.000km² (un million d'hectares) brûlent en Bolivie, près de la frontière avec le Paraguay et le Brésil. ©AFP

Jusqu'à présent, sept Etats, dont celui de Rondônia, ont fait appel à l'armée, dont 43.000 soldats basés en Amazonie. Mais le nombre des soldats réellement déployés sur le terrain et leur mode d'intervention restent flous.

Des personnels et des avions-citernes du Chili et de l'Equateur devaient prochainement entrer en action, selon le ministre de la Défense brésilien. Israël doit envoyer "100 tonnes de matériel anti-incendie", a dit à l'AFP une porte-parole de l'ambassade israélienne à Brasilia. Une aide financière de 20 millions de dollars avait également été proposée par le dirigeant français Emmanuel Macron à l'issue du G7, mais le président brésilien Jair Bolsonaro l'a refusée. Ce mardi, il déclare être prêt à accepter l'aide si Emmanuel Macron "retire ses insultes": "D'abord il m'a traité de menteur et ensuite, d'après mes informations, il a dit que notre souveraineté sur l'Amazonie était une question ouverte."


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