Les images d'une infirmière interpellée par la police créent l'émoi en France

Sur la bande-son d'une vidéo amateur, l'infirmière s'écrie: "Je suis asthmatique, j'ai besoin de ma ventoline!" Et le policier de lui rétorquer: "Il fallait y penser avant!"

L'infirmière de 50 ans a été brutalement interpellée et molestée par les forces de l'ordre françaises lors d'une manifestation du personnel soignant à Paris.

C'est une image qui revêt une symbolique lourde. Alors que la crise du coronavirus s'éteint doucement et que les violences policières sont désormais pointées du doigt, les réseaux sociaux se sont émus mercredi soir d'une vidéo montrant l'interpellation brutale d'une infirmière.

Sur cette vidéo amateur, l'on peut voir l'infirmière maîtrisée par les forces de l'ordre, qui n'hésitent pas à tirer la femme par les cheveux ou à l'écraser au sol. Sur la bande, l'infirmière s'écrie: "Je suis asthmatique, j'ai besoin de ma ventoline!" Et le policier de lui rétorquer: "Il fallait y penser avant!"

Cette interpellation a eu lieu lors de la manifestation du personnel soignant qui s'est tenue mardi à Paris et qui a rassemblé plus de 18.000 personnes pour "rappeler au gouvernement ses promesses", notamment en matière de revalorisations salariales.

Outre les réseaux sociaux, cette arrestation a également interpellé la société civile et certains politiques. Un rassemblement devant un commissariat parisien a d'ailleurs été organisé en présence des députés Eric Coquerel, Mathilde Panot et Danièle Obono de La France Insoumise (LFI).

La police se justifie

Sur Twitter, le Syndicat Indépendant des Commissaires de Police (SICP) a tenu à justifier cette interpellation en postant une vidéo montrant l'infirmière jeter des projectiles aux forces de l'ordre.


"La gentille infirmière, qui avait besoin de sa ventoline, et qui est présentée comme une victime de la #Police! Elle jetait des projectiles, juste avant son interpellation! Alors on continue à parler de #PoliceViolence ?" écrit le syndicat. "Un policier atteint par un de ces projectiles déposera plainte" mercredi, a indiqué une source policière à l'AFP.

Imen Mellaz, journaliste et fille de l'infirmière a déclaré depuis le rassemblement de soutien à sa mère: "Quoiqu'il lui soit reproché - si on lui reproche quoi que ce soit - rien ne justifie ces images. Jamais. Pas en France, pas en 2020."

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