Pékin promet la mort "par le feu" aux "criminels" de Hong Kong

Les rues de Hong Kong se sont remplies de gaz et de parapluies ce lundi. ©REUTERS

"Ceux qui jouent avec le feu périront par le feu." Pékin a adressé mardi son plus ferme avertissement à ce jour aux manifestants hongkongais qui défient depuis deux mois le régime communiste, les mettant en garde contre "la puissance immense" du gouvernement central.

Au lendemain d'une journée de chaos dans la métropole du sud de la Chine, marquée par une grève générale et des perturbations dans les transports, le pouvoir pékinois a haussé le ton dans l'espoir de convaincre les manifestants pro-démocratie de rentrer chez eux. "Ne sous-estimez jamais la ferme détermination et la puissance immense du gouvernement central", a lancé lors d'une conférence de presse le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao, Yang Guang, qui a une nouvelle fois accusé une poignée de militants d'être à l'origine de l'agitation, avec l'appui de forces étrangères non précisées. "Cela doit être très clair pour le tout petit groupe de criminels violents et sans scrupules et les forces répugnantes qui se cachent derrière eux: ceux qui jouent avec le feu périront par le feu", a martelé M. Yang. "En fin de compte, ils seront châtiés."

La police a utilisé des gaz lacrymogènes durant les manifestations de ce lundi. ©REUTERS

Plus d'un millier de grenades lacrymogènes et 160 balles en caoutchouc ont été tirées depuis le début de la contestation le 9 juin. ©EPA

Cet avertissement est le plus fort lancé par Pékin depuis le début de la contestation, début juin, provoquée par un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers le reste de la Chine. Ce projet a été retiré, mais les manifestations se poursuivent et prennent un tour de plus en plus violent. Les contestataires réclament l'enterrement définitif du projet de loi et la tête de la dirigeante de l'exécutif local, Carrie Lam. M. Yang a réaffirmé le soutien de Pékin à Mme Lam et à la police de Hong Kong dans sa répression des manifestations. Le régime chinois, qui ne tolère pas la contestation en Chine continentale, s'est pour l'heure refusé à intervenir sur place, laissant les forces de l'ordre hongkongaises gérer la situation.

La journée de lundi

Lundi après-midi, alors qu'un appel à la grève générale avait été lancé, sept manifestations simultanées ont eu lieu. Un défi pour les forces de l'ordre, qui, soumises à rude épreuve depuis deux mois, concentrent l'ire des manifestants. Des gaz lacrymogènes ont encore été utilisés dans au moins quatre endroits différents, notamment près du parlement local. Après des échauffourées tout le week-end, des protestataires étaient descendus lundi matin à l'heure de pointe dans plusieurs stations clés du réseau pour bloquer les portes des métros et empêcher les trains de partir.

Les manifestants occupent le centre commercial New Town Plaza le lundi 5 août. ©EPA

Les chiffres

La police hongkongaise a annoncé mardi que 148 personnes avaient été arrêtées la veille en marge des manifestations prodémocratie dans l'ex-colonie britannique, qui ont été émaillées de nouveaux heurts avec les forces de l'ordre. "Au cours de l'opération hier, la police a arrêté 148 personnes, en l'occurrence 95 hommes et 53 femmes, âgées de 13 à 63 ans", a déclaré John Tse, un haut responsable de la police hongkongaise. Au total jusqu'à présent, les autorités ont annoncé que 420 personnes avaient été arrêtées et 139 policiers blessés. Plus d'un millier de grenades lacrymogènes et 160 balles en caoutchouc ont été tirées depuis le début de la contestation le 9 juin.

Depuis deux mois, les parapluies font office de bouclier à Hong Kong. ©AFP

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