Séoul oblige désormais ses 10 millions d'habitants à porter le masque

Un récent pic dans les nouveaux cas de Covid-19 à Séoul inquiète les responsables coréens de la santé. ©AFP

Confrontées à une recrudescence des cas de Covid-19, les autorités de Séoul ont rendu le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics.

C'est une première: Séoul oblige dès ce lundi tous ses habitants, soit 9,7 millions de personnes, à porter un masque buccal dans les lieux publics en extérieur et en intérieur. Cette nouvelle restriction s'incrit dans un contexte de recrudescence du coronavirus, les cas de contaminations se concentrant dans la zone métropolitaine densément peuplée.

En mai, le gouvernement de la ville avait ordonné que des masques soient portés dans les transports publics et les taxis, mais un récent pic dans les contaminations inquiète les responsables de la santé. Le pays pourrait désormais instaurer son plus haut niveau de distanciation sociale, connu sous le nom de phase 3.

"Si nous ne parvenons pas à aplatir la courbe cette semaine, nous serons confrontés à une crise très importante, le virus se sera étendu à toute la nation."
Yoon Tae-ho
Ministre de la Santé

"Si nous ne pouvons pas l'arrêter à ce stade, nous n'avons pas d'autre choix que de passer à la troisième phase de la distanciation sociale", a indiqué le Président Moon Jae-in. Dans cette phase 3, les écoles et les entreprises seront invitées à fermer, infligeant encore davantage de dommages à la quatrième économie d'Asie.

Aplatir la courbe coûte que coûte

Les centres coréens de contrôle et de prévention des maladies (KCDC) ont fait état de 266 nouveaux cas à minuit dimanche, contre 397 un jour plus tôt, mais les cas ne cessent d'augmenter depuis une semaine. Au total, la Corée du Sud a signalé 17.665 cas de coronavirus et 309 décès.

La Corée du Sud a pourtant été largement saluée pour son succès dans la lutte contre le virus, avec des tests approfondis et une recherche active des contacts. Mais le ministre de la Santé Yoon Tae-ho a déclaré que les enquêteurs n'avaient pas été en mesure de déterminer les voies de transmission d'environ 20% des cas récents, ce qui suscite des inquiétudes quant aux propagateurs silencieux.

Il a appelé les habitants à éviter de quitter leur domicile et à annuler tout
déplacement inutile.
"Si nous ne parvenons pas à aplatir la courbe cette semaine, nous pensons que nous serons confrontés à une crise très importante, que le virus
se sera étendu à toute la nation", a déclaré Yoon.

Des passants masqués au marché Namdaemun de Séoul. ©EPA

Des contaminations liées à une église

Les autorités ont établi, en outre, un lien entre 875 cas récents et une église de Séoul dirigée par un prédicateur conservateur radical. Certains membres de l'église ont assisté à une récente réunion antigouvernementale qui aurait contribué à la transmission du virus. Un total de 176 infections, dont sept dans le chef de policiers, ont été liées à ce rassemblement, révèle le chef des KCDC, Jeong Eun-kyeong.

Le gouvernement a accusé l'église d'obstruction en ne fournissant pas les listes complètes des membres et en diffusant de fausses nouvelles entravant la lutte contre le virus. Les membres de l'église disent, eux, être victimes d'une chasse aux sorcières motivée par des considérations politiques.

La Corée du Sud a enregistré une moyenne de 162,1 par jour au cours des deux dernières semaines, soit 13 fois la moyenne d'il y a deux semaines. Parmi les nouveaux cas, 84% se trouvaient dans la région métropolitaine de Séoul.

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