Un ticket de métro met le feu au Chili

L'armée a été déployée dans les rues de Santiago, une première depuis la fin du régime Pinochet. ©REUTERS

"Nous sommes en guerre" a déclaré le président chilien Pinera, qui a déclaré l'état d'urgence, une première au Chili depuis la fin de l'ère Pinochet.

Le mouvement de contestation, initié par des lycéens et des étudiants, a débuté il y a deux semaines en raison de la hausse du prix du titre de transport.
Considéré comme un modèle de stabilité politique et économique en Amérique latine, le Chili souffre pourtant de graves fractures sociales, nourrissant depuis des années un mécontentement social qui a fini par exploser, mais que de nombreux analystes avaient prédit.
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Malgré le déploiement de l'armée, décrété samedi par le président conservateur Sebastien Pinera, des milliers de Chiliens ont continué d'exprimer leur colère dans la rue dimanche face aux inégalités d'un système politique et économique, qui dans de nombreux domaines, a peu évolué depuis la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).
"De l'extérieur, on ne pouvait voir que les réussites du Chili, mais à l'intérieur, il y a des niveaux élevés de fragmentation, de ségrégation et une jeunesse qui, même si elle n'a pas vécu la dictature, a cessé de voter il y a de nombreuses années. Elle en a eu marre et elle est sortie dans la rue pour montrer sa colère et sa déception", a expliqué à l'AFP Lucia Dammert, professeure à l'Université de Santiago du Chili.
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Avec une inflation de 2 % par an, un taux de pauvreté de 8,6 % et une croissance qui devrait atteindre cette année 2,5 % du PIB, soit l'une des plus élevées d'une région en crise, le modèle chilien fait des envieux en Amérique latine. Mais plusieurs indicateurs sociaux - comme la santé, l'éducation et les retraites, qui relèvent dans ce pays quasiment exclusivement du secteur privé - montrent de très fortes inégalités.
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