Le chômage des jeunes aussi bas qu'en 1990

Pour le recrutement, Audi Brussels collabore avec Actiris, Bruxelles Formation et le VDAB. ©BELGAIMAGE

À l’approche du scrutin du 26 mai, L’Echo dresse le bilan des gouvernements régionaux et communautaire. Douze thématiques, soigneusement sélectionnées par la rédaction. Aujourd’hui, le septième volet: la situation économique, le marché de l’emploi et la réforme fiscale en Région bruxelloise.

Premier bassin d’emploi du pays, la Région bruxelloise détient pourtant le taux de chômage le plus élevé du pays. C’est le fameux "paradoxe économique bruxellois" auquel le gouvernement régional voulait s’attaquer prioritairement en début de législature. Au niveau de l’emploi, plusieurs indicateurs sont aujourd’hui au vert.

Bien qu’il reste le plus faible des trois Régions, le taux d’emploi bruxellois (57%) est celui qui a connu la croissance la plus forte durant cette mandature (+ 4,2%), une progression d’autant plus remarquable au regard de la démographie galopante qui caractérise Bruxelles. La proportion de travailleurs bruxellois occupant un poste dans leur Région s’est également accrue durant cette législature, passant de 49,5% en 2014 à 51,3% en 2018, selon les chiffres du SPF Économie. En outre, le mouvement de "navette sortante" s’est amplifié en cinq ans (+ 17,3%). Mais c’est surtout l’évolution du taux de chômage, passé sous la barre des 16% le mois dernier, qui donne la banane au gouvernement bruxellois. En recul pour le 70e mois consécutif, le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans (22,7%) n’avait plus été aussi bas depuis mars 1990.

Les raisons qui peuvent expliquer cette évolution positive des chiffres relatifs à l’emploi à Bruxelles sont multiples: embellie de la conjoncture économique; exonération par le Fédéral des cotisations patronales pour le premier engagement; durcissement des conditions d’accès aux allocations d’insertion, … Mais revenons au bilan qui nous occupe et aux mesures initiées au niveau régional par Didier Gosuin (DéFI).

Dès l’entame de la mandature, le ministre amarante a misé sur l’"hyperactivation" au travers de la garantie jeune. Cette obligation d’offrir à tous les nouveaux chercheurs d’emploi de moins de 30 ans une formation, un stage ou un emploi dans un délai de six mois a été respectée dans 89% des cas, selon Actiris. Quant au contrat d’insertion visant à fournir un emploi 100% subventionné aux jeunes de moins de 25 ans au chômage depuis au moins 18 mois, il a bénéficié à 707 demandeurs d’emploi depuis le second semestre 2016, loin de l’objectif initial de 600 contrats annuels. Selon le ministre Gosuin, les jeunes ayant pris part à ces processus d’activation disposent d’un taux d’insertion compris entre 60 et 70% qui devra toutefois encore faire l’objet d’une analyse à plus long terme.

En revanche, ces mesures n’ont pas atteint les jeunes infra-qualifiés. De quoi donner raison à l’opposition libérale qui estime que les budgets affectés à la formation n’étaient pas à la hauteur des enjeux? 60% des jeunes inscrits chez Actiris ne sont pas diplômés de l’enseignement secondaire et une large majorité est unilingue. Aussi en charge de la formation, Didier Gosuin se targue en tout cas d’une hausse de 17,25% du nombre de chercheurs d’emploi ayant été formés chez Bruxelles Formation et ses partenaires ou au travers de stages en entreprise.

Solde migratoire négatif

Le bulletin des gouvernements

À l’approche du scrutin du 26 mai, L’Echo dresse le bilan des gouvernements régionaux et communautaires. Douze thématiques, soigneusement sélectionnées par la rédaction. Retrouvez-les dans notre dossier >

Delhaize en est un exemple tout récent, le départ d’une grande entreprise est toujours perçu comme un signal d’alerte vis-à-vis de l’attractivité économique de la capitale. Depuis 2014, l’écart entre les arrivées et les départs ne cesse de se creuser. Ainsi, en 2018, ce sont 3.533 entreprises qui ont quitté la capitale, contre 2.817 qui y ont élu domicile. Un différentiel négatif de 716 pour Bruxelles. Mais le gouvernement refuse de parler d’hémorragie, faisant remarquer qu’en tenant compte des cessations et des créations, le solde total reste positif. On dénombre en effet 3.538 entreprises supplémentaires sur le sol bruxellois en 2018 par rapport à l’année précédente.

Si les problèmes de mobilité sont invoqués côté patronal, il n’en demeure pas moins que l’impact des mesures régionales sur l’économie demeure modeste à l’heure de la globalisation. Notons tout de même que les aides régionales octroyées aux entreprises sont passées de 25 millions d’euros en 2014 à 30 millions en 2018. Issue de la fusion (controversée) entre Atrium, Bruxelles Invest & Export et Impulse, l’agence hub.brussels qui a pour mission de contribuer au développement pérenne de l’économie bruxelloise devra encore démontrer que la rationalisation de ces outils n’était pas une fin en soi, mais le préalable au développement d’une vision stratégique cohérente et ambitieuse pour Bruxelles.

Fiscalité
La prime Be-Home indexée en 2019

Bruxelles a fait pleinement usage des compétences en matière de fiscalité héritées de la sixième réforme de l’État en réalisant son propre tax shift qui déplace la fiscalité régionale du travail vers l’immobilier. La taxe forfaitaire régionale de 89 euros a été abrogée et les centimes additionnels sur l’impôt des personnes physiques (IPP) ont été diminués de 1,5%. Le Bruxellois profite de l’IPP le plus faible du pays, se félicite le ministre Guy Vanhengel (Open VLD). Mais cet allégement fiscal est compensé par une hausse de 12% du précompte immobilier. Pour éviter de pénaliser les propriétaires qui occupent leur bien, la prime Be-Home de 120 euros par an est versée depuis 2016. La réforme fiscale ne prévoyait pas son indexation, ce qui a été modifié par une ordonnance d’Emmanuel De Bock (DéFI). Automatiquement déduite, la prime s’élèvera à 130€ en 2019, tenant compte des arriérés. Afin de faciliter l’accès à la propriété, le bonus logement a laissé la place à une exonération des droits d’enregistrement jusqu’à 175.000 euros pour les Bruxellois qui habitent leur propre habitation pendant cinq ans. Une mesure critiquée par le MR qui estime que cela a favorisé les fonctionnaires internationaux qui ne profitaient pas du bonus logement mais qui devaient payer, à égalité avec les Bruxellois, les droits d’enregistrement.

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