Une zone basse émission mais un taux de recyclage des déchets qui patine

Bruxelles n’atteint pas encore les objectifs de recyclage des déchets fixés par l’Europe. ©Belgaimage

À l’approche du scrutin du 26 mai, l’Echo dresse le bilan des gouvernements régionaux et communautaires. Douze thématiques, soigneusement sélectionnées par la rédaction. Aujourd’hui, le dixième volet: la politique environnementale et la gestion des déchets en Région bruxelloise.

Si l’on s’en tient à une analyse froide de l’accord de majorité, le bilan du gouvernement bruxellois en matière environnementale est excellent. La plupart des mesures annoncées en 2014 ont été réalisées cinq ans plus tard. Ce qui s’explique par un accord au départ peu ambitieux, selon l’opposition, mais sans doute aussi par l’intérêt croissant du grand public pour l’enjeu climatique. Ce qui a permis aux pouvoirs publics de faire passer assez facilement des mesures drastiques comme l’instauration, dès 2018, d’une zone basse émission (LEZ) permanente sur l’ensemble du territoire régional, alors que celle-ci était initialement prévue uniquement en cas de pics de pollution. La liste des véhicules les plus polluants interdits d’accès à Bruxelles continuera de s’élargir jusqu’en 2025. La ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault (cdH) se félicite également de l’accord conclu pour sortir complètement du diesel d’ici 2030 et de la révision de l’arrêté pics de pollution qui tient compte d’un polluant supplémentaire. En outre, le plan d’urgence qui peut désormais être activé tout au long de l’année prévoit l’interdiction totale de la circulation lorsque le seuil 2 est atteint.

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Parmi les autres mesures marquantes adoptées durant cette législature, on retient notamment l’interdiction de l’utilisation des herbicides contenant du glyphosate et des insecticides contenant des néonicotinoïdes. Autre pratique récemment bannie: la désinfection des sols par fumigation. De la caisse aux rayons, les sacs en plastique à usage unique ont été progressivement bannis de tous les commerces de la capitale.

Longtemps sous-évalués, les impacts du bruit sur la qualité de vie ont été davantage pris en compte durant cette mandature. L’adoption toute récente d’un plan baptisé Be-Quiet fixe des objectifs visant à réduire ces nuisances pour les cinq prochaines années. Dans les cartons de la Région depuis plusieurs années, l’arrêté Son amplifié de 2017 fixe de nouvelles conditions d’exploitation pour les établissements dépassant la norme de 85db comme la présence d’afficheurs et d’enregistreurs.

Le bruit nous amène à l’interminable saga du survol de Bruxelles dans lequel l’exécutif régional s’est montré proactif pour tenter de faire respecter tant bien que mal l’arrêté Bruit de 1999 dit aussi "Gosuin". Le dernier épisode en date est le jugement prononcé le 1er février 2019 suite à la quatrième action en cessation environnementale déposée par la Région en juillet 2018. Le tribunal a condamné l’État belge à finaliser l’étude d’incidences pour le 3 juin 2019, sous peine d’astreinte de 300.000 euros par mois de retard.

La réforme des primes énergie qui avait pour objectif de mener une politique d’isolation prioritaire des grands ensembles de bâtiments a été élargie aux collectivités (écoles, infrastructures sportives, etc.). L’opposition Ecolo déplore la sous-utilisation de ces primes tout au long de la législature avec une diminution de l’enveloppe budgétaire en 2019. D’autant plus que le bâti, loin devant le trafic, constitue le plus grand responsable d’émissions de gaz à effet de serre.

Progression timide du taux de recyclage

Face à l’impopularité de la mesure, le gouvernement bruxellois avait dû renoncer à la suppression de l’une des deux collectes de sacs poubelle blancs. Finalement, la réforme conduite par Fadila Laanan (PS) a permis de mettre un terme à l’alternance des sacs jaunes et bleus, désormais collectés chaque semaine, et de généraliser la collecte des sacs orange destinés à recueillir les déchets organiques.

Outre un meilleur service offert aux citoyens, la réforme a permis de diminuer les quantités collectées dans le sac blanc et d’augmenter, à l’inverse, le tonnage collecté dans les sacs colorés. En clair, cela signifie que les Bruxellois trient mieux leurs déchets qu’auparavant. Il n’empêche que le taux de recyclage progresse timidement (de 40% en 2016 à 43% en 2017) et qu’il n’est donc pas certain que la Région bruxelloise parviendra à atteindre l’objectif européen de 50% de recyclage obligatoire dès 2020. Et ce malgré le recrutement massif opéré par l’agence Bruxelles Propreté (ABP) durant cette mandature.

Promise dans l’accord de majorité, la création d’un centre bruxellois de biométhanisation pour le traitement des déchets organiques n’est pas près de voir le jour. Une étude de faisabilité visant à déterminer les coûts et bénéfices est toujours en cours de finalisation. En attendant, les épluchures et autres restes de nourritures continuent d’être valorisés…à Ypres.

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