analyse

Emploi | Les "jobs jobs jobs" de Charles Michel sont devenus réalité

  • Le bilan de Charles Michel
©BELGA

222.000 emplois en quatre ans, un chômage en baisse et un saut d'index. Voici le bilan du gouvernement Michel sur le terrain de l'emploi.

"La première priorité, celle qui nous obsède, c’est l’emploi." Cette petite phrase, elle est tirée de la toute première déclaration gouvernementale que Charles Michel a faite à la Chambre. C’était le 14 octobre 2014. Et en effet, l’emploi a été l’une des grosses obsessions du gouvernement fédéral durant toute la législature.

On ne comptera plus le nombre de fois où le slogan "jobs jobs jobs", aura été martelé sur tous les fronts par le Premier ministre. A la tribune de la Chambre, dans la presse, dans la com’ du MR, sur les réseaux sociaux. Et peu à peu, ce slogan s’est concrétisé dans les chiffres. Mois après mois, année après année, le nombre de jobs créé s’est accumulé sur la table du gouvernement comme une pile de legos. On a commencé doucement: 40.000 emplois en 2015, puis 59.000 en 2016, 65.000 en 2017, 58.000 estimés pour 2018. Faites le compte: 222.000 emplois nouveaux ont été créés depuis le début de la législature, et 40.000 sont encore attendus en 2019 (d’après les dernières estimations de la BNB).

Autre indicateur parlant, le taux d’emploi, qui va passer la barre des 70% (70,1% précisément) en 2019. En début de législature, il n’était encore que de 67,2%. On s’approche donc doucement de l’objectif européen fixé à 73,2% pour 2020.

Le saut d’index aura permis aux entreprises d’économiser 2,6 milliards d’euros en coût salarial.

Parallèlement, le chômage a reflué. Le taux de chômage harmonisé (version Eurostat) est passé, sous la législature Michel I, de 8,6% à 6,3%. Fin octobre 2018, on ne comptait donc plus que 337.612 chômeurs complets indemnisés, plus de 100.000 de moins qu’en 2015 (458.642 chômeurs). Tout cela a évidemment eu un impact sur les dépenses de l’Onem, qui ont reculé de 30% sur la législature. une économie de 2,9 milliards d’euros.

Voilà pour les principaux chiffres. Mais ces résultats ne sont pas venus tout seuls. Le ministre de l’Emploi, Kris Peeters, aura probablement été l’un des plus productifs de ce gouvernement, multipliant les plans pour remplir la feuille de route que les quatre partis s’étaient fixés: "mener une politique de croissance visant à renforcer la compétitivité et assurer que les entreprises créent des emplois supplémentaires."

Des wagons de mesures

Et donc, comment s’y sont-ils pris? La première mesure qui a été prise dans ce sens, c’est le saut d’index (rabotant les salaires et allocations sociales de 2%), assorti par la suite d’une modification de la loi de 1996 sur la compétivité. Le saut d’index aura permis aux entreprises d’économiser 2,6 milliards d’euros en coût salarial, de quoi améliorer un peu leur compétitivité. A cela est venue s’ajouter la révision de la loi de 1996 cadrant les hausses de salaires. L’un dans l’autre – et tant qu’on y est, ajoutons-y aussi le tax shift , le handicap salarial qui pesait sur les entreprises depuis 1996 a pu être complètement résorbé. Reste encore à réduire le handicap salarial historique (datant d’avant 1996), évalué à 11% par la FEB.

En 2016, après avoir lancé une grande table ronde sur le "travail faisable et maniable" avec les partenaires sociaux, Kris Peeters a également sorti un plan "flexibilité du travail" décliné en 10 points. Il guidera une bonne partie de son action politique durant le reste de la législature. On y trouve, outre la réforme de la loi de 1996, des objectifs en matière de formation, une grande réforme du temps de travail (annualisation, assouplissement des heures supplémentaires, horaires flottants, télétravail, épargne sur les congés, intérim à durée indéterminée, starters jobs, travail de nuit dans l’e-commerce).

Toutes ces mesures ont contribué à faire grimper les statistiques des créations d’emplois. mais les chiffres ont régulièrement été contestés par les syndicats et l’opposition, ces derniers dénonçant une précarisation des emplois (la FGTB estime que 53% des emplois créés sont à temps partiel, 6% sont des emplois saisonniers ou intérimaires).

Kris Peeters ne s’est pas contenté de prendre des mesures pour stimuler l’emploi. Il a agi également sur l’autre levier, celui du chômage et de l’inactivité. Objectif: rendre le travail plus intéressant (financièrement), en jouant du bâton envers les inactifs.

Des restrictions ont été prises de manière à dissuader les prépensions (relèvement des conditions d’accès) et les interruptions de carrière. Le gouvernement Michel a aussi durci l’accès aux allocations d’insertion (limitation à trois ans, nouvelles conditions d’âge), ce qui a fait baisser drastiquement le nombre de personnes y ayant accès (entre 2015 et 2017, 43.000 personnes ont été exclues).

Charles Michel présente sa démission au Parlement

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