"Il faut choisir: ouvrir les frontières ou préserver notre système social"

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Une carte blanche dans 'De Morgen' signée Bart De Wever invite la gauche à faire un choix entre l'ouverture des frontières et le maintien de l'Etat providence. Le président de la N-VA craint que si les frontières restent à ce point poreuses, notre système de sécurité sociale ne puisse plus exister sous sa forme actuelle.

Offensive de la N-VA sur la question de l'immigration. Le président du pari nationaliste flamand s'est exprimé dans les colonnes du quotidien 'De Morgen', fustigeant "l'activisme de gauche" à la suite des opérations policières avortées le week-end dernier au parc Maximilien.

Pour rappel, dimanche soir, à l'initiative de la "Plateforme Citoyenne de soutien aux réfugiés", 3.000 personnes avaient formé une chaîne humaine entre le parc Maximilien et la gare du Nord à Bruxelles, en signe de protestation contre une opération de la police fédérale planifiée au parc bruxellois.

"Si nous rendons notre sécurité sociale disponible pour tout le monde, elle s'effondre."
Bart De Wever
Président de la N-VA

Bart De Wever qualifie cette initiative de "chantage" mené par "une industrie d'avocats de gauche, d'ONG et d'activistes qui ont trouvé leur fonds de commerce".

"Avec leur supériorité morale, ils font chanter le gouvernement d'une manière subtile. Car celui qui n'est pas d'accord avec eux doit être considéré comme une mauvaise personne", écrit encore le Bourgmestre d'Anvers, précisant que "ces ONG de gauche et des bourgmestres bruxellois travaillent de facto pour l'installation d'un deuxième Calais".

Du coup, le leader de la N-VA met les "bien pensants" devant un choix: "accueillir tout le monde et ouvrir les frontières ou maintenir notre système social à flot." Pour Bart De Wever le choix est vite fait, "si nous rendons notre sécurité sociale disponible pour tout le monde, elle s'effondre", démontre-t-il dans cette carte blanche.

Jan Jambon: "Les réfugiés font le choix de l'illégalité et doivent en payer les conséquences"

Invite dans la matinale de Bel RTL, le ministre de l'Intérieur est aussi revenu sur la question des migrants du Parc Maximilien. Selon Jan Jambon (N-VA), "les gens qui aident les migrants au parc Maximilien se trompent. Ils aident des illégaux qui refusent de demander l'asile."

 

Les réactions politiques n'ont pas tardé. Pour le parti Groen, Bart De Wever organise une concurrence entre les réfugiés, les malades, les pauvres et les retraités. Meyrem Almaci a ainsi demandé à l'homme fort d'Anvers de mettre un terme à cette "démagogie dangereuse". En réalité, la sécurité sociale n'est pas mise en danger par les réfugiés mais par les politiques d'économie du gouvernement, ajoute-t-elle. "Ce ne sont pas les réfugiés qui sont responsables des pensions plus basses, de la hausse des factures et des prix des médicaments, mais bien la N-VA."

"Il fait peur aux citoyens en prétendant qu'il faut choisir entre l'un ou l'autre mais que les deux options sont incompatibles."
Alexis Deswaef
Président de la LDH

Le sp.a et le PS ont également désapprouvé les propos de Bart De Wever.

Même son de cloche à la Ligue des Droits de l'Homme. "Bart De Wever résume une problématique éminemment complexe en choix dual entre l'ouverture des frontières ou le maintien de notre État-providence. Il fait peur aux citoyens en prétendant qu'il faut choisir entre l'un ou l'autre mais que les deux options sont incompatibles", estime le président de la LDH, Alexis Deswaef. "Les mesures d'austérité imposées par la N-VA ont considérablement affaibli la sécurité sociale. Il fallait dès lors oser se poser en grand défendeur de celle-ci. Bart De Wever utilise un argument populiste qui fait mouche: faire peur au contribuable qui paie des impôts".

Pour Mehdi Kassou, porte-parole de la plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, "Bart De Wever est prisonnier d'une vision monomaniaque de la question migratoire mais se rend compte qu'aujourd'hui, il n'est plus suivi et que le vent tourne. L'épouvantail de l'effondrement de la sécurité sociale qu'il agite, n'a aucune rigueur scientifique."

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