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Chronique | Dernière

Voilà, c’est fini. (Cette phrase est parfaitement exacte, si vous la lisez à partir de dimanche 23h45.) Je ne vais pas pleurer, il y a eu bien trop de larmes dans ce p’tit tournoi de foot.

Neymar, vertèbre cassée mais d’aplomb sur ses deux pieds, en visite jeudi à ses coéquipiers auriverde, en a remis une couche. "À deux centimètres près, je pourrais être en fauteuil roulant aujourd’hui", a-t-il sangloté. Dis fieu, tu pourrais pas laisser les larmes à tous ceux qui n’ont pas eu ces deux centimètres de marge? Ras-le-bol à la fin de ces atermoiements, de ces effusions aqueuses de sportifs de haut niveau. Remarquez qu’en fait, il y aurait de quoi se réjouir. Personne (ou presque) ne conteste que les footballeurs sont des hommes, des vrais. Et pourtant, ça pleure, ça s’épile, ça se coiffe, ça soigne son style, ça se saute dans les bras, ça se fait masser, ça file chez le coiffeur dès le boulot terminé (hein, Fellaini)… Toute chose qu’avec le grand soin que notre société sait prodiguer aux clichés, on attribue, en général, à la gent féminine. Les footballeurs prouvent donc que ça n’a rien d’exclusivement féminin. Les footballeurs sont de puissants moteurs pour l’avancée de l’égalité entre femmes et hommes. Sacré enseignement que je tire de cette Coupe du monde.

Mais j’ai tant appris en un mois, que j’en ai le vertige (j’exagère, comme me l’ont appris ces sportifs à la douleur d’autant plus fulgurante qu’elle est imaginaire). Avant tout, bien sûr, que les Belges sont capables d’un élan national. Mais aussi que le plus génial peut être celui qui en fait le moins: Messi est ainsi l’un des joueurs qui courent le moins, attendant juste d’avoir le ballon dans les pieds pour l’envoyer direct dans le but. Wilmots nous a enseigné que le foot ne se joue pas à onze, mais à onze + le banc. Et je dirais même plus, avec l’infirmerie: les joueurs blessés pendant leur saison, obligés au repos, ont pu faire des merveilles. Dans ma besace de savoirs tout frais: les mi-temps se détectent aux pics de chasse d’eau, être blonde, belge, supportrice et porter un bonnet de diable peut te faire décrocher un contrat chez L’Oréal, Shakira est colombienne, le staff technique des Diables n’a pas droit à un costume pour saluer le roi et la reine des Belges, le ballon de foot n’est pas en cuir et c’est un icosaèdre tronqué, quand les Brésiliens perdent, ils pleurent.

Moi aussi, en fait, j’ai des larmes qui me montent. Mais de rage. Au concours de pronostics de L’Echo, j’ai joué non pas avec ma raison, mais avec une âme de justicière. Les petits pays gagnaient face aux grands, le Sud face au Nord, la Belgique face à tous. Eh bien les beaux sentiments ne paient pas! Je termine - attendez, j’avale ma salive, j’ai la gorge serrée - dernière. Comble de l’humiliation (le 7-1, c’est bien peu de chose à côté), apprenez que le lot de consolation pour la tache de service, c’est un bidon de lessive!..

Pour laver ce déshonneur, rendez-vous à la prochaine Coupe du monde, dans un an. Oui, dans un an. Organisée par la Fifa, au Canada, pendant un mois du 6 juin au 5 juillet 2015 avec les représentantes de la moitié de la planète: les footballeuses.

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