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Chronique | Pauvres Allemands

©Photo News

Les pauvres Allemands! Comme je les plains! Ils sont responsables de la peine de leur pays hôte, de leur pays à eux et des pays du monde entier.

Battre l’équipe du Brésil, c’est toujours une fierté, mais là? En dehors de la satisfaction, toute légitime, à être en finale, quelle joie, quel plaisir les Allemands peuvent-ils éprouver à avoir battu une Seleção absente, fantôme, l’ombre d’elle-même? Savourer leur victoire, justifiée, se fait au prix d’un arrière-goût métallique en bouche, celui du sang de l’humiliation publique. 7-1. Dont trois buts en 180 secondes. Ce sont les joueurs brésiliens qui se prennent la claque et c’est tout le monde qui a la joue rouge. Car on est tous assommés. Ca fait toujours cet effet-là, un géant qui s’effondre. Le ciel belge, toujours prompt à s’endeuiller, pleure toutes les larmes de son corps céleste. Sous ce ciel, les Belges se rendent compte que même sans les Diables, l’enfer est là.

Ca n’était jamais arrivé, mais Rédac’ chef s’est assuré que j’étais au courant de Brésil-Allemagne. Remarquez, il a bien fait, j’avais eu connaissance du score 10 minutes avant. Il était 10h30 hier matin… Il voulait un chroniqueur qui ne s’intéresse pas au foot, là, il est servi. Non, je n’ai pas regardé Brésil-Allemagne. Le nano-hooligan m’a accaparée: il avait joué au supporter qui a bu 25 litres de bière. Mais en fait, je ne regrette pas de ne pas avoir vu ce match. Ca m’évite ce sentiment d’impudeur, de gêne, de voyeurisme que ressentent ceux qui ont assisté à cet effondrement d’un colosse au mental d’argile.

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On ne m’ôtera pas de l’idée - ça sert aussi à ça le foot, non? À avoir des opinions à l’emporte-pièce, un avis sur tout - que l’entraîneur y est pour beaucoup dans cette débâcle. Oh pas pour ses choix de sélectionneur, ça je n’y connais fichtre rien. Mais manifestement il n’a pas su faire rempart, avec son staff, à la pression qui pesait sur les joueurs de l’équipe nationale. Un peu de pression, c’est bien, ça gonfle à bloc. Trop de pression, et ça éclate. Les larmes des joueurs pendant Brésil-Chili, la psy appelée d’urgence, le maillot vide de Neymar-la-star-à-l’hosto qui passe de main en main pendant l’hymne national lors de Brésil-Allemagne: ils avaient déjà franchi la stratosphère, les Brésiliens, avant d’être pulvérisés par les Allemands. C’est vingt ans de thèses en socio, en psycho, en histoire du sport, en management que la Seleção vient d’ouvrir.

[Suivez Cécile Berthaud sur Twitter en cliquant ici]

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