interview

Juliette Armanet, mieux que bonne copine

©rv doc

Déjà, pour commencer avec Juliette Armanet, on était d’accord sur un point: les gens qui trouvent que tout va toujours bien et ne se plaignent jamais sont agaçants. Et puis, après, on s’est trouvé plein d’autres points d’entente. À 33 ans, la jolie Juliette fait partie des chanteuses françaises qu’on aime en 2017.

Le premier à nous avoir parlé de cette Parisienne à frange est Julien Doré. "Dans l’immeuble où j’ai emménagé un été, il y a une cour. Je jouais du piano, les fenêtres ouvertes. Et la musique résonnait. À une autre fenêtre, il y avait un jeune homme, musicien, lui aussi. Il m’a invitée à prendre une bière. Il est bassiste pour Julien Doré et m’a fait rencontrer Julien qui m’a embarquée sur sa précédente tournée et m’a donné beaucoup de conseils. Je le trouve extrêmement pro et hyper précis dans ce qu’il veut." Julien l’a fait même chanter sur son album "Esperluette". Plus jeune, Juliette voulait être chanteuse ou journaliste. "J’ai travaillé sept ans chez Arte. J’ai réalisé une dizaine de documentaires pour les soirées Thema et j’ai fait un peu de radio sur France Culture. Je traitais le plus souvent de sujets de société comme l’éducation des enfants en Suède." Cela ne l’empêchait pas de poursuivre sa passion pour la musique qu’elle avait chopée à quinze ans. "Mes parents sont tous deux pianistes. Ma mère pianiste classique, mon père pianiste de jazz. Chez moi, cela jouait tous les jours." Ensuite, Juliette a entamé des études de lettres et fait un peu de théâtre. Il a fallu un moment avant qu’elle ne soit repérée par un grand label et sorte cet album, "Petit amie", qui nous vaut cette rencontre.

Juliette Armanet - L’Amour en Solitaire

La vie intense

Pour certains, Juliette est la fille cachée de Sanson et Sheller, pour d’autres, une héritière de Barbara. Elle estime venir, en droite ligne, de la variété des années 70 et 80, qui va de Christophe à Michel Berger ou de Voulzy à Sheller. "De belles mélodies populaires et élégantes, de beaux textes sensibles et sincères avec un humour pas trop premier degré. Et de l’honnêteté." Pour la chanteuse, l’honnêteté, c’est accepter le risque de se dévoiler. Ce qui n’est pas un petit risque. "Mais ça vaut le coup. Moi, j’aime la vie quand elle est intense."

Juliette Armanet - "Petite Amie" / Universal Music ©rv doc

"Petite amie", tel est donc le titre de son premier grand album. "Je suis la petite amie de l’amour. J’aime aimer. J’aime l’amour dans tous ses états. Je suis l’amie des gens drôles, fantasques et généreux. Et je ne suis pas l’amie des gens radins, violents et haineux."

Juliette estime qu’on ne doit pas craindre ses émotions même quand elles sont un peu noires. "Il faut accueillir les émotions qu’on a. Je n’aime pas le déni. Quand on a des peines de cœur, mieux vaut ne pas les éluder trop rapidement." De toute façon, tout cela donne de bonnes chansons. "Comme disait Gainsbourg, c’est monstrueux ce qu’il faut traverser comme épreuves pour écrire une chanson de deux minutes trente."

Une ado des nineties

Bien que passionnée par les années 70-80 et leur côté naïf (selon elle), Juliette est une ado des années 90. Les premiers disques qu’elle a achetés, c’était ceux de Björk, d’Ophélie Winter, de Chet Baker, d’Eric Carmen. "Ophélie Winter, c’était une vraie créature étrange. Elle avait un physique incroyable et un vrai bagout. Elle envoyait! Les productions de certaines de ses chansons étaient vraiment excellentes", trouve-t-elle. Juliette a une chanson qui s’appelle "Star triste", mais elle ne désigne personne en particulier. Entre nous, le morceau fait un peu penser à du Balavoine. "J’ai failli appeler mon album comme ça, mais cela n’aurait pas été un bon signal."

Juliette aime certaines choses désuètes comme les cartes postales. Elle avoue ne pas être "hyper de son époque". Mais bon, elle n’est pas non plus une jeune réac. La preuve, elle a fait une reprise qui tue de "I Feel It Coming" de The Weeknd. "Je ne sais pas pourquoi c’est plus choquant une femme qui dit: 'Je te sens venir'", se demande-t-elle.

"Quand on a des peines de cœur, mieux vaut ne pas les éluder trop rapidement."

Lors de son passage à Bruxelles, Juliette est passée d’un monde à autre. Soit à l’art déco du Musée van Buuren à Uccle au style futuriste façon Expo 58 de l’Atomium. Et au Musée van Buuren, elle a eu l’occasion de jouer sur un piano qu’avait bien connu Erik Satie, lui-même. "C’est drôle de passer d’un lieu comme celui-ci à l’Atomium. C’est une journée fantaisiste avec un côté retour au futur", s’amuse-t-elle. Et ça valait bien la peine de se lever tôt…

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