L'enchanteuse

©Hollandse Hoogte / Alex Vanhee

Avant la sortie de "Lilies", son nouvel album, Mélanie de Biasio sera, le 1er août, au Moods! à Bruges. Elle est l’une des très rares artistes francophones à séduire le public flamand.

"Gold Junkies", premier single extrait de "Lilies", l’album qui paraîtra le 6 octobre, révèle une autre facette de Mélanie. C’est que la belle italo-belge n’a pas encore dévoilé tout son talent, ni toutes ses facettes. Depuis 2013 et le succès, aussi bien critique que public, de l’album "No Deal", la native de Charleroi a vu sa vie changer. De l’ombre, qui lui plaît pourtant beaucoup, elle est passée à la lumière. Mais jamais à la surexposition.

Tranquillement et sûrement, Mélanie suit sa route. L’an passé, elle a livré "Blackened Cities", un E.P. hors format d’une durée de 25 minutes. "Pour cet album, la formule est venue à moi. Je l’ai nourrie, portée, chérie. La musique avait tellement de sens et me faisait tant de bien! Je me suis dit: ‘Faisons fi des formats d’aujourd’hui.’ Tout est en train de péricliter, donc autant tabler sur ce qui est véritable. Cela nous pousse au dépassement. Ma firme de disques a compris pourquoi je venais avec cette chose ‘ovniesque’. Et il n’y avait qu’elle pour comprendre et porter ce projet." Cet album lui a valu, début 2017, le d6bels Music Award récompensant le meilleur auteur compositeur et le MIA (prix attribué en Flandre) du meilleur artwork pour la pochette de disque. "Blackened Cities" a été certifié disque de platine.

L’axe Charleroi-Bruxelles

Mélanie démarre la création de ses chansons toujours seule. "Je suis solitaire sans être dans la solitude. J’ai besoin de l’autre. Ce qu’on peut faire, c’est essayer de travailler sur la relation qu’on a avec la solitude, plutôt que sur l’état. Alors là, cela devient intéressant", dit-elle. Ainsi pour la création de "Lilies", le nouvel opus, elle a choisi de retourner dans sa "cave" comme elle dit. Mais elle aurait pu s’offrir un grand studio… La simplicité et la vérité sont certainement des choses qui attirent l’artiste. "Si j’avais pensé carrière, je n’aurais pas fait cette carrière-là. En tout cas, je ne fais pas de la musique pour faire une carrière. Je pense que cela m’ennuierait profondément", affirme-t-elle.

Née au pays de Charleroi, Mélanie en a gardé sa part d’authenticité. "Je suis faite de ce terreau-là. Avec tout son contraste, sa rugosité et en même temps, sa chaleur et sa bienveillance." Elle vit, depuis quelques années, à Bruxelles. "C’est un endroit stratégiquement super. J’habite devant la Gare du Midi. Je saute dans un train, je prends l’avion, je reviens. C’est formidable pour créer, Bruxelles. Il y a une dimension humaine." Et quand l’appel de la nature se fait sentir, Mélanie enfourche son vélo et va se balader en Forêt de Soignes.

Une fille au sang chaud

Melanie De Biasio - Gold Junkies

Quand on lui demande si elle est italo-belge ou belgo-italienne, la réponse n’est pas longue à attendre. "Belge tout court. L’italien fait partie du belge. Je me sens surtout belge, mais ma façon de cuisiner est italienne. Je suis une fille au sang chaud, même si j’aime l’ombre en été. Mais je suis une zinneke comme nous tous. Et j’aime le surréalisme belge et ce côté hors format. C’est quelque chose que je ne rencontre pas ailleurs." L’été rime, pour Mélanie, avec l’Italie. "Nous y avons une maison de famille, dans la montagne. J’aime m’y promener. Je sens que mes racines sont là-bas. Plus que tout, j’aime la fraîcheur de l’été. Le soleil, mais pas à pleins feux", précise-t-elle.

Discrète, Mélanie dit peu de chose sur sa vie privée. Mais l’amour est son fuel. "C’est ma base de vie. Je ne peux rien faire sans cet ingrédient. Cela peut se cristalliser sous plein de formes. Et cela résume bien ma quête et ma motivation. Mais ce n’est pas confortable, l’amour. Il faut être prêt à accepter beaucoup de choses et même l’inacceptable. L’amour se voit dans les yeux d’un enfant, d’un vieillard. En tout cas, tu le reconnais quand il est là."

On tour

Le talent particulier de Mélanie a su séduire et convaincre Gilles Peterson, un Français basé en Angleterre, qui officie sur BBC Radio 6 Music et fait figure d’influenceur. Selon lui, Mélanie est l’une des artistes les plus excitantes du monde du jazz. Avec un tel éloge, pas étonnant que la chanteuse voie s’ouvrir devant elle les portes de certaines salles de concerts en Angleterre, notamment celles du Scala de Londres, où elle se produira le 16 octobre prochain. Sa tournée passera bien sûr aussi par la France, la Suisse, l’Allemagne et les Pays-Bas. Chez nous, c’est à l’AB, à la fin de l’année, que s’arrêtera son "Lilies Tour". Nul doute que cette date-là sera très vite sold out…

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content