Suarez, l'image de Marc

©Marine Dricot

Marc Pinilla, le frontman de Suarez, appartient au cercle restreint des artistes et producteurs ayant le vent en poupe. Son groupe sort un quatrième album et il garde quelques plages horaires pour travailler le nouvel Alice On The Roof, sa protégée devenue star.

Il fait prévenir qu’il aura un peu de retard suite aux embarras sur la route entre Mons et Bruxelles. Mais, en guise de retard, Marc Pinilla n’aura qu’une dizaine de minutes. Il semble en forme et hypercool pour quelqu’un dont l’emploi du temps est juste un peu dingue. Entre la sortie de "Ni rancœur, ni colère", le quatrième opus de Suarez, le boulot de producteur pour Alice On The Roof et les émissions de "The Voice Belgique", Marc n’a pas le temps de souffler. Mais c’est tranquillement en épluchant une mandarine qu’il répond à nos questions…

Un quatrième album pour un groupe francophone belge, c’est plutôt rare. Qu’en pensez-vous?

Je travaille avec des gens qui sont sages et bienveillants. Ils veulent y arriver autant qu’au premier jour. Et moi aussi. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est de faire évoluer le projet. Un 4e album est plus "challengeant" qu’un 3e. On se demande comment ne pas saouler les gens avec toujours la même chose et ne pas être trop différents pour ne pas les heurter. Je suis plutôt fier de celui-ci. Il est plus orienté chansons.

Et plus ça va, mieux ça va?

Je n’ai jamais été aussi angoissé sur un album que sur celui-ci. J’ai peur qu’il n’ait pas l’écho que j’aimerais. On a fait un album avec des tranches de vie. Des chansons suffisamment élégantes pour qu’elles parlent aux gens. Jusque-là, on allait plutôt droit au but, avec des gimmicks qui arrivent d’entrée. C’est peut-être moins "easy listening", aujourd’hui, mais c’est un parti pris. On a voulu travailler avec de nouveaux paroliers, tels Barcella. Un des moteurs de la production était de vouloir des chansons qui puissent être chantées et racontées. Ce n’est pas une sonorité qui nous a dirigés vers une chanson, mais l’inverse.

Pour arriver à comprendre qu’une bonne chanson fonctionnait avec une voix et une guitare ou un piano, ne vous a-t-il pas fallu des années?

C’est en travaillant sur le projet d’Alice On The Roof qu’on l’a compris. Si on veut avoir une bonne chanson, il faut qu’elle puisse exister avec le moins possible. Mais je ne renie pas ce qu’on a fait dans le passé et qu’on continue à jouer en concert. Il y a beaucoup de fêtes sur les précédents albums.

Il y a une surprise sur ce disque: la reprise, en duo avec Alice On The Roof, de "L’Amour à la plage" de Niagara. Pourquoi ce morceau-là?

"Ce n’est pas une sonorité qui nous a dirigés vers une chanson, mais l’inverse."

La reprise d’un morceau connu est devenue une tradition chez nous. C’est un truc un peu ludique. Quant au choix, je voulais une chanson qui me laisse de la liberté dans la réinterprétation. J’ai un rapport très bizarre avec le répertoire des années 80. C’est celui que j’entendais quand j’étais petit. J’ai de très mauvais souvenirs de ces chansons. Cela me rappelle des soirées interminables où les adultes s’amusaient et moi, je voulais juste aller dormir. A posteriori, c’étaient de bonnes chansons pourtant. J’ai réécouté cette chanson et l’ai trouvée très bien. On a pu faire une reprise originale et minimaliste.

La tradition du cantante...

Cet album ressemble à un traité sur l’amour.

©rv doc

L’amour, c’est un thème universel que j’adore chanter. On passe des moments tragiques à des moments de bonheur. L’amour ne peut pas rester éternellement triste.

Vous êtes peut-être un grand "latin lover"?

Peut-être. Il y a dans ma famille, mi-italienne, mi-espagnole, une tradition de cantante. Alors, cela vient sans doute de là. Je ne la renie pas.

Avez-vous été inspiré par des chanteurs italiens?

Quand j’étais petit, je voulais être comme Claude Barzotti. Je voulais même avoir ses cheveux! (Rires.) Eros Ramazzotti et Lucio Battisti font partie du patrimoine. Je ne peux pas vous expliquer pourquoi mais j’adore "Je suis rital et je le reste" de Barzotti.

Le fait de produire Alice On The Roof a-t-il enrichi votre travail au sein de Suarez?

Complètement. Je lui ai donné tous les meilleurs conseils que je pouvais. Et ils proviennent des leçons que j’ai tirées de mes erreurs. J’ai donc pu faire le point sur ce que j’avais mal fait. Alice, c’est un peu mon miroir.

Est-ce pour trouver une autre Alice que vous poursuivez votre mission de coach au sein de "The Voice Belgique"?

Peut-être pour provoquer le destin... Mais je ne suis pas à l’affût.

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