33 à 344 millions de soutien aux centrales au gaz

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Pour 3.600 MW de nouvelles centrales au gaz après 2025, il faut un subside de 101 à 344 millions par an, selon PwC. Le coût peut être ramené entre 33 et 141 millions avec un mix de nouvelles centrales et de centrales existantes.

La sortie du nucléaire en 2025 fait toujours débat. Mais quelle que soit la décision finale du gouvernement Michel (ou du gouvernement suivant), la Belgique aura besoin de centrales au gaz après 2025 pour assurer son approvisionnement en électricité – même si, bien sûr, l’ampleur des besoins varie selon que l’on prolonge ou non certains réacteurs.

Le problème? Les prix de marché ne permettent ni d’assurer le maintien des centrales au gaz existantes, ni de créer le climat nécessaire pour assurer l’investissement dans de nouvelles centrales au gaz.

À la demande de la ministre fédérale de l’Energie Marie Christine Marghem, le consultant PwC s’est penché sur le sujet. Il s’agit d’une étude commandée il y a plusieurs mois, et qui comporte deux volets:
• le premier pour étudier le mécanisme de soutien le plus adapté au contexte belge. Ce volet est en voie de finalisation, mais PwC a déjà présenté les résultats sur le coût du soutien nécessaire à ces centrales au gaz au cabinet, résultats que L’Echo a pu consulter.
• le deuxième pour déterminer ses modalités concrètes.

"Les anciennes centrales au gaz pourraient être profitables sans aide."
PWC

Les conclusions du rapport?

Selon les hypothèses choisies, le soutien nécessaire pour 3.600 MW de capacité peut être évalué entre 33 et 344 millions d’euros par an.

→ Le premier scénario table sur de nouvelles capacités. Il est bien entendu possible de retenir des hypothèses plus ou moins optimistes, notamment en termes d’heures de fonctionnement ou de "clean spark spread", le baromètre de la rentabilité des centrales au gaz, basé sur les prix de l’électricité, du gaz et du CO2.

→ Le milieu de la fourchette conduit à un support annuel de 28.100 euros par MW par an, soit un coût total annuel de 101 millions d’euros par an pour 3.600 MW.

→ Avec des paramètres plus pessimistes, ce soutien grimpe à 96.600 euros par MW, soit 344 millions d’euros par an au total.

Moins cher de prolonger

Mais PwC a étudié une deuxième hypothèse: les besoins restent de 3.600 MW, mais les deux tiers d’entre eux sont couverts par la prolongation de centrales au gaz existantes.

Dans ce cas, le support total annuel n’est plus que de 33 millions. "Ce montant est faible, car les anciennes centrales pourraient être profitables sans aide", explique PwC. Même avec des paramètres plus pessimistes, le support total n’atteint que 141 millions d’euros pour les dix premières années, puis baisse ensuite.

Une précision importante: ces 3.600 MW, c’est le besoin en centrales au gaz chiffré par le gestionnaire de réseau Elia en novembre en cas de sortie totale du nucléaire. Dans ce scénario, le professeur Johan Albrecht chiffre lui les besoins à 8.000 MW en 2025 – le double de la capacité existante actuelle. Un besoin qui diminue selon lui à 6.100 MW en cas de prolongation de deux réacteurs.

Son étude ne se penche par contre que très brièvement sur le subside nécessaire pour ces centrales au gaz, citant juste une fourchette allant de 102 à 339 millions d’euros selon les scénarios (sans nucléaire, ou avec prolongation de 2, 3, 4 ou 6 réacteurs). Bref, des estimations qui étrangement se rejoignent, mais sur la base de besoins estimés très différents.

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