Plan de relance pour l'économie du futur: biotechs, nucléaire ou alimentaire au menu

Le plan de relance demande 25 millions pour la construction au SCK-CEN (Centre d'étude de l'énergie nucléaire de Mol) d’une installation destinée à développer des techniques permettant de minimiser la quantité de déchets radioactifs générés par le démantèlement des centrales nucléaires. ©BELGA

Former aux métiers de demain, soutenir la recherche et l'innovation dans des domaines-clés et favoriser l'économie circulaire: c'est le dernier axe du plan de relance.

On le sait, le taux d’emploi en Belgique est faible: en 2019, 65,3% seulement de la population en âge de travailler était occupée en Belgique, contre 69,3% en moyenne dans l’Union européenne. Le plan de relance veut dès lors s'atteler à la formation des jeunes aux métiers de demain et préparer les travailleurs aux mutations à venir en matière d’emploi.

Total: 1,002 milliard

  • 364 millions pour la formation et le marché du travail   
  • 440 millions pour le soutien à l’activité économique
  • 198 millions pour l’économie circulaire

Innovation et école des biotechs

La Wallonie demande plus de 86 millions d’euros de fonds européens pour A6K-E6K, le hub d’innovation et de formation numérique et technologique qu’elle veut implanter sur le site de Caterpillar pour stimuler l’innovation et fournir un vivier de talents aux entreprises et près de 25 millions pour une école européenne dans les biotechs au Biopark de Gosselies pour couvrir les besoins du secteur en termes de main-d’œuvre qualifiée. Les montants ont été quelque peu rabotés, mais les projets demeurent. Ils devraient être finalisés en 2026.

La Wallonie demande plus de 86 millions d’euros de fonds européens pour A6K-E6K, le hub d’innovation et de formation numérique et technologique qu’elle veut implanter sur le site de Caterpillar .

Elle prévoit aussi un upgrade des bâtiments de sept grands centres de formation, comme Cefochim, Technocité ou Technifutur, ainsi que la création d’un centre des éco-technologies à Mons (83,7 millions).

La Flandre mise moins sur les bâtiments et davantage sur les compétences, avec son «offensive d’apprentissage et de carrière» pour laquelle elle demande près de 70 millions de fonds européens dans le cadre du plan de relance. Un projet qui prévoit notamment de financer des tests de vérification des compétences dans les petites entreprises et la mise à disposition des secteurs en croissance de personnel venu des secteurs en difficulté.

La Région de Bruxelles-capitale, elle, demande 15 millions pour relancer le marché de l’emploi au moyen de trois outils: un outil de gestion en ligne des bénéficiaires des dispositifs d’aide à l’emploi ou de formations, la création d’un Fonds régional d’accompagnement des travailleurs en cas de restructuration ou faillite, et une plateforme dynamique d’information sur le marché du travail pour soutenir la reconversion vers les métiers en pénurie.

La Flandre veut aussi donner un boost à l’e-learning avec Digital Skills (près de 42 millions), tandis que la Wallonie veut réduire la fracture numérique avec son projet Life Long Digital Training (42 millions).

Des radioisotopes contre le cancer

Le Fédéral veut soutenir le centre d'étude de l'énergie nucléaire de Mol (SCK-CEN) dans la recherche en radioisotopes pour lutter contre le cancer et l’IRE pour développer une technologie qui réponde aux défis d’approvisionnement en Mo-99, utilisé dans 80% des procédures d’imagerie médicale (35 millions). Il prévoit aussi un appel à projets dans l’aéronautique et le spatial pour développer des technologies de pointe et durables (35 millions) et la construction au SCK-CEN de Mol d’une installation destinée à développer des techniques permettant de minimiser la quantité de déchets radioactifs qui sera générée par le démantèlement des centrales nucléaires (25 millions).

35 millions
pour les radioisotopes
Le Fédéral demande 35 millions pour soutenir le SCK-CEN dans la recherche en radioisotopes pour lutter contre le cancer et l’IRE pour développer une technologie qui réponde aux défis d’approvisionnement en Mo-99.

La Wallonie se concentre sur la relocalisation alimentaire, avec notamment le développement de plateformes logistiques pour permettre le développement de nouvelles filières basées sur les circuits courts (62 millions).

La Flandre, elle, mise très gros sur la recherche, le développement et l’innovation en matière de digitalisation, de durabilité et de santé, avec un projet de pas moins de 280 millions qui combinera soutien à la recherche dans des niches où la Flandre excelle, développement d’innovations communes à plusieurs secteurs ou développement de grandes infrastructures de recherche.

Diminuer la demande en matières premières

Fédéral, Flandre et Wallonie ont également des projets en matière d’économie circulaire. Le plus ambitieux? Celui de la Wallonie (près de 114 millions) qui vise notamment à diminuer de 25% la demande en matières premières de la Wallonie d’ici 2030 par rapport à 2013.

La Wallonie vise à diminuer de 25% la demande en matières premières d’ici 2030.

Le premier volet du projet se concentre sur la recherche et le développement dans la métallurgie et les matériaux de construction, pour favoriser la réutilisation, l’upscaling et le recyclage. Le deuxième volet constitue en des appels à projets ciblés pour développer par exemple des ressourceries ou des matériauthèques. Le troisième volet vise à établir un centre d’excellence en matière de support opérationnel aux avions commerciaux (lire ci-contre).

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