Plan de relance: rattraper le retard digital belge

La 5G figure en bonne place dans le volet digital du plan de relance avec une mise en service prévue pour 2025.

Digitalisation des services publics, cybersécurité et 5G sont au menu du volet digital du plan de relance belge.

Avec quelque 756 millions d'euros consacrés à la "transformation numérique", le plan de relance belge entend au moins partiellement rattraper un retard accumulé dans trois domaines d'action: la cybersécurité, la digitalisation des services publics et le développement de la 5G et du réseau de fibre optique. Ainsi, si le développement du numérique est considéré comme une opportunité à saisir en termes de développement économique et de service public, il comporte également son lot de risques connus ou "peu maîtrisés", lit-on en substance dans le draft envoyé début avril à la Commission européenne.

756,6 millions au total

78,8 millions pour la cybersécurité

 575 millions pour l’administration publique

 102,8 millions pour la fibre optique et la 5G

Se protéger et se spécialiser

La Belgique a clairement décidé de mettre le paquet sur la cybercriminalité, d’abord pour se protéger, ensuite pour développer un véritable pôle de compétence dans le domaine. "La cybercriminalité est le délit économique le plus courant en Belgique, expose-t-il. Que ce soit via l’utilisation de menaces d’hameçonnage (phishing), de logiciels malveillants ou encore par l’intermédiaire de scannage de réseaux, près de deux tiers des organisations belges ont été victimes de criminalité économique au cours des deux dernières années."

Les projets se déclinent donc au niveau des missions de l'État avec des projets visant à adapter les systèmes de défense vis-à-vis du crime organisé ou du terrorisme à la technologie 5G. Idem pour le traçage de véhicules ou encore l'interception des communications dans le cadre des enquêtes judiciaires. Ce volet avale 79 millions d'euros. Les entreprises ne sont pas oubliées.

575 millions pour le public

De gros efforts sont annoncés pour la digitalisation de services publics fédéraux qui accusent un certain retard en la matière, avec la Justice (85 millions) en priorité mais pas seulement. ONE (31 millions), Afsca (10 millions) et Bozar (8 millions) sont notamment visés. La gestion de crise aussi, Covid oblige, avec une enveloppe de 16 millions.

31
Millions d'euros
Le plan de relance prévoit une enveloppe de 31 millions d'euros pour la digitalisation de l'ONE.

En matière de santé également, il s'agira de simplifier les rapports du citoyen avec l'État via une plateforme unique. Simplifier, mais aussi rassurer après les récentes polémiques liées à la protection des données de santé des Belges. Ehealth reçoit  40 millions. "Nous voulons introduire les téléconsultations de manière durable, en tenant compte de l'accessibilité et de la convivialité pour les utilisateurs, de la sécurité de l'information et des possibilités techniques d'échange de documents entre le patient et le prestataire de soins", dit le plan. Celui-ci demande 575 millions d'euros à l'Europe pour atteindre ces objectifs. Dans cette enveloppe, 120 millions sont prévus pour les services publics flamands, 48 pour la Wallonie et 40 pour la Région de Bruxelles-capitale. 

5G et fibre optique pour tous

Pour la 5G et la fibre optique, la relance belge prévoit des investissements qui devraient dépasser les 200 millions d'euros mais dont une centaine seulement seraient couverts par le projet proposé au subside européen. Objectif général: "Améliorer la connectivité du territoire national en poursuivant le développement des réseaux de fibres optiques à très haut débit, mais aussi développer les corridors 5G permettant un accès universel et abordable à la connectivité dans toutes les zones urbaines et rurales." Le plan vise notamment à réduire le déficit en investissements haut débit dans les zones éloignées des centres urbains.

"Les grands axes routiers et ferroviaires devraient avoir un accès 5G ininterrompu."

Outre un plan national de déploiement de la 5G, la Wallonie prévoit de relier "tous les principaux moteurs socio-économiques". Sont cités les écoles, les centres logistiques, les services publics et les "entreprises à forte intensité numérique". Pour l'école, la Wallonie travaille à un modèle générique d'équipement à la 5G sur une base centralisée. "Les grands axes routiers et ferroviaires devraient avoir un accès 5G ininterrompu", lit-on encore. La Wallonie projette également de relier ses 35 parcs publics d'activité économique au réseau de fibre optique.

Simplification en vue pour les entreprises

Ce plan de relance est épais de près de 500 pages. La transformation numérique en mobilise une petite centaine desquelles peuvent être extraits des services très concrets et des améliorations futures pour les entreprises et les indépendants en matière de sécurité et dans leur relation avec l'administration. Ici, digitalisation rime avec simplification. On va détailler ici quelques projets qui le méritent.

Le plan annonce la création d'un site web "présentant un cyberscan permettant aux indépendants, TPE et PME débutants de rapidement identifier les points à améliorer en matière de cybersécurité". Cette information s'étend aux marchés publics et aux appels à projets relatifs à l'amélioration de la cybersécurité des entreprises. À pointer, le système Beguard "qui avertira les utilisateurs professionnels de manière ciblée des vulnérabilités et des infections informatiques". Il sera doublé d'un portail pour l'enregistrement des sites web des entreprises belges et de "la distribution de certificats de validation étendue" en matière de cybersécurité. Sera publié un questionnaire en ligne destiné à l'évaluation de "la maturité cyber" des entreprises avec un paquet de recommandations. Des plateformes anti-phishing sont également programmées.

La création d'entreprise simplifiée

Belle promesse ! "L'ensemble de la procédure de création et de gestion d'une entreprise est simplifié sur la base de formulaires électroniques uniques d'initiation avec la Banque Carrefour des Entreprises (CBE) comme source authentique centrale", prévoit le plan. Qui annonce également une base de données centrales destinée à toutes les données de carrière des indépendants, avec leurs droits et obligations, dans le cadre de la digitalisation des services de l'Inasti. Ce projet permet "non seulement de poursuivre l'automatisation des processus décisionnels, mais aussi de monitorer la fraude".

Cette base de données doit permettre la création d'une plateforme pour la sécurité sociale des indépendants rassemblant tous les formulaires et comprenant un dossier individuel consultable à tout moment pour chacun d'entre eux. Ce projet "offre de la transparence, contient les pièces utiles et simplifie donc les tracasseries administratives pour l'indépendant, qui peut en outre recevoir des conseils personnalisés via cette plateforme", précise le plan.

Encore au menu: une "gestion numérique des comptes pour chaque entreprise" devant "digitaliser les flux financiers entre la sécurité sociale et les entreprises et les intermédiaires éventuels".

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