Les échafaudages du Palais de justice sortent du plan de relance

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Le gouvernement fédéral et Bruxelles ont procédé à une série d'arbitrages dans la liste définitive des projets du plan de relance à renvoyer à l'Europe.

Place au tri… Ce jeudi, à différents étages de la maison Belgique, les gouvernements se sont penchés sur le plan de relance européen. Il y a quelques semaines, le gouvernement fédéral et ceux des entités fédérées avaient rentré une longue liste de projets pour un total de 7,7 milliards d’euros, un montant 30% au-dessus de l’enveloppe de  5,9 milliards d’euros allouée à la Belgique par la Commission européenne. Du coup, à quelques jours d’une nouvelle échéance avec la Commission, les différents gouvernements doivent couper dans la liste de leurs projets afin de recoller aux 5,9 milliards sur base des retours de l’Europe. Un exercice évidemment délicat où il faut jongler entre calculs d’apothicaires et équilibres politiques.

Exit trois projets à Bruxelles

En Wallonie, le travail avance, mais aucun accord ne filtre à ce stade. «On ne fait pas de commentaire pour ne pas compliquer les discussions qui reprennent ce vendredi», dit-on à l’Elysette où on doit raboter de 500 millions le budget pour retomber au 1,48 milliard promis par l’Europe.

Le gouvernement bruxellois devait aussi procéder à un sérieux élagage puisque ses 16 projets initialement retenus représentaient un budget de 527 millions d’euros, soit 130% de l’enveloppe de 395 millions d’euros allouée à la Région de Bruxelles-capitale. Trois projets n’ont pas survécu à la sélection définitive: la création de logements pour les publics vulnérables (8 millions); l’augmentation de l’offre en soins de santé mentale (15 millions) et la recapitalisation de Finance.Brussels (50 millions). L’exécutif de Rudi Vervoort (PS) précise toutefois qu’il financera ces projets sur fonds propres. Les budgets des 13 autres projets maintenus dans le cadre du plan européen ont été rabotés de 60 millions d’euros au total.

Le Fédéral financera lui-même la rénovation

Enfin, au Fédéral, lors d’un conseil des ministres restreint (kern) assez agité au lendemain des sorties matamoresques du président du MR, les principaux ministres fédéraux sont parvenus à un accord sur la liste des projets à retirer du plan afin de ramener la part fédérale au 1,25 milliard initialement prévu.

"Tous les projets seront financés. Ceux qui ne seront pas repris dans le plan de relance européen seront financés directement par le Fédéral dans le cadre de son plan d’investissement."
Thomas Dermine (PS)
Secrétaire d'Etat pour la relance et les investissements stratégiques

Selon Thomas Dermine (PS), le Secrétaire d’État pour la relance et les investissements stratégiques, l’accord du kern permet de ménager les susceptibilités de l’ensemble des partenaires de la Vivaldi. «Tous les projets seront financés. Et ceux qui ne seront pas repris dans le plan de relance européen parce que la Commission émet des réserves seront financés directement par le Fédéral dans le cadre de son plan d’investissement», explique-t-il en se réjouissant d’avoir reçu le soutien du conseil central de l’économie dans l’analyse globale du plan. «C’est la preuve que la concertation sociale fonctionne quand elle est faite sérieusement.»

Une question est évidemment sur toutes les lèvres: quels sont ces projets écartés par le kern? Si le secrétaire d’État refuse de donner ces détails, d’après nos informations, trois volets du plan fédéral ne seront plus soumis à la commission. Il s’agit du projet de scanning à 100% des conteneurs à haut risque au port d’Anvers (70 millions), la construction par la Défense de deux quartiers du futur (100 millions) et enfin la rénovation de différents sites appartenant à la Régie des bâtiments comme le Cinquantenaire, le Palais royal ou le palais de justice de Bruxelles et ses vénérables échafaudages qui trônent place Poelaert. «Mais ces projets restent une priorité pour le gouvernement», martèle une source  fédérale.

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