Plan de relance: contraste communautaire au rayon éducation

Le décrochage scolaire est une priorité francophone. ©Kristof Vadino

Les problèmes structurels rencontrés par chaque communauté dessinent les priorités du plan de relance. La Flandre anticipe, les francophones réparent.

Social et vivre ensemble. Sous ce titre générique, l'éducation, l'inclusion et la mise à l'emploi, les infrastructures sociales et la réforme des pensions. Pour ce dernier sujet, le plan renvoie à une proposition de réforme attendue au niveau fédéral à la rentrée de septembre. Elle sera attendue également par l'Europe qui exige, on le sait, des réformes structurelles dans ce domaine. Le projet reste vague à ce stade.

Total: 833 millions

  • 440 millions pour l’éducation
  • 227,2 millions pour les infrastructures sociales
  • 165,8 millions pour la formation et l’emploi des groupes vulnérables

À la lecture du volet "éducation" de ce plan de relance, le contraste entre les priorités flamandes et francophones frappe. Idem pour les moyens affectés. Alors que les autorités francophones mettent le paquet sur la rénovation des bâtiments scolaires dans le cadre d'un autre chapitre (sur les enjeux climatiques), la Flandre privilégie l'équipement numérique de ses écoles. Elle propose un programme digital à 316 millions d'euros, ce qui est le plus gros investissement de ce chapitre. Une politique qui repose sur quatre piliers: l'équipement numérique des écoles, l'élaboration d'une vision dans chaque établissement scolaire, le renforcement des compétences numériques des enseignants et la mise en œuvre d'un centre de connaissances et de conseil dévolu aux écoles en matière numérique.

"La Flandre a l'ambition de devenir une société de l'apprentissage d'ici 2024."

La Flandre mise en parallèle sur la formation tout au long de la carrière avec un budget de près de 54 millions d'euros. Il s'agit pour les autorités du Nord de réformer son arsenal de formations afin que celui-ci corresponde mieux aux attentes du marché du travail. "La Flandre a l'ambition de devenir une société de l'apprentissage d'ici 2024", avec "un processus continu qui se déroule n'importe où et n'importe quand et soit accessible à chacun", précise le projet. À nouveau, l'équipement digital et la formation des acteurs en la matière est au centre de cette ambition.

316
millions d'euros
C'est le montant demandé par la Flandre pour digitaliser ses écoles.

Côté francophone, les montants prévus sont sensiblement inférieurs. Un peu moins de 27 millions pour l'accompagnement personnalisé des élèves de l'enseignement obligatoire, et 32 millions pour le numérique dans l'enseignement supérieur et l'enseignement de promotion sociale. On trouve encore un budget de 5,2 millions demandé par la Région bruxelloise pour "le virage numérique des écoles bruxelloises".

La priorité est mise sur la lutte contre le décrochage scolaire. "Le projet de réforme vise à appréhender la nature multifactorielle du phénomène selon une stratégie globale composée de trois axes – prévention, intervention, compensation – articulés de manière cohérente et concrète, sur la base d’une nouvelle coordination (renforcée) des intervenants", peut-on lire. La Fédération Wallonie-Bruxelles met également en exergue le besoin de résorber les retards d'apprentissage accumulés lors de la crise du Covid et la santé mentale des étudiants.

Tests de discrimination renforcés

De son côté, la Région bruxelloise privilégie l'accès au marché de l'emploi pour les publics fragilisés: 70 millions d'euros. Sont visées "les personnes peu qualifiées, les personnes issues de l’immigration (en particulier les femmes) et les personnes handicapées". Des catégories qui affichent un taux de chômage deux à quatre fois supérieur à la moyenne nationale. La diversité des phénomènes de discrimination selon une approche sectorielle sera privilégiée, annonce Bruxelles. Avec une attention particulière à l'applicabilité des tests de discrimination.

Dans un autre registre, la Wallonie demande quelque 166 millions pour la création de 700 logements publics et une soixantaine de millions pour soutenir la création de places en crèches.

On vous présente le repreneuriat

Parmi les nouveautés destinées à lutter contre les phénomènes de paupérisation, la Région bruxelloise annonce "la mise en place d’une première coopérative de repreneuriat de Belgique". Une formule spécifique destinée à éviter le chômage aux entrepreneurs en difficulté et à leur personnel. Cette structure d'économie sociale "offrira un portage entrepreneurial aux chercheurs d’emploi, aux entrepreneurs en difficulté importante (en situation de quasi-faillite ou en cessation d’activité), dans le but de relancer le potentiel dévolu aux activités", promet le projet.

Les activités en question pourront être reprises dans une entreprise mutualisée et bénéficieront d'un accompagnement spécifique en comptabilité, communication, relance clients et contentieux, accompagnement personnel, coaching avec l'idée de créer des solidarités entre entrepreneurs.

D'autres dispositifs sont inclus dans le plan comme l'expérimentation des territoires zéro chômeur de longue durée que pousse le PS bruxellois. Ou encore les "social impact bonds", des obligations émises par le secteur public pour financer les projets sociaux. Bruxelles entend également développer des formules d'entreprises éphémères pour l'emploi. Ici, "les chercheurs d’emploi sont associés et démarchent les entreprises d’un territoire donné en vue de regrouper les offres" et optimaliser la recherche d'un job.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité