Grégor Chapelle, le chevalier blanc du PS malmené

©BELGA

La gestion d’Actiris fut attaquée à deux reprises cette semaine. à la tête de l’office bruxellois de l’emploi, le trublion socialiste Grégor Chapelle fait face au vent.

Ses oreilles seront bientôt aussi rouges que l’écharpe, souvent assortie à ses chaussettes, qu’il arbore inlassablement pour rappeler qu’il est un homme de gauche. Cette semaine, Grégor Chapelle, patron de l’office bruxellois de l’emploi, fut d’abord pointé du doigt pour une dépense somptuaire (400.000 euros), envisagée pour rénover une salle de réunion.

Tout le monde pense à la douche qui, jadis, avait fait fondre Marie Arena en larmes. Et voici que la presse attaque la collaboration d’Actiris avec Vincent Kompany. Annoncée bénévole, elle coûterait 80.000 euros par an au contribuable au bénéfice d’un club de foot. Un couac, corrigé jeudi par le comité de gestion d’Actiris pour le premier "scandale" et un sponsoring classique pour expliquer le second. Il permet, même à moindre coût, d’améliorer l’image du service public bruxellois auprès des jeunes, se défend Grégor Chapelle, soutenu par le défenseur bruxellois de Manchester City.

Le profil
  • Né le 14 mai 1974 au Togo
  • Préside la Fédération des étudiants francophones (Fef) en 1996
  • Devient échevin à Forest en 2006
  • Succède à Eddy Courthéoux à la direction d’Actiris en 2011
  • En 2017, il est une des chevilles ouvrières du mouvement grouponsnousetdemain à l’intérieur du PS

Le socialiste n’est pas loin de penser que les progrès enregistrés depuis quelques années par Actiris ne sont pas étrangers à ces fuites désagréables. En 2011, lorsqu’il arrive à la tête de l’organisme régional, il faut bien admettre que celui-ci est dans un triste état, tandis que le chômage de masse frappe durement la population bruxelloise. Mal aimé du monde patronal qui préfère se passer d’un service déficient pour ses recrutements, Actiris est aussi déconnecté de son public cible et des dispositifs de formation qui s’offrent pourtant à lui dans la capitale. Depuis, Grégor Chapelle remet de l’ordre. Non sans résultat, mais sans non plus se départir de cette attitude jugée hautaine et qui agace jusque dans les couloirs de son propre parti.

Mouvement interne

Le socialiste avaient déjà eu l’occasion de se rendre compte des ambitions toujours ostensibles du jeune militant qui faisait ses armes à la présidence de la Fédération des étudiants francophones (Fef). Après un diplôme à Harvard qu’il ne se prive jamais de mentionner. Ses trois livres, "Changeurs de monde" (2002), "Construire une gauche offensive" (2006) et "Lettre à mon parti" (2008), ont démontré sa volonté de se poser en idéologue de la gauche moderne. Il est un des premiers à avoir défendu le décumul des mandats au sein du Parti socialiste, jusqu’à l’imposer dans sa propre section locale alors qu’il briguait l’écharpe mayorale de Forest. Pour les élections communales de 2012, il s’était fait coiffer sur le poteau par une figure locale du PS, Marc-Jean Ghyssels.

Cet échec politique l’a conduit à se porter candidat à la direction d’Actiris, un poste revenant au PS qui l’a largement soutenu, sans doute un peu dans l’idée de ranger le trublion forestois dans un placard doré. Le décumul n’était alors pas aussi à la mode qu’aujourd’hui. Mais comme le chantait feu Johnny, "ça ne change pas un homme".

Très récemment, Grégor Chapelle — en chevalier de la bonne gouvernance – s’est trouvé à la source d’un mouvement interne au Parti socialiste, alors laminé par les scandales Publifin et du Samusocial. "Grouponsnousetdemain" réclamait une moralisation des pratiques mais aussi l’inscription de l’écologie au cœur du projet socialiste et une meilleure participation dans le fonctionnement du parti. Ce petit côté donneur de leçon faisant une fois de plus grincer des dents au sein de l’appareil socialiste. Certains s’amusent aujourd’hui de voir l’arroseur arrosé.

La salle de réunion qui fait jazzer

Jeudi, le comité de gestion d’Actiris était amené à se prononcer sur la rénovation d’une salle de réunion pour son nouveau siège. Une étude de marché a été lancée pour cadrer l’opération avec un budget raisonnable. Une note avait fait état d’une estimation à 400.000 euros impossible à défendre.

Kompany voit rouge

Jeudi la DH pointait le coût du sponsoring d’Actiris à un club de foot proche de la famille Kompany. Le joueur avait prêté son image gratuitement à une campagne de promotion des services d’Actiris. L’office de l’emploi défendait son projet axé sur les jeunes bruxellois tandis que Vincent Kompany poussait un coup de gueule pour soutenir l’initiative.

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