Opaline Meunier, étoile montante ou étoile filante?

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L’ex-présidente du syndicat estudiantin Unécof, Opaline Meunier, a choisi de figurer à Mons sur la liste pluraliste emmenée par le MR Georges-Louis Bouchez, provoquant la colère des cadres du cdH.

Faut-il y voir une erreur de débutante? Opaline Meunier s’est-elle laissée entraîner par le rusé Georges-Louis Bouchez (MR), celui qui s’est juré de faire tomber Elio Di Rupo de son piédestal à Mons? Ou les récentes péripéties montoises s’inscrivent-elles au contraire dans un tableau de marche bien préparé devant placer l’ancienne syndicaliste étudiante sur orbite en vue du scrutin d’octobre prochain?

Lutgen not amused

La journée d’hier n’a en tout cas pas été de tout repos pour celle que le cdH avait placée au poste de "déléguée générale à la société civile". En choisissant de se présenter à Mons sur la liste pluraliste emmenée par Georges-Louis Bouchez plutôt que sur une autre liste d’ouverture estampillée cdH, Opaline Meunier, la déléguée du parti de Benoît Lutgen à la société civile, s’est attirée les foudres de son parti. À commencer par Benoît Lutgen qui l’a "convoquée" pour "une discussion approfondie dans les prochains jours". D’ici-là, interdiction d’encore parler à la presse.

Le profil
  • Née le 16 mars 1993 à Mons dans une famille de deux enfants
  • Son père est militaire retraité et sa mère accueillante ONE en maternelle
  • à 15 ans, elle prend sa carte de parti au cdH
  • En 2014, elle est élue à la tête de l’Unécof, un syndicat étudiant minoritaire
  • En octobre 2017, elle quitte l’Unécof en plein mandat pour le cdH où on lui confie le poste de déléguée à la société civile
  • Elle termine son master en sciences politiques à Namur, après un baccalauréat en droit
  • Depuis toujours, elle s’est destinée à l’enseignement
  • Elle partage son temps entre Mons et Schaarbeek où vit son compagnon

C’est que l’interview accordée sur les ondes de La Première hier matin a fait avaler leur café de travers à plus d’un ponte du cdH. "Dépasser les clivages particratiques traditionnels pour rassembler, oui, mais pas en cavalier seul sur le dos des autres", a fait savoir Catherine Fonck, cheffe de groupe cdH à la Chambre. Joëlle Milquet n’était guère plus tendre: "Il y a une règle fondamentale en démocratie interne ou externe: la loi de la majorité. Et un principe en politique: le sens du collectif."

L’intéressée, elle, s’était justifiée dans les studios de la RTBF en affirmant défendre "une représentation plus saine" des gens à travers les partis. Dans la foulée, elle assurait bénéficier du soutien de Benoît Lutgen. "Je n’ai pas l’impression de trahir quoi que ce soit. Benoît Lutgen fait la part des choses entre ma mission très précise au sein du cdH, et puis Mons."

Choisir

C’est peut-être cette dernière phrase qui a précipité les choses. Car entre le cdH et Georges-Louis Bouchez, elle va sans doute devoir choisir. Bouchez, lui, se dit "au-dessus des petits jeux partisans". "J’ai pris beaucoup de plaisir à négocier avec le cdH. J’ai proposé un projet et la porte reste toujours ouverte, que ce soit pour le cdH ou pour d’autres d’ailleurs."

Des autres justement, il y en a eu. Marie Meunier (sans lien de parenté avec l’intéressée) est conseillère communale PS à Mons. De la même génération qu’Opaline Meunier, elle avoue avoir également été approchée par Georges-Louis Bouchez pour figurer sur sa fameuse liste pluraliste. "Il m’avait proposé la deuxième place, mais j’ai décliné." D’après elle, Opaline Meunier "n’a pas mesuré à quel point Bouchez commence à saouler les Montois". "C’est dommage, car elle m’a pourtant l’air bien sympathique. Elle ne véhicule en tout cas pas la même image que sa tête de liste", assène Marie Meunier.

Reste à convaincre Benoît Lutgen de sa bonne foi. Pour l’ancienne égérie du mouvement étudiant, les prochains jours s’annoncent à tout le moins délicats.

Au secours des étudiants en médecine

Opaline Meunier a opéré sa percée sur la place publique en prenant la défense des étudiants en médecine contre l’examen d’entrée et pour l’obtention des numéros Inami. À la tête de l’Unécof, petite organisation étudiante gravitant dans l’ombre de la Fédération des étudiants francophones (FEF), elle s’est signalée par son assurance et son mordant, une incontestable éloquence, une bonne dose d’humour aussi. Ce combat lui a valu une visibilité que le cdH n’a pas manqué d’exploiter.

Coup d’essai à Estinnes

Ce n’est pas la première fois qu’Opaline Meunier se présente pour un scrutin communal. Aux élections de 2012, elle figurait déjà, âgée de 19 ans à peine, sur la liste du bourgmestre sortant (Étienne Quenon) à Estinnes. Baptisée EMC, cette liste se présentait pour une "Majorité Citoyenne". Elle obtient finalement un poste de conseillère au CPAS d’Estinnes.

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