Publicité

Les marchés financiers poussent les bénéfices des private bankers au sommet

©Bloomberg

L’an dernier, les banques privées européennes ont affiché des bénéfices record. Malgré ces bons résultats, l’heure n’est pas à l’euphorie, car elles ont du mal à maîtriser les coûts et à attirer de nouveaux clients.

Le consultant McKinsey a passé au crible les résultats de 111 banques privées en Europe occidentale. La vente de produits et de services d’investissement à de riches clients est une activité très lucrative: l’an dernier, les banques ont réalisé un bénéfice record de 15,4 milliards d’euros contre 12,3 milliards d’euros il y a cinq ans.

Cette bonne santé s’explique en partie par les excellentes prestations des marchés financiers et dans une moindre mesure par l’arrivée d’argent frais.

Plus d’efforts

Cette dépendance envers les marchés financiers pose des questions quant à la capacité des banques à poursuivre la croissance de leurs bénéfices sur le long terme. " Les banques privées doivent reprendre les commandes et faire des efforts pour attirer de l’argent frais et maintenir leurs coûts sous contrôle ", estime Sébastien Lacroix de McKinsey.

Différences

L’étude du consultant révèle également des différences importantes entre les grands et les petits acteurs de la banque privée.

Les petites banques – selon la définition de McKinsey, il s’agit des banques gérant moins de 10 milliards d’euros d’actifs – ont vu leurs marges bénéficiaires fondre de 20% au cours des cinq dernières années. Elles affichent également du retard par rapport à leurs grandes concurrentes en termes de hausse d’actifs sous gestion (Assets under Management ou AuM). L’an dernier par exemple, les acteurs indépendants ont augmenté leurs AuM de 2%, contre 4,3% pour les filiales Private Banking des grandes banques.

Pour McKinsey, cette croissance s’explique essentiellement par le recrutement de banquiers de " relations " et par l’élargissement de l’offre de services. " Dans un environnement où l’apport d’argent frais est un moteur important de la hausse des bénéfices, les banquiers privés indépendants doivent clairement se différencier des grandes banques, entre autres en offrant un meilleur service et des solutions d’investissement plus attrayantes ", peut-on lire dans le rapport.

Par ailleurs, les petites banques indépendantes ont du mal à garder leurs coûts sous contrôle. Depuis 2013, ceux-ci ont augmenté de 6% par an, contre 2% chez leurs grandes concurrentes. Ces frais élevés sont entre autres la conséquence du renforcement des réglementations et des investissements consentis dans les nouvelles technologies numériques. Pour les petites banques, ces frais sont plus difficiles à digérer, même si les coûts demeurent un réel problème pour l’ensemble du secteur bancaire. Au cours des cinq dernières années, seulement 25% des 111 banques faisant partie de l’étude ont réussi à réduire leurs coûts en termes absolus.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité