5 thèmes qu’il faut absolument avoir dans son portefeuille d’investissement

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Durabilité, santé, technologie, actions cycliques et protection contre l’inflation. Si l’on en croit les gestionnaires de patrimoine, ce sont les thèmes qui devraient, cette année, constituer les pierres angulaires d’un bon portefeuille d’investissement.

En 2020, les actions technologiques ont été à la fête sur toutes les bourses. Offriront-elles les mêmes rendements record en 2021 ? Nous avons demandé à six banques de nous confier quels étaient selon elles les thèmes qui méritaient une place de choix dans tous les portefeuilles.

1. Durabilité

Au cours de l’année écoulée, la demande d’investissements durables a beaucoup augmenté. «La durabilité est une tendance qui a reçu un coup de pouce supplémentaire de la pandémie», explique-t-on chez ING. «Les investissements qui souhaitent être “future proof” doivent en tenir compte.»

La durabilité peut être définie de manière très large ou au contraire très stricte. La stricte définition tient surtout compte de l’environnement. La définition large comprend également les objectifs sociétaux, la gouvernance et même la santé. Certaines banques appliquent une approche très concentrée, d’autres une approche plus large, ou encore une combinaison des deux.

Belfius se concentre sur les changements climatiques et sur les entreprises qui investissent dans des projets réduisant les émissions de gaz à effet de serre. «Une étude menée par l’Imperial College Business School révèle que les entreprises qui misent sur les énergies renouvelables affichent de meilleurs rendements en bourse», explique Jan Vergote, stratège en investissements chez Belfius.

«Les entreprises qui misent sur les énergies renouvelables affichent de meilleurs rendements en bourse.»
Jan Vergote
Stratège en investissements chez Belfius

Chez BNP Paribas Fortis également, on estime que les énergies vertes sont un thème important pour les investisseurs. Philippe Gijsels, stratège en chef: «Nous assistons à la naissance d’une nouvelle industrie. Dans ce secteur, de grandes entreprises vont voir le jour. Ce seront les Amazon de demain.»

Chez KBC, on souligne que l’eau fait partie des principaux thèmes dans les investissements durables. «Les pénuries structurelles d’eau exigent de nombreux investissements. La hausse régulière du chiffre d’affaires se traduit par une forte augmentation des bénéfices, et l’absence d’exagération dans les valorisations offre des opportunités.»

ING applique une définition large de la durabilité et, en plus de l’eau, s’intéresse entre autres aux technologies propres, aux soins de santé et au recyclage des matières premières. KBC ne se limite pas aux changements climatiques et à la pénurie d’eau, mais investit également dans des entreprises qui misent sur les défis tels que l’accessibilité aux soins de santé, l’alimentation saine et les problèmes de mobilité. Dans ces secteurs, des actions comme Nestlé, Visa, Paypal et Microsoft affichent une forte croissance de leurs bénéfices.

2. Santé

À cause de la pandémie, le secteur des soins de santé se retrouve plus que jamais sous les projecteurs, indique Vergote. «Les soins de santé sont aujourd’hui à l’abri des réductions des dépenses des pouvoirs publics. Le secteur est relativement bien protégé contre les crises et devrait faire partie de tous les portefeuilles diversifiés. On s’attend à ce qu’à court, moyen et long terme, il surperforme par rapport à l’indice MSCI World.»

«Le vieillissement de la population stimule la demande de médicaments et de matériel médical.» Erik joly économiste en chef d’abn amro belgique
Erik Joly
Économiste en chef d’ABN Amro Belgique

Belfius s’intéresse aux entreprises qui misent sur l’amélioration des conditions de vie (soins personnels et services d’aide à domicile), l’amélioration de l’espérance de vie (alimentation et sport) et le bonheur (loisirs et bien-être), ainsi qu’à celles qui investissent dans la recherche contre le cancer.

Erik Joly, économiste en chef d’ABN Amro Belgique, souligne que la crise du coronavirus a augmenté l’importance du secteur des soins de santé. «De plus, le vieillissement de la population stimule la demande de médicaments et de matériel médical. Les pipe-lines de médicaments prometteurs ont retrouvé des niveaux “normaux” et le secteur génère des cash flows réguliers.»

3. Technologie

ING souligne que la pandémie a également accéléré la digitalisation de la société. De ce fait, la banque s’intéresse aux entreprises actives par exemple dans le domaine des paiements digitaux, du commerce en ligne, des services de Cloud et des loisirs interactifs.

Vergote de Belfius s’attend à ce que l’automatisation des processus d’exploitation et la tendance au télétravail se poursuivent. «Cette tendance se traduira par des investissements supplémentaires, notamment dans le renforcement des systèmes informatiques.» Le stratège souligne cependant que les actions technologiques souffrent lorsque les taux augmentent. Mais selon lui, ce n’est pas une catastrophe, vu que les perspectives à long terme sont très positives.

4. Actions cycliques

Joly est convaincu que les actions industrielles profiteront des plans de relance américain et européen. Il y a quelques semaines, le Fonds monétaire international a annoncé qu’il s’attendait à une croissance de 6% de l’économie mondiale en 2021. C’est la plus forte croissance depuis 1976.

«Nous sommes au début d’un super cycle de hausse des prix des matières premières.»
Philippe Gijsels
Stratège en chef BNP Paribas Fortis

L’économiste d’ABN Amro considère également les actions bancaires comme intéressantes. Il souligne que la marge d’intérêts s’améliore grâce à la hausse du taux à long terme. De plus, la reprise économique devrait permettre aux banques de réduire leurs provisions pour crédits douteux. C’est pourquoi les analystes financiers classent les actions financières parmi les actions cycliques. «Les bénéfices devraient retrouver les mêmes niveaux qu’avant la crise du coronavirus», estime Joly. «Les rachats d’actions propres pourraient également soutenir les cours.»

Gijsels s’attend également à de belles performances de la part des actions sensibles à la conjoncture. «La reprise des secteurs cycliques sera assez spectaculaire au cours du second semestre. Les actions de valeur ont entamé un mouvement de rattrapage, mais il reste encore de la marge.»

Le stratège en chef de BNP Paribas Fortis s’intéresse aux actions bancaires et aux secteurs sidérurgique et chimique. Les marchés d’actions japonais et britanniques comptent relativement plus d’actions de valeur que les autres bourses.

Les sociétés du secteur des matières premières – sociétés minières et de recyclage – profitent selon Gijsels de la reprise économique. «Nous nous trouvons au début d’un super cycle de hausse des prix des matières premières. La reprise de l’économie chinoise et mondiale et l’émergence des voitures électriques font augmenter la demande de matières premières comme le nickel et le cuivre. L’offre n’arrivera pas à suivre, car le secteur n’a pas suffisamment investi pendant des années. Après la hausse des cours des actions des grands acteurs, c’est aujourd’hui le tour des plus petits acteurs qui sont des cibles pour les repreneurs.»

«La meilleure protection contre l’inflation est une combinaison entre des actions et des obligations liées à l’inflation.» Erwin Deseyn stratège en chef de CapitalatWork

5. Protection contre l’inflation

Pour l’instant, l’inflation reste basse, mais la reprise économique et la forte hausse des prix des matières premières ont fait augmenter les estimations en matière d’inflation. «Il est plus que probable qu’après l’inflation des prix des actifs (par exemple des actions), les prix à la consommation subissent le même sort», prévient Erwin Deseyn, stratège en chef du gestionnaire patrimonial CapitalatWork. «La meilleure protection contre le retour de l’inflation est une combinaison entre des actions et des obligations liées à l’inflation

Il conseille les actions d’entreprises bénéficiant d’un «pricing power» et capables de conserver leurs marges, comme les logiciels (Microsoft), les médias (Facebook, Google et Netflix), les jeux (Tencent) et le luxe (LVMH). Pour se constituer un portefeuille équilibré, Deseyn conseille de compléter les actions par des obligations liées à l’inflation, en d’autres termes, des obligations dont le principal est lié à un indice des prix à la consommation.

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