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Demandez à votre banquier privé de privilégier les investissements à impact

©Pieter Van Eenoge

Les nouvelles règles européennes obligent les banques à expliquer en quoi leurs produits financiers sont durables. ABN Amro Private Banking prend le train de la durabilité avec son Mandat Impact.

Depuis le 10 mars, les banques sont obligées de répartir leurs produits financiers sur la base de la durabilité. Les produits «gris» – qui correspondent à l’article 6 des règles européennes SFDR – n’ont aucun objectif durable affiché dans leur politique d’investissement. Les produits «vert clair» (article 8) ont des objectifs de durabilité, mais sans ambition en termes d’impact. Les produits «vert foncé» (article 9) sont des instruments visant à avoir un impact durable sur l’Homme et la société.

"Nous ne pouvons pas encore dire avec précision combien de fonds respectent les articles 8 ou 9, mais il est clair que le nombre de produits avec impact (article 9) est encore relativement limité."
Tom Van den Berghe
Directeur général de la Central Labelling Agency (CLA)

Même si les principes sont clairs, la mise en œuvre de cette nouvelle réglementation n’est pas chose aisée. La démarcation entre les catégories n’est pas toujours très claire, en partie parce que l’Europe travaille toujours sur les définitions de ce que sont les activités durables. Sur la base d’une première étude du bureau d’analyse Morningstar, 21% des fonds d’investissement européens ont opté pour les articles 8 et 9. Selon le bureau, ce pourcentage augmentera dans les mois à avenir vu que de nombreuses maisons de fonds ont opté pour une approche conservatrice à cause du délai très court. En classant la plupart de leurs fonds en catégorie 6, ils évitent de devoir les rétrograder ultérieurement.

Il est clair que le nombre de produits correspondant à l’article 9 – et qui ont donc des ambitions d’impact durable – est encore relativement limité. C’est aussi le cas des 453 fonds qui détiennent le label belge «Towards Sustainability» de Febelfin, la fédération du secteur bancaire. «Nous ne pouvons pas encore dire avec précision combien de fonds respectent les articles 8 ou 9, mais il est clair que le nombre de produits avec impact (article 9) est encore relativement limité», explique Tom Van den Berghe, directeur général de la Central Labelling Agency (CLA).

Mandats de gestion discrétionnaire

Dans le cas de mandats de gestion discrétionnaire – c’est-à-dire lorsque l’investisseur délègue à son banquier privé la gestion de son portefeuille – l’article 9 est également sous-représenté. Une exception: ABN Amro Private Banking qui a déjà lancé un Mandat Impact en 2020 aux Pays-Bas, et le mois dernier en Belgique.

"Après ce screening, il ne reste environ que 25% des entreprises faisant partie de l’univers des investissements durables."
Rudy Vermeersch
Responsable de la gestion patrimoniale chez ABN Amro Private Banking en Belgique

Le Mandat Impact va plus loin que les Conseils en investissements durables que la banque propose depuis un certain temps. «Pour ces deux types de mandats, nous choisissons les entreprises du monde entier qui affichent les meilleurs scores sur le plan des principes ESG (Environnement, Société et Gouvernance, NDLR). La principale différence, c’est que nous sommes plus stricts dans nos Mandats Impact. De plus, les entreprises reprises dans ces mandats font l’objet une analyse supplémentaire qui mesure leur contribution positive en fonction de leur chiffre d’affaires. Après ce screening, il ne reste environ que 25% des entreprises faisant partie de l’univers des investissements durables», explique Rudy Vermeersch, responsable de la gestion patrimoniale chez ABN Amro Private Banking en Belgique.

Pour le filtre mesurant l’impact, ABN Amro collabore avec ISS-Oekom, une entreprise spécialisée dans ce domaine. ISS-Oekom classe les entreprises sur une échelle allant de «obstruction significative» à «contribution importante». Les scores extrêmes – entre -10 et +10 – indiquent dans quelle mesure le chiffre d’affaires d’une entreprise contribue ou non à rendre le monde meilleur.

«Dans notre Mandat Impact, nous ne sélectionnons que les entreprises affichant un score positif», explique Vermeersch. «Nous investissons par exemple dans Sprouts Farmers, une chaîne de magasins d’alimentation saine. L’entreprise tire 25% de son chiffre d’affaires de produits ayant un impact très positif (fruits, légumes, légumineuses) et 30% de produits avec un impact positif plus limité (riz, eau, farine).»

Non seulement les actions doivent correspondre à ces critères, mais les obligations sont également soumises à des règles strictes. «Seuls les émetteurs solvables ayant un impact positif sont sélectionnés. Il s’agit donc d’obligations d’entreprises répondant aux mêmes critères de sélection que les actions. Nous investissons également dans des obligations vertes, en particulier celles émises par des gouvernements pour financer des projets durables. Enfin, nous choisissons les obligations des banques de développement actives sur les marchés émergents», explique Vermeersch.

Microcrédits

Un troisième pilier du mandat concerne les investissements alternatifs. «Dans ce volet, nous nous concentrons sur les objectifs sociétaux et environnementaux. Nous avons opté pour Privium Sustainable Impact Fund, un fonds qui investit dans d’autres fonds à impact. Avec ce fonds de fonds, nous obtenons une large diversification ainsi qu’une liquidité suffisante au quotidien», poursuit Vermeersch. L’accent est mis sur trois thèmes: microcrédits, énergies renouvelables et prêts étudiants en Afrique. Parmi les fonds sous-jacents, on peut citer le Triodos Microfinance Fund, le Blue Orchard Microfinance Fund, et l’ABN Amro Symbiotics EM Impact Debt et Greencoat UK Wind.

ABN Amro propose ce mandat pour six profils de risques. Le seuil d’accès est cependant plus élevé que dans le cas d’un mandat de Conseil en investissements durables. «Le seuil d’accès est de 1 million d’euros, contre 250.000 euros pour un mandat de Conseil en investissements durables», explique Vermeersch. Les frais de gestion (1% hors TVA) sont identiques.

"De plus en plus de clients souhaitent, tout comme nous, que leurs investissements aient un impact positif sur la société et l’environnement. Parmi nos nouveaux clients, 80% optent aujourd’hui pour des investissements durables."
Rudy Vermeersch
Responsable de la gestion patrimoniale chez ABN Amro Private Banking en Belgique

Si l’on en croit ABN Amro, la demande de mandats durables est forte. «Aujourd’hui, près de 35% de notre gestion discrétionnaire sont investis dans des produits durables. Nous pensons que cette tendance ne fera que se renforcer. De plus en plus de clients souhaitent, tout comme nous, que leurs investissements aient un impact positif sur la société et l’environnement. Parmi nos nouveaux clients, 80% optent aujourd’hui pour des investissements durables», ajoute Vermeersch.

Triodos Investment Management – la banque durable par excellence qui ne propose que des produits répondant aux exigences de l’article 9 – étudie la possibilité de lancer des Mandats Impact. «Nous comptons proposer dans un premier temps des mandats pour les investisseurs professionnels comme les compagnies d’assurance ou les fonds de pension. Nous constatons clairement que les investisseurs professionnels optent pour une approche “Barbell”. Ils investissent une partie du portefeuille dans des produits gris ou vert clair, mais pour le solde, ils cherchent des spécialistes en produits à impact. Nous voulons leur donner accès à ces investissements à impact», explique Jacco Minnaar, président de la direction de Triodos Investment Management. La maison de fonds ambitionne de proposer ces mandats dans le courant du second semestre 2021.

Un fonds durable n’est pas l’autre

La classification des produits d’investissement sur la base de leur durabilité a créé une certaine confusion dans notre pays. L’autorité de contrôle, la FSMA, constate que les produits vert clair (article 8) ne peuvent se décrire comme étant «durables». «Nous demandons aux acteurs du marché de respecter la réglementation SFDR ainsi que les différentes terminologies utilisées pour un fonds correspondant à l’article 8 et l’article 9. L’usage du terme “investissement durable” est réservé aux produits correspondant à l’article 9. Les autres fonds doivent éviter autant que possible d’utiliser le mot “durable” dans leur publicité. Lorsque ce n’est pas possible, ils doivent stipuler que leur produit ne fait pas partie de l’article 9», explique-t-on à la FSMA. L’autorité de contrôle ajoute qu’elle n’exige pas que les fonds correspondant à l’article 8 changent leur nom si celui-ci comporte le mot «durable». «L’Europe doit d’abord clarifier certains points, dont la question de l’impact de l’utilisation du mot “durable” dans le nom des fonds.»

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