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Les banquiers privés voient leurs actifs sous gestion croître de 10%

Delen Private Bank et Degroof Petercam sont les deux plus grandes banques privées indépendantes de Belgique. ©Ackermans & van Haaren

Les Belges les plus fortunés ont confié 483 milliards d’euros aux gestionnaires patrimoniaux, ce qui représente une hausse de 10% en un an.

Notre sondage réalisé auprès des banquiers privés, des sociétés de bourse et des gestionnaires de patrimoine donne une image assez précise du patrimoine des Belges au 30 juin 2021. Notre pays compte de nombreuses institutions de gestion patrimoniale, allant de filiales de grandes banques belges et internationales aux banques privées spécialisées, en passant par de plus petits conseillers régionaux, qui gèrent au total 483 milliards d’euros, en hausse de près de 10% (+45 milliards d’euros) par rapport à l’an dernier.

Cette augmentation est aussi bien due à la hausse des bourses qu’à l’argent frais versé par des clients existants ou nouveaux.

La hausse des patrimoines est aussi une bonne nouvelle pour l’emploi dans le secteur. L’armée de banquiers privés belges a augmenté de 7% et compte désormais plus de 5.300 spécialistes.

Après les difficultés rencontrées pour attirer de nouveaux clients pendant la crise du coronavirus, les banques privées ont pu renouer avec l’organisation d’évènements destinés à renforcer leurs liens avec la clientèle. La hausse des patrimoines est aussi une bonne nouvelle pour l’emploi dans le secteur. L’armée de banquiers privés belges a augmenté de 7% et compte désormais plus de 5.300 spécialistes.

La majeure partie des actifs est détenue par les quatre grandes banques belges, BNP Paribas Fortis, KBC, Belfius et ING, qui gèrent ensemble 326 milliards d’euros pour de riches clients. Ce chiffre comprend à la fois les clients private banking classiques et ceux de Wealth Management, un service encore plus exclusif réservé aux très riches. Il comprend surtout les patrimoines de millionnaires, car la plupart des acteurs ont fixé un seuil d’accès – officiel ou officieux – à 1 million d’euros.

Seuil d'entrée abaissé

Ici et là, ce seuil est cependant abaissé, par exemple à 500.000 euros. BNP Paribas Fortis, le leader du marché, affiche le seuil d’accès le plus bas, à savoir 250.000 euros. Pour rendre les chiffres comparables, nous avons également pris en compte les données du segment supérieur de la banque de détail, à savoir les clients possédant au minimum 250.000 euros et bénéficiant des conseils d’un spécialiste en "Personal Banking" ou "Premium Banking".

Alors que le nombre d’agences ne cesse de se réduire du côté des banques de détail, les bureaux dédiés à la gestion patrimoniale augmentent.

On constate des différences importantes entre les services offerts aux clients de la banque de détail et ceux de la banque privée. BNP Paribas Fortis, KBC et ING possèdent des bureaux entièrement dédiés aux clients de la banque privée. Belfius a récemment dévoilé des plans pour la construction de 60 "private houses" et de 8 "wealth houses". Alors que le nombre d’agences ne cesse de se réduire du côté des banques de détail, les bureaux dédiés à la gestion patrimoniale augmentent, en particulier chez les acteurs souhaitant se développer géographiquement.

Indépendance

Notre pays compte deux grandes banques privées indépendantes spécialisées, de taille comparable, et qui gèrent plus de 30 milliards d’euros: la banque bruxelloise Degroof Petercam et l’anversoise Delen Private Bank. Les familles fortunées peuvent également s’adresser aux filiales de grands groupes étrangers, qui gèrent plus de 10 milliards d’euros, à savoir les branches belges de Deutsche Bank, ABN Amro Private Banking Belgium et Puilaetco, la filiale belge de la banque luxembourgeoise Quintet Private Bank. Ces cinq banques privées gèrent au total plus de 110 milliards d’euros.

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Deux autres acteurs comptent plus de 5 milliards d’euros d’actifs sous gestion: Banque de Luxembourg Belgium et Van Lanschot Belgique. Cette dernière fera bientôt un saut quantique: suite à l’annonce de l’acquisition de la banque anversoise Mercier Vanderlinden, Van Lanschot va bientôt approcher le cap des 10 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Suite à cette transaction, Econopolis Wealth Management/Twain – la société qui connaît la plus forte croissance – devient le plus grand acteur local dans la catégorie des acteurs de taille moyenne, avec 3 milliards d’euros d’actifs sous gestion. On trouve également dans cette catégorie Edmond de Rothschild, CapitalatWork Foyer Group, Banque Transatlantique Belgium et Indosuez Wealth Management.

Encore des acteurs de niche après la consolidation du secteur

Parmi les plus petits acteurs, Dierickx Leys Private Bank se développe de façon remarquable. Après l’acquisition de ses concurrentes Lawaisse (Courtrai) et Van Goolen (Anvers), cette société de bourse a augmenté sa taille de près de 50%. Dierickx Leys dépasse ainsi ses consœurs anversoises Leo Stevens & Cie et Merit Capital. En Flandre occidentale, Quaestor Vermogensbeheer de Roulers s’impose comme un acteur indépendant majeur.

Deux banques se profilent dans la banque privée ainsi qu’en "Personal Banking": la Banque Nagelmackers, qui a renoncé à ses activités de banque de détail, et AXA Banque Belgique, qui offre des services de gestion patrimoniale via sa société sœur Architas et de "Personal Banking" via Delegio, qui comptabilise 600 millions d’euros d’actifs sous gestion un an après son lancement.

Il faut également tenir à l’œil CBP Quilvest, une banque privée luxembourgeoise qui gère plus de 1 milliard d’euros dans notre pays. L’entreprise vient d’être rachetée par Fideuram, une filiale de la banque italienne Intesa Sanpaolo, un géant de la gestion patrimoniale.

D’autres noms connus dans le secteur sont la banque française Rothschild & Co et Lazard Frères Gestion, ainsi que la société suisse Lombard Odier. Toutes trois sont actives en Belgique, mais restent discrètes sur leurs activités.

L'ensemble des acteurs de niche de taille moyenne comptabilisent ensemble 46 milliards d’euros d’actifs sous gestion.

Ces dernières années, suite à un mouvement de consolidation, de nombreuses petites et grandes banques privées et gestionnaires patrimoniaux ont disparu du paysage. Même si les grandes institutions cherchent depuis des années à se développer, le marché compte encore de nombreux acteurs de niche, comme la société de bourse Leleux Associated Brokers, qui dispose d’un vaste réseau d’agences, et la société belgo-néerlandaise Wealtheon. Parmi les acteurs régionaux, on trouve la société anversoise Accuro, la gantoise Value Square, la bruxelloise DDEL Portfolio Solution et la wallonne Pire Asset Management. Tous ces acteurs de niche de taille moyenne comptabilisent ensemble 46 milliards d’euros d’actifs sous gestion.

Les banquiers privés sont davantage gestionnaires que conseillers

Ceux qui souhaitent confier la gestion de leur patrimoine à une banque privée ont deux options.

La première – appelée "gestion discrétionnaire" consiste à déléguer l’entière gestion de son portefeuille à des experts qui ne doivent pas demander l’autorisation du titulaire lors de chaque transaction d’achat ou de vente. Tout se fait dans le respect d’un cadre prédéterminé et d’un profil d’investisseur bien défini. Dans la plupart des banques, le client peut suivre l’évolution de son portefeuille en temps réel et discute de cette évolution plusieurs fois par an avec son banquier privé.

La seconde option est appelée "gestion-conseil". Dans ce cas, le banquier privé se contente de prodiguer des conseils. Le client reste à la barre et chaque proposition d’achat ou de vente de titres doit obtenir son approbation. Vu que la gestion-conseil exige plus de travail, les seuils d’accès à ces services sont souvent plus élevés. Cette formule est moins intéressante pour ceux qui n’ont ni le temps ni les connaissances des marchés financiers pour gérer eux-mêmes leurs avoirs.

Les clients belges semblent accorder une grande confiance à l’expertise de leur banquier privé, car la grande majorité d’entre eux optent pour la gestion discrétionnaire. Une enquête menée par la rédaction révèle que la gestion discrétionnaire est 2,5 fois plus courante que la gestion-conseil, avec 72% de mandats de gestion discrétionnaire et 28% de mandats de gestion-conseil.

La plupart des banques proposent les deux formules, avec une prédominance de la gestion discrétionnaire dans pratiquement tout le secteur. Chez certains grands acteurs comme Delen Private Bank, elle est d’ailleurs la norme et représente 90% des contrats. De son côté, CapitalatWork Foyer Group propose exclusivement de la gestion discrétionnaire, contrairement à l’acteur de niche Accuro, qui compte 100% de gestion-conseil. La banque privée suisse Lombard Odier compte 60% de contrats de gestion-conseil. Chez Pire Asset Management, un acteur de niche hennuyer, les mandats sont répartis de manière égale entre gestion discrétionnaire et gestion-conseil.

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