600 postes épargnés mais au moins 250 licenciements secs attendus chez Proximus

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Les négociations entre syndicats et direction touchent à leur fin chez Proximus. Le nombre de suppressions d’emplois devrait être moins important que prévu. On parle d'au moins 250 licenciements secs.

Après des mois de négociations entre les syndicats et la direction de Proximus , les choses commencent à bouger. Ce mercredi, les responsables d’équipes sont chargés de préciser à leurs travailleurs combien de postes devraient être concernés par le plan de restructuration. Pour l’heure, rien n’est toutefois encore complètement définitif. Les négociations sont d’ailleurs toujours en cours. "Une dernière réunion avec les deux conciliateurs et la direction est prévue le 18 novembre", confirme un syndicat.

Ces rendez-vous réguliers ont pour objectif de déterminer la mise en place concrète du plan "shift to digital", annoncé en janvier dernier. Pour rappel, ce grand projet de digitalisation prévoit notamment l’engagement de 1.250 personnes pour assurer le virage numérique de l’entreprise. Il prévoit aussi et surtout la suppression de 1.900 postes.

Sans réelle surprise, cette restructuration est devenue le principal sujet de préoccupation des syndicats. Aujourd’hui, les dernières estimations sont toutefois revues à la baisse. Le nombre de postes supprimés tournerait plutôt autour des 1.300 (encore moins même, selon certaines sources), sur les presque 11.000 que compte le groupe.

250 licenciements secs 

Outre la baisse du nombre de postes supprimés, l’objectif pour les syndicats est surtout de limiter, autant que possible, le nombre de licenciements secs. Selon nos informations, la direction les évaluerait à 250. Un chiffre trop optimiste pour les syndicats, qui tableraient eux plutôt sur un chiffre situé entre 200 et 500.

Pour éviter une trop importante casse sociale, Proximus mise sur les départs volontaires d’une partie de ses troupes. L’entreprise poursuit son plan de départ à la retraite anticipée, déjà en place depuis plusieurs années et destiné au personnel de plus de 58 ans. 552 travailleurs entrent dans les critères pour en bénéficier et pourraient ainsi être renvoyés chez eux contre la perception de 70 à 75% de leur dernier salaire (hors prime), suivant qu’ils soient contractuels ou statutaires.

Conditions de départ

Outre ce plan, des conditions pour les départs volontaires ont également été présentées aux syndicats. Elles prévoient notamment dans le package une rémunération brute de 1.500 euros par année d’ancienneté, après cinq ans d’activité au sein du groupe.

Impossible pour l’heure de savoir combien de travailleurs sont prêts à quitter l’entreprise et donc d’évaluer à combien s’élèvera finalement le nombre de licenciements secs. "Nous sommes au tout début de l’information auprès des travailleurs. Il n’est donc pas encore possible de savoir combien seront intéressés par un départ volontaire", confirme un syndicat.

Proximus souhaiterait arriver à une décision pour la fin de l’année. Le prochain grand rendez-vous est fixé au 27 novembre, lors de la prochaine commission paritaire de Proximus. Le plan négocié durant des mois devrait y être voté. En cas de rejet par les syndicats, ces derniers craignent un passage en force de la direction, qui pourrait s’appuyer sur l’article 35 de la loi de 1991 sur les entreprises publiques. Ce dernier prévoit la possibilité pour le conseil d’administration de mettre en place des réformes sociales sans l’accord des syndicats.

Le dialogue social ayant toujours été favorisé, une telle situation ne s’est jamais produite dans le pays. "C’est une option qu’on ne peut pas écarter et qui n’est pas impossible", assure un syndicat.

Quelques mouvements d’arrêts spontanés ont eu lieu ce mercredi. Ce fut notamment le cas à Thimister, à proximité de Verviers, où des jointeurs ont arrêté le travail pour protester contre leur impossibilité d’accès au plan "58+". Aucune action organisée n’était toutefois prévue par les syndicats.

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