L'une des plus grosses restructurations de l'ère Michel

Dernier jour à l'usine Caterpillar de Gosselies ©anthony Dehez

Le plan social annoncé chez Proximus rejoint ceux de Caterpillar, ING et Carrefour parmi les plus lourdes restructurations de l'ère Michel.

Depuis que Charles Michel dirige le gouvernement fédéral en octobre 2014, la pire année en termes de licenciements collectifs a été 2016, avec un total de 12.042 emplois menacés. Cette année-là, le géant américain Caterpillar avait décidé de fermer l’usine de Gosselies. Il avait annoncé son intention de supprimer 2.101 postes de travail et, au final, il en avait effectivement supprimé 1.997.

En 2016, le bilan avait été encore alourdi par le bancassureur néerlandais ING, qui avait dévoilé son projet de licencier 1.700 personnes dans notre pays (932 licenciements effectifs). Ceci dit, on était encore loin en-dessous du triste record de 2012, où l’ensemble des projets de licenciement collectif avaient totalisé 16.707 emplois – la faute, notamment, à la fermeture de l’usine d’assemblage automobile Ford Genk (4.295 travailleurs).

C’est la première fois que le secteur des télécoms licencie massivement depuis les débuts de l’ère Michel

On attend encore les chiffres du SPF Emploi pour l’année 2018. Après trois trimestres, la facture s’établissait à 4.700 emplois; ce devrait donc être une année moyenne en matière sociale, à bonne distance du plus haut de 2016 (12.042) et du plus bas de 2017 (3.829 emplois menacés). On sait déjà que la plus lourde annonce a été faite l’an dernier par le groupe français Carrefour, qui a aligné 1.233 emplois dans son viseur. Un chiffre qu’on peut porter à 1.683 en y ajoutant les postes menacés chez son partenaire Mestdagh (450). C’est donc le secteur de la grande distribution qui a le plus mal "performé" sur ce plan pour la dernière année de règne du gouvernement Michel I.

La grande distribution en pleine restructuration 

Quand on compile les quatre années complètes durant lesquelles Charles Michel a dirigé le gouvernement fédéral, on découvre que trois secteurs ont nourri les plus grosses restructurations: la construction d’engins de génie civil, la grande distribution et la banque. Si l’on élargit à 2014, année où Charles Michel n’a été Premier ministre que durant un peu moins de deux mois, la grande distribution incarne clairement le secteur le plus destructeur d’emplois. Cette année-là, en effet, Delhaize avait dévoilé un plan visant la suppression de 2.500 emplois, tandis que Cora, Makro Cash & Carry et Home Market avaient alourdi l’addition sectorielle. De sorte que sur les cinq ans (2014-2018), ce secteur a dépassé à lui seul les 6.000 suppressions de postes.

Les meilleures années sous Michel I ont été 2015 et 2017, avec 5.209 et 3.829 emplois menacés respectivement. Ces deux années-là, aucun "grand" plan de restructuration avec licenciement collectif n’avait été enregistré. La chaîne Blokker, avec 302 emplois, et le fabricant d’adhésifs MacTac, avec 130 postes, avaient dévoilé les "pires" annonces.

Par comparaison, le gouvernement Michel II commence mal son règne, puisque Proximus va lever le voile ce jeudi sur un plan qu’on estime à 1.900 emplois alors que le Premier ministre nouvelle manière "fêtera" tout pile son premier mois en fonction… Si l’on maintenait ce rythme, on dépasserait cette année le record de 2012.

On relèvera au passage que c’est la première fois que le secteur des télécoms licencie massivement depuis les débuts de l’ère Michel. Sur les quatre dernières années, Proximus a vu son effectif fondre de quelque 800 unités suite à la mise en œuvre progressive de son plan de départ anticipé 2016-2020. Pour le reste, le secteur s’est juste signalé en 2018 par 40 licenciements (sur 49!) chez SFR Belux (Coditel) suite à son rachat par Telenet. On est donc aujourd’hui dans une conjoncture atypique.

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