"Le gouvernement soutient les efforts d'adaptation de Proximus" (Charles Michel)

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Charles Michel et son gouvernement ont été interpellés à la Chambre ce jeudi pour s'expliquer sur la restructuration annoncée chez Proximus.

Ce jeudi à la Chambre, le dossier Proximus était au centre des interpellations des députes, après l'annonce d'un plan de restructuration de l'entreprise publique qui doit voir le départ de 1.900 personnes, soit un poste sur 6, dans les trois prochaines années. L'opposition a fortement critiqué l'attitude du gouvernement, qui a affirmé n'avoir été mis au courant des intentions de la direction de Proximus que mardi après-midi, tandis que les premiers bruits filtraient dans la presse.

C'est Karine Lalieux (PS), présidente de la commission de l’Infrastructure à la Chambre, qui a tiré la première ce jeudi après-midi. "Une solide marge d'un côté, 1.900 licenciements de l'autre, les socialistes ne peuvent accepter pareille situation", a-t-elle déclaré en guise de préambule. "Dois-je vous rappeler que vous avez défendu l'arrivée d'un quatrième opérateur mobile, que des cris ont fusé de toutes parts contre cette idée, que c'est votre gouvernement qui a réduit les pouvoirs de l'Etat dans les conseils d'administration des entreprises publiques autonomes?" a-t-elle interrogé le Premier ministre. "Vous n'êtes pas crédible. Qu'apportez-vous concrètement pour interdire le licenciement de 1900 personnes? N'avez-vous vraiment rien vu venir?" a-t-elle poursuivi.

"Il s’agit clairement de licenciements boursiers dont le seul but est de faire du pognon."
Raoul Hedebouw
PTB

Raoul Hedebouw n'a pas été plus tendre. "Il s’agit clairement de licenciements boursiers dont le seul but est de faire du pognon", a lancé le porte-parole du PTB, s'étonnant lui aussi que le Premier ministre, via les administrateurs de l'Etat présents au Conseil d'administration, n'ait pas été mis au courant de ce qui se préparait.

"Comme actionnaire majoritaire, vous n'auriez pas été informé de cette nouvelle stratégie? Un tournant stratégique d'une telle ampleur ne s'improvise pas, ça se prépare", s'est étonnée pour sa part Anne-Catherine Goffinet, députée cdH. "Il importe que Proximus comme entreprise publique se montre exemplaire dans le volet social", a-t-elle ajouté.

"Ce plan est inacceptable parce que c'est une entreprise publique bénéficiaire. Les réductions de coûts pèsent systématiquement sur les travailleurs. C'est intolérable", a lancé Gilles Vanden Burre (Ecolo), s'interrogeant également sur le rôle des administrateurs représentant l'Etat. "Avec 53%, l'Etat belge est actionnaire majoritaire. A ce titre, vous auriez dû être informé dans la situation", a abondé le député MR Jean-Jacques Flahaut.

Le président de DéFI, Olivier Maingain, voit quant à lui une obsession de la part du gouvernement quant à l'arrivée d'un 4e opérateur. Il a également annoncé le dépôt d'une proposition de résolution demandant d'interrompre le processus d'ouverture du marché à un quatrième opérateur.

"Activer les gens, accroître l'emploi a toujours été la priorité de ce gouvernement et j'espère que cela n'a pas changé."
Jan Spooren
N-VA

Côté flamand, la N-VA, par la voix de son député Jan Spooren, a déploré "un drame pour la sécurité sociale et le contribuable." "Activer les gens, accroître l'emploi a toujours été la priorité de ce gouvernement et j'espère que cela n'a pas changé", a-t-il envoyé. 

"Le gouvernement va-t-il permettre une utilisation indue des différents systèmes de prépensions?", s'est interrogé Egbert Lachaert (Open Vld). "Toutes les règles du secteur privé doivent s'appliquer au secteur public", a-t-il estimé.

"Je ne vous crois pas quand vous dites que vous ne saviez pas. Si vous me dites, je ne voulais pas savoir alors je vous crois", a lancé David Geerts (sp.a) à Charles Michel. "Pas de vision pour la SNCB, malaise à La Poste. Et maintenant 1.900 personnes jetées comme des poubelles. Le personnel paye la facture de la politique d'annonce des libéraux", a-t-il estimé.

Charles Michel: "Proximus doit s'adapter aux défis"

Le gouvernement a pris connaissance mardi d'une "intention" du management de Proximus de proposer un plan de transformation de l'entreprise, assorti d'un volet social, dont le conseil d'administration a "pris acte", donnant au management le mandat de "consulter" les syndicats, a indiqué Charles Michel. Le chef du gouvernement a confirmé que son équipe avait demandé à la direction de l'entreprise de "revoir sa copie sur le fond et la forme", notamment en évitant les licenciements secs, une perspective que la CEO de Proximus Dominique Leroy a dit ne pas pouvoir exclure.

"Proximus est une entreprise publique autonome qui tombe sous le coup d'une législation particulière. Cela amène que Proximus n'est pas un service publique ou une administration. C'est une société cotée en Bourse", a aussi rappelé Charles Michel. "Proximus est une entreprise importante pour notre économie qui compte de nombreux collaborateurs, active dans un secteur stratégique pour l'avenir. Proximus doit s'adapter aux défis de demain et d'après-demain", a-t-il ajouté. A ce titre, le gouvernement "soutient les efforts d'adaptation."

"Proximus doit s'adapter aux défis de demain et d'après-demain". A ce titre, le gouvernement "soutient les efforts d'adaptation."
Charles Michel

Le Premier ministre a également répété qu'il n'était pas au courant des intentions de la direction de Proximus avant "mardi après-midi", estimant que la communication de l'entreprise ne s'était pas révélée "optimale, c'est le moins qu'on puisse dire."

Le ministre de l'Emploi (CD&V) s'est quant à lui dit soucieux de la qualité de la concertation sociale. "Il importe que le débat au niveau de Proximus entre syndicats et direction se déroule dans la sérénité. Nous écouterons la vision et les inquiétudes des syndicats". Il compte sur un accord des partenaires sociaux avant le 15 avril. Kris Peeters a confirmé que la loi Renault ne s'applique pas à Proximus, qui relève de la loi de 1992 sur les entreprises publiques autonomes. "La loi Renault doit être clarifiée", a-t-il ajouté.

"Proximus a clairement dit que le plan de transformation aurait été appliqué qu'il y ait ou pas un quatrième opérateur."
Philippe De Backer
Open VLD

Quant au ministre des Télécommunications, Philippe De Backer (VLD), il a insisté sur le fait que la perspective de l'arrivée d'un nouvel opérateur télécoms n'avait pas influencé la décision de Proximus. "Proximus a clairement dit que le plan de transformation aurait été appliqué qu'il y ait ou pas un quatrième opérateur", a-t-il affirmé. Un point de vue contesté une nouvelle fois par l'ensemble de l'opposition.

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