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Proximus, c'est aussi 330.000 kilomètres de câbles de New York à Tokyo

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Les dessous de Proximus (1/4) | Proximus n’est plus la régie d’antan. À la suite d’acquisitions et de développements, le groupe a transformé le métier de téléphoniste en fournisseurs de services de pointe où les data remplacent la voix.

Si Proximus est de plus en plus à la recherche de contenu, il ne faudrait pour autant pas minimiser sa dimension back office, moins visible, mais tout aussi importante. Et pour cause, être opérateur, c’est aussi une affaire de tuyauterie, d’infrastructure, de réseaux et de connexions… sans lesquels rien ne s’échange. C’était vrai pour le télégramme hier, ça l’est encore plus pour la vidéo en streaming aujourd’hui.

Et cela requiert surtout, désormais, d’élargir les voies, comme sur une autoroute où circulent chaque jour plus de voitures. Ce qui demande des investissements colossaux. Alors, bien sûr, avec le temps, la tuyauterie s’est perfectionnée et, dans bien des cas, dématérialisée. Le câble de cuivre est remplacé peu à peu par de la fibre optique flambant neuve. Débouchant sur de possibles énormes. L’information circule à présent à la vitesse de la lumière – non, ce n’est pas une image. Bien loin des débits que proposaient, avant elle, l’ADSL ou, encore, ce vieux modem qui l’a précédé, au son si caractéristique. "TuTuTuTinTutuPou… Krrrrrrrr", se rappelleront certains.

"Pour la Coupe du monde en Russie, nous avons dû renforcer les liens du réseau et créer des équipes dédiées pour être sûrs d’absorber les pics de trafic."

Mais sur ce point, peu de gens savent que Proximus ne sert pas que les particuliers ou les entreprises du pays. Non, via Bics, sa filiale internationale, l’opérateur est présent partout dans le monde, ou presque. Sur terre et sous mer, ses câbles sont légion et relient plus de 700 réseaux de par le monde pour permettre les échanges croissants entre utilisateurs cosmopolites. Avec de réels enjeux, comme dans le cadre de la récente Coupe du monde de football en Russie. "Nous avons dû renforcer tous les liens du réseau et mettre en place des équipes dédiées pour être sûrs d’absorber les pics de trafic", nous expliquait récemment Daniel Kurgan, CEO de la filiale.

Pas de place à l’erreur. Les équipes de Bics ont dû s’activer en coulisses pour s’assurer qu’aucun faux bond ne survienne durant l’événement sportif de l’été où nos Diables ont brillé. Mais, c’est là tout son métier. Elle transporte voix, SMS et data d’opérateur à opérateur, d’un bout à l’autre du globe. Environ 25% du roaming mondial passent par cet acteur méconnu qui, jusqu’il y a peu, occupait un gigantesque bâtiment en plein cœur du Sablon – depuis, ses équipes ont été rapatriées au sein des deux tours de Proximus, à côté de la gare du Nord, à Bruxelles.

Proximus compte supprimer 1.900 emplois pour faire 240 millions d'euros d'économies. Le monde politique s’emballe.

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Un business qui a longtemps fait recette, mais rapporte moins aujourd’hui. Conscient de la situation, Bics a donc décidé d’aller chercher la croissance là où elle se trouve: chez les Gafa. Courant 2017, la filiale a mis la main sur TeleSign, spécialiste américain de l’authentification et de l’identification mobile. Une pépite qui travaille avec les plus grands, de Facebook à LinkedIn, en passant par Uber. Concrètement, elle permet de sécuriser un compte.

Lorsque vous entrez votre mot de passe, vous recevez un SMS avec un code à introduire sur la plateforme, sésame obligatoire à une vie digitale plus sûre. Une activité clé pour assurer l’avenir de Bics. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder ce qui a été mis sur la table pour boucler l’opération: 230 millions de dollars. Oui, un petit acteur belge a montré les crocs dans la Silicon Valley, sortant les billets et coiffant au poteau de nombreux prédateurs. Et cela, sans que le deal ne fasse les gros titres des JT… Mais n’est-ce pas là un peu la règle dans le domaine?

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