analyse

Proximus ou la volonté d'être une app pour éclipser Netflix

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Les dessous de Proximus (2/4) | Proximus n’est plus la régie d’antan. À la suite d’acquisitions et de développements, le groupe a transformé le métier de téléphoniste en fournisseurs de services de pointe où les data remplacent la voix.

Fort d’une présence dans près de 1,5 million de foyers avec ses "packs", Proximus est proche du Belge. Qui regrette pourtant souvent des prix élevés pour ces offres tout-en-un, alliant TV, internet, mobile et téléphone fixe. Une proximité qui s’explique aisément: jusqu’il y a peu, c’était là l’une des plus modernes sources d’accès à du contenu de qualité, allant de la série au film, en passant par le sport, la radio ou simplement… le web.

"Si l’on veut encore exister dans 5 ans en tant que marque B2C, il faut que nous nous hissions sur le premier écran, les 15 applications que le Belge trouve sur son smartphone."
Guillaume Boutin
Monsieur médias de Proximus

Ce dernier élément a tout changé. Désormais, les acteurs qui y sont nés ont pris possession de ce vaste territoire. L’on pense aux Netflix, Skype et autres WhatsApp de ce monde. Qui, parmi les jeunes, allume encore le poste pour regarder une série? Ou appelle ses copains à l’aide du cornet posé sur la commode du hall d’entrée ou de la petite table du salon? Un mouvement qui s’est désormais aussi vu répliquer chez leurs parents. Massivement. Bref, la donne a profondément changé.

Ce qui demande une transformation radicale de la part de Proximus. Les recettes du passé ne sont plus celles d’aujourd’hui. Il faut s’adapter. Sinon, c’est la mort qui guette. Et ça, le groupe l’a bien compris. "Si l’on veut encore exister dans cinq ans en tant que marque B2C, il faut que nous parvenions à nous hisser sur le premier écran, les 15 applications que le Belge trouve sur son smartphone", évoquait récemment Guillaume Boutin, le monsieur médias au sein de l’opérateur historique.

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C’est pourquoi Proximus a récemment lancé une réflexion de fond afin de "créer une véritable alternative à Facebook et Google dans le domaine du divertissement… mais aussi de la publicité". L’idée? Devenir d’ici la mi-2019 un "enabler" (facilitateur) technologique sur lequel viendraient se greffer aussi bien des plateformes vidéo de chaînes de télévision (RTBF Auvio, VRT Nu, RTL Play, Stievie…) que des services d’opérateurs concurrents (Play et Play More chez Telenet, Be TV chez VOO…). Par-là seraient embarqués divertissement, séries, info et e-sport, mais aussi musique ou presse (via un kiosque numérique, par exemple).

Avec le grand défi de répondre aux mêmes standards de qualité que les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple), ce qui a pu faire défaut jusqu’ici. La force d’un Netflix, c’est la simplicité de son service, terrain particulièrement inspirant pour des acteurs plus anciens comme Proximus. Une tâche ardue, mais nécessaire. Ce qui implique "une transformation des talents qui, historiquement, étaient des électromécaniciens, travaillant sur du hardware, en ingénieurs orientés logiciels", nous expliquait le mois passé Dominique Leroy, CEO de Proximus.

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