L'annonce de Proximus n'a pas surpris les marchés

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L’annonce d’une restructuration chez Proximus n’a pas surpris les analystes boursiers. Le secteur souffre. L’an dernier, il a perdu 13,03 % dans son ensemble. Et les perspectives ne sont guère réjouissantes.

Logique. Inévitable. L’annonce d’une potentielle restructuration importante chez Proximus ne surprend pas les analystes du fait de l’environnement toujours plus concurrentiel. "Le secteur des télécoms est à la croisée des chemins. Tous les opérateurs sont confrontés à la pression des prix, à celle des régulateurs (européens et/ou nationaux) et sont obligés d’adapter leur base de coûts", résume Igor de Maack, gestionnaire de portefeuille chez DNCA Finance.

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Dans son ensemble, le secteur des télécoms a perdu 13,03% l’année passée.

Cela explique pourquoi en Bourse, ce compartiment a sous-performé les autres secteurs du Stoxx Europe 600 ces dernières années. En 2018, Proximus a décroché de 13,64%, Telenet de 21,25%, KPN de 11,48% à Amsterdam, BT Group de 12,37% à Londres et Telecom Italia de 32,92% à Milan. Dans son ensemble, le secteur a perdu 13,03% l’année passée.

Et les perspectives sont peu réjouissantes. Certes, les valeurs télécoms ont connu un regain d’intérêt ces derniers mois grâce à la publication de résultats trimestriels légèrement meilleurs que prévu et aux espoirs d’une nouvelle consolidation du secteur en Europe après le rachat de Tele2 par l’américain T-Mobile.

Mais les analystes de Bloomberg Intelligence estiment que ce rally ne tiendra pas sur la durée. "Le secteur pourrait ne pas répondre aux attentes, préviennent-ils. Une nouvelle année de croissance timide du chiffre d’affaires et d’opportunités limitées pour réduire les dépenses de capital laissera les entreprises télécoms tributaires des mesures d’efficacité pour satisfaire les attentes en 2019."

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Dividende menacé?

Si de manière générale, les investisseurs s’intéressent aux valeurs télécoms, c’est principalement pour leur dividende. Les grands groupes européens du secteur offrent un rendement dividendaire parmi les plus élevés en Europe. À titre d’exemple, celui de Proximus atteint actuellement 6,31%, celui d’Orange Belgium 2,85%, celui de BT Group 6,52% et celui de KPN 4,53%. La palme revient au britannique Vodafone avec 8,72%.

"Le rendement du dividende est une donnée clé. Mais il faut se méfier des rendements trop importants."
Igor de Maack

"Le rendement du dividende est une donnée clé. Mais il faut se méfier des rendements trop importants. Cela signifie généralement que le cours de l’action a chuté pour une raison valable. Il faut être raisonnable. Un rendement de 5% à 6%, c’est déjà généreux", souligne Igor de Maack. Le dividende versé par Proximus est donc en ligne avec les autres groupes du secteur.

Rappelons que le groupe s’est engagé à verser "un dividende stable de 1,50 euro par action en 2018 et 2019". Mais quid pour 2020 et au-delà? Le risque d’une baisse existerait. Selon Michel Ernst, de CBC Banque, "psychologiquement, le groupe y sera peut-être obligé. Mais financièrement, il pourrait le maintenir si les bénéfices suivent".

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