"La baisse des effectifs est trop prudente"

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Un analyste financier de Degroof Petercam estime que les réductions nettes de 650 emplois sur trois ans annoncées chez Proximus sont trop prudentes. Pour lui, une comparaison avec KPN démontre qu'il existe encore de la marge pour une amélioration de l'efficacité.

Ne manquant pas d’un certain cynisme involontaire, la Bourse accueille souvent l’annonce de suppressions d’emplois comme une nouvelle favorable pour le cours d’une action.

La confirmation officielle de 1.900 suppressions d’emplois chez Proximus et l’embauche de 1.250 collaborateurs dans le cadre de sa stratégie à trois ans baptisée #shifttodigital n’a pas eu, cette fois, d’effet dopant sur le marché. Et cela malgré une réduction brute supplémentaire des coûts de l’ordre de 240 millions d’euros attendue d’ici 2020.

Le titre a ouvert en recul de 3,5% avant d’effacer ses pertes et de repartir à la baisse dans un marché globalement en repli. Il a terminé lanterne rouge du Bel 20, abandonnant 3,24% à 23,02 euros. 

Recul prévisible de l'action

David Vagman d’ING avait plus ou moins anticipé cette réaction. Pour plusieurs raisons: une décote liée à la situation politique, des turbulences commerciales, des économies nettes limitées et des indications de la direction qui datent déjà de l’année dernière de sa volonté d’accélérer la transformation.

Il souligne, en outre, que le contexte politique est extrêmement sensible et qu’il n’est pas évident de savoir si les politiciens ne vont pas tenter d'influencer Proximus sur sa capacité de mettre en œuvre son plan ou sur la façon dont la société est gérée.

"Nous pensons qu’il est désormais clair que ce plan comprendra très probablement des départs forcés", ajoute l’analyste qui ne change pas son appréciation sur le titre ("conserver" avec un objectif de cours de 30 euros).

Plan pas assez "agressif"

Stefaan Genoe de Degroof Petercam juge, pour sa part, qu’une comparaison avec l’opérateur néerlandais KPN a tout son sens dans la mesure où les deux groupes évoluent dans des pays denses avec un important concurrent sur le câble et un concurrent de poids dans le "mobile only". Les deux opérateurs disposent également d’un gros segment "business".

Proximus Belgique, de son côté, emploie 12.562 équivalents temps plein (ETP) et son homologue batave 12.684 alors que les Pays-Bas comptent 7 millions de ménages et la Belgique seulement 4,9 millions.

Il relève que l’ex-Belgacom génère un Ebitda par ETP de 137.000 euros alors qu’il s’élève à 182.000 euros outre-Moerdijk. Par contre, en termes d’Ebitda par ménage, Proximus remporte la comparaison avec 350 euros contre 295 euros pour KPN.

Au final, l’analyste estime que ces mesures sont nécessaires pour Proximus mais trop prudentes. "Avec une réduction nette de seulement 650 équivalents temps plein sur les trois prochaines années, nous aurions attendu un plan plus agressif même en tenant compte des autres mesures. La comparaison avec KPN démontre qu’il existe de la marge pour des améliorations d’efficacité", conclut-il. Sa recommandation sur la valeur reste à "conserver" et son objectif de cours à 25 euros.

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